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Les ministres européens de l’Environnement se rencontreront lundi (2 mars) pour ajuster la position européenne en vue des négociations climatiques internationales post-Kyoto. Mais les points de vue divergent sur la manière dont les pays les plus riches devraient contribuer, les Etats membres étant en effet en conflit sur des critères tels que le PIB et la taille de la population.
Le 28 janvier, la Commission européenne a présenté des propositions pour un accord international qui doit remplacer le protocole de Kyoto sur le changement climatique qui échoit en 2012. Elle a en outre appelé les économies émergentes, comme la Chine et l’Inde, à assumer une part équitable des responsabilités et à accepter de ralentir d’ici à 2020 la croissance de leurs émissions de 15 à 30 % au-dessous de leurs niveaux habituels (EurActiv 29/01/09).
L’UE s’est déjà engagée à réduire d’ici à 2020 ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rapport aux niveaux de 1990, quels que soient les résultats des négociations internationales.
L’UE a annoncé sa volonté de s’engager pour un objectif de réduction de 30 % si d’autres pays développés s’engagent à réaliser de réductions d’émissions comparables et à condition que les pays en développement les plus avancés, comme la Chine et l’Inde, contribuent de manière appropriée.
Dans le cadre de précédentes discussions, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se accordés sur le fait que l’Europe, les Etats-Unis, le Japon, ainsi que d’autres pays industrialisés devraient réduire conjointement leurs émissions de 30 % d’ici à 2020 par rapport aux niveaux de 1990.
L’objectif de 30% est en accord avec les conclusions du groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (IPCC), qui a conseillé aux pays développés de réduire leurs émissions de 25 à 40 % d’ici à 2020, et de 80 à 95 % d’ici à 2050, pour maintenir la hausse de température en dessous de 2°C.
Mais comment diviser cet objectif global reste le sujet des négociations au niveau de l’ONU, et cette question devrait également diviser les Etats membres de l’UE. C’est ce qu’a affirmé la République tchèque, qui présidera la rencontre en tant que détentrice de la présidence tournante de l’UE.
Une décision finale sur la position de l’UE devrait être prise par les chefs d’Etat et de gouvernement lors d’un sommet à Bruxelles, les 19 et 20 mars. Cette décision sera ensuite présentée à la conférence mondiale de l’ONU sur le climat, qui aura lieu en décembre à Copenhague.
Dans la proposition
présentée en janvier, la Commission européenne a suggéré de prendre en compte quatre critères pour calculer la contribution de chaque pays :
Les efforts visant à réduire les émission que le groupe des pays développés doit fournir (de 25 à 40 % d’ici à 2020 par rapport aux niveaux de 1990) devraient répartis équitablement et de manière à garantir la comparabilité des efforts, a déclaré la présidence tchèque dans un projet des conclusions des ministres de l’Environnement, document consultés par EurActiv.
Toutefois, un certain nombre de pays ont émis des réserves par rapport aux quatre critères proposés par la Commission. Certaines délégations préféreraient que certains critères soient supprimés ou/et que d’autres soient inclus, peut-on lire dans le projet de conclusions. D’autres délégations souhaiteraient indiquer que ces critères ne préjugent pas du partage des efforts internes européens pour passer de 20 à 30 % dans le contexte d’un accord de Copenhague mondial et détaillé.
La France, par exemple, a proposé de prendre en compte le critère d’émission par habitant, proposant que tous les pays plafonnent leurs émissions à deux tonnes par habitant.
Il s’agit d’un critère équitable et qui peut également constituer une mesure d’incitation pour d’autres pays, a déclaré une représentant français, qui a indiqué que la proposition a reçu le soutien de près d’un tiers des Etats membres de l’UE.
Toutefois, cette proposition est contestée par d’autres Etats de l’UE. Les Français ont proposé une telle mesure parce qu’ils ont un des niveaux d’émissions par habitant le plus bas dans l’UE, a indiqué une source du Conseil, soulignant que le Luxembourg sera l’Etat qui en pâtira le plus si une telle mesure entre en vigueur. La population du Luxembourg double pendant la journée en raison des personnes qui viennent y travailler, a souligné le représentant, ajoutant qu’un tel critère serait artificiel.