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Dimas appelle à un traité international sur le climat pour juin 2010 [FR]

Publié 08 décembre 2009
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Etablir un emploi du temps précis pour accoucher d’un traité détaillé et contraignant d’ici mi-2010 serait parfait, a dit le commissaire européen à l’Environnement Stavros Dimas à EurActiv lors d’un entretien.

Pour M. Dimas, un accord réussi à Copenhague implique des objectifs quantifiables de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays développés et le ralentissement de la croissance des émissions dans les pays en développement. Afin d’engager les économies émergentes,  l’UE doit continuer ses discussions avec les Etats-Unis afin de convenir d’un paquet financier, notamment un financement qui commence rapidement pour une mise en oeuvre anticipée.

Nous avons également besoin d’un accord sur d’une part la nécessité d’un résultat juridiquement contraignant, sous la forme d’un traité unique, et d’autre part sur la façon dont le traité sera établi d’ici mi-2010, a dit le commissaire, ajoutant que le résultat final devrait être construit sur les fondements du protocole de Kyoto.

Les déclarations de Dimas surviennent alors que certains rapportent que la Chine, le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Inde préparent une proposition qui entraînerait la fin des négociations sur un traité climatique à la fin du mois de juin 2010. Ces quatre principales économies émergeantes sont responsables de 30 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone.  

Un traité détaillé allant dans ce sens serait le meilleur moyen d’éviter les questions de compétitivité qui émergeraient si l’UE mettait unilatéralement en place des politiques climatiques avancées, a dit M. Dimas. Il a rejeté les appels visant à introduire des droits de douane sur le carbone aux frontières de l’UE, disant que leur acceptabilité politique était problématique.

Le commissaire a mis en garde contre le risque de représailles, qui pourrait au pire conduire à une course entre les pays pour établir des mesures similaires.

N’oublions pas que les mesures frontalières posent un certain nombre d’obstacles. Alors qu’elles offrent peut-être un certain soulagement aux industries intensives en énergie, il y aurait d’importants effets négatifs pour d’autres industries, secteurs et consommateurs, a déclaré M. Dimas.

Il a notamment mis en avant la hausse des prix de la contribution et des coûts administratifs pour l’industrie, qui pourrait conduire à la hausse des prix des permissions d’émissions.

Agenda intégré pour le prochain commissaire

M. Dimas a identifié la politique climatique comme l’une des réussites de son mandat en tant que commissaire à l’Environnement, mais a reconnu que ses efforts pour arrêter les pertes en matière de biodiversité avaient échoué. Par conséquent, il a fait remarquer que son successeur aurait beaucoup à faire l’an prochain.

Ce serait merveilleux de pouvoir se détendre, d’avoir résolu le problème du changement climatique, mais malheureusement ce ne sera pas le cas. Peu importe les résultats de Copenhague – et je suis très optimiste par rapport à cela- il y aura un énorme travail à abattre pour mettre les engagements en pratique, a dit le Grec.

L’UE va définir, bien heureusement, un objectif de réduction des gaz à effet de serre de 30 % suite à un accord à Copenhague, et nous devrons regarder avec prudence comment nous allons gérer ces engagements.

Par ailleurs, l’UE devra trouver des connexions entre la protection de la biodiversité et les autres politiques, a dit M. Dimas. C’est clairement le cas avec le changement climatique, où les mesures d’atténuation et d’adaptation doivent être entièrement compatibles avec les politiques de protection de la nature, a-t-il dit.

La pollution de l’air est également un domaine dans lequel intégrer l’agenda environnemental serait pertinent, a dit le commissaire sortant. Il a ajouté que cibler les polluants de l’air tels que l’ozone et le carbone noir dans l’air ambiant pourrait être plus efficaces à court terme que le contrôle des émissions de carbone en termes de solution au réchauffement planétaire.

En outre, il existe des conflits entre les deux politiques, car les politiques climatiques promeuvent l’augmentation de combustion de biomasse, il en résulte une hausse des émissions de carbone noir. Cependant, les politiques climatiques ont eu jusque ici un impact positif sur la qualité de l’air et ont réduire l’utilisation des combustibles fossiles, a-t-il dit.

A Copenhague, la première priorité sera de négocier un accord efficace sur l’atténuation climatique. Mais il y a une possibilité certaine de développer et d’exploiter les avantages de rapprocher davantage les politiques de climat et de pollution de l’air, a-t-il conclu.

M. Dimas s’est confié à Susanna Ala-Kurikka.

Pour lire l’entretien en entier, veuillez cliquer ici.  

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