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Les dirigeants européens approuvent le soutien à l’industrie automobile [FR][en][de

Publié: vendredi 17 octobre 2008   

En réunion les 15 et 16 octobre à Bruxelles, les 27 dirigeants européens ont appuyé un plan d’inspiration française destiné à soutenir l’industrie automobile européenne en difficulté. Ils ont donné l’ordre à la Commission de développer des propositions pour soutenir toutes les industries européennes avant la fin de l’année.

Contexte:

L’Europe est le plus grand producteur de véhicules à moteur, l’industrie automobile employant directement plus de 2,3 millions de personnes et indirectement plus de 12 millions de personnes, ce qui représente près de 5,5 % des emplois dans l’UE des 27. 

Mais les voitures représentent aussi près de 12 % du total des émissions de CO2 (le principal gaz à effet de serre), et l’UE s’est fixé pour objectif de les réduire de 20 % d’ici 2020 

En février 2007, la Commission a par conséquent proposé une législation qui forcerait les producteurs d’automobiles à ramener la moyenne actuelle des émissions des nouvelles voitures de 158 grammes de CO2 par kilomètre à 130 g/km d’ici 2012 (EurActiv 07/02/08). Cette réduction de 18 % devrait être réalisée par le biais d’amélioration de la technologie automobile, alors qu’une réduction additionnelle de 10g/km serait possible grâce au progrès dans d’autres secteurs, par exemple dans ceux des pneus, des carburants et de la conduite écologique. La législation est actuellement débattue par le Parlement européen et les Etats membres (EurActiv 26/09/08). 

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Autres articles:

Il a été demandé à la Commission de venir avec des propositions avant la fin décembre pour que l’industrie automobile ne soit pas perdante en termes de concurrence, a indiqué le Premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker. 

En concurrence avec les Etats-Unis

L’idée a fait son chemin en Europe depuis que les Etats-Unis ont annoncé la mois dernier l’adoption d’un paquet de 25 milliards de prêts à bas prix pour aider les producteurs automobiles General Motors, Ford et Chrysler, basés à Detroit, à financer la modernisation de leurs infrastructures. 

Les producteurs automobiles ont immédiatement insisté pour qu’un tel plan soit mis en place en Europe, un appel qui n’est apparemment pas tombé dans l’oreille d’un sourd. 

En effet, le président français Nicolas Sarkozy, qui préside actuellement le Conseil européen, a déclaré aux journaliste après le sommet que les dirigeants européens se sont mis d’accord pour demander à la Commission d’étudier les possibilités. La France pourrait ensuite, en se fondant sur les propositions de la Commission, mettre en avant des initiatives avant la fin de l’année. 

Selon M. Sarkozy, les constructeurs automobiles européens doivent être aidés pour deux raisons : premièrement parce qu’il faut garder la concurrence en ligne de mire,  les Américains venant d’adopter une aide de 25 milliards de dollars destinée à l’industrie automobile ; deuxièmement parce que si on demande aux constructeurs de produire des voitures propres, de changer tout leur système industriel en l’espace de quelques mois, il faut leur donner un coup de main. 

On ne sait pas encore quelles mesures seront prises. Les producteurs automobiles européens demandent un paquet de prêts à faible taux d’intérêts de 40 milliards d’euros, combiné avec des mesures incitatives pour mettre à la casse les voitures âgées de plus de 8 ans afin d’accélérer le renouvellement du parc automobile.  

Des aides d’Etat en veux-tu en voilà ?

Lors du salon de l’auto qui s’est tenu la semaine dernière à Paris, M. Sarkozy s’était déjà dit ouvert à l’idée d’un assouplissement de l’aide d’Etat afin de permettre aux gouvernements de mieux soutenir les constructeurs automobiles et d’autres secteurs en vue d’une transition technologique vers une économie propre. 

Mais le porte-parole de la Commission Johannes Laitenberger a déclaré à EurActiv que l’aide d’Etat serait « un aspect, mais en aucun cas l’aspect principal » du paquet qui couvrirait non seulement le secteur automobile, mais également d’autres secteurs de l’industrie européenne. 

En effet, selon les conclusions du sommet, le Conseil européen veut décider en décembre 2008 des réponses appropriées face au défi qui consiste à appliquer le paquet énergie et climat de façon rigoureuse et peu coûteuse à tous les secteurs de l’économie européenne et à tous les Etats membres en fonction de la situation spécifique de chaque Etat membre. 

Les entreprises européennes énergivores préviennent depuis plusieurs mois que les plans de l’UE, qui prévoient de serrer la ceinture des entreprises en matière d’émissions de carbone, forceront les fabriques européennes à fermer boutique car elles devront délocaliser leurs opérations et leurs emplois – ainsi que leurs émissions – vers des pays tiers où la main-d’œuvre est moins chère et la législation écologique moins restrictive. 

Craintes de récession

La dégradation économique actuelle causée par la crise financière ainsi que la menace de récession ont donné encore plus de poids à ces indquiétudes.

« Si on a pu apporter une réponse coordonnée à la crise financière en Europe, ne faudrait-il pas apporter une réponse coordonnée à la crise économique en Europe ? », a demandé M. Sarkozy.

Reste désormais à savoir si sa proposition ralliera le soutien de pays traditionnellement plus libéraux comme le Royaume-Uni ou les Pays-Bas.

Positions:

Selon le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, il serait inacceptable que les gouvernements des Etats membres européens ne soutiennent pas leur propre industrie automobile de la même manière que les Etats-Unis comptent le faire. A son avis, l’UE risquerait en effet de manquer de compétitivité.

Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a lui aussi approuvé cette vision : puisque les Etats-Unis interviennent massivement pour soutenir leurs constructeurs automobiles, je ne vois pas pourquoi il faudrait être scandalisé si les Etats européens estiment qu’il est nécessaire d’envisager de soutenir, d’une manière ou d’une autre, leur industrie automobile, a-t-il affirmé.

Cependant, le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek a signalé qu’aucune solution spécifique n’avait encore été décidée, indiquant qu’il y aurait probablement d’autres négociations. En toute logique, ce sont surtout les Italiens, les Français et les Allemands qui soutiennent une telle initiative, a-t-il estimé. 

Sigrid de Vries, directrice de la communication auprès de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), a déclaré à EurActiv que l’industrie automobile saluait les commentaires de M. Sarkozy tout comme « la reconnaissance du fait que l’industrie a besoin d’un cadre plus réaliste pour faire face à la détérioration de la conjoncture économique et à la pression législative ». Le secteur bancaire a déjà reçu de l’aide, et il est désormais temps de soutenir l’économie réelle, a-t-elle affirmé, ajoutant que l’industrie automobile se trouvait dans une « situation spéciale » en raison de la pression législative à laquelle elle est soumise depuis de nombreuses années. 

Folker Franz, conseiller en chef sur les affaires industrielles et l’environnement auprès de BusinessEurope, l’organisation des employeurs européens, a également salué les remarques de M. Sarkozy, indiquant que l’industrie européenne ne peut pas maîtriser le changement climatique sans un changement radical pour soutenir la R&D. Selon M. Franz, les recettes issues de la mise aux enchères des droits de polluer selon le système européen d’échange de quotas d’émission devraient être restituées à l’industrie sous la forme de soutien à la R&D de nouvelles technologies.

Cembureau, l’association européenne du ciment, a elle aussi accueilli l’initiative de la présidence française, qui a reconnu la nécessité absolue de fournir des réponses claires au problème de la fuite de carbone. Elle a en outre appelé l’UE à établir des critères quantitatifs précis en vue d’établir d’ici 2009 une liste des secteurs et des sous-secteurs exposés à un risque significatif de fuite de carbone. Sans mesures de soutien, l’industrie risque tout simplement d’être anéantie, a-t-elle mis en garde.

Prochaines étapes:

  • 11-12 déc. 2008 :  sommet européen pour débattre de mesures de soutien à l’industrie européenne, destinées au secteur automobile en particulier.   

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