Il a été demandé à la Commission de venir avec des propositions avant la fin décembre pour que l’industrie automobile ne soit pas perdante en termes de concurrence, a indiqué le Premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker.
En concurrence avec les Etats-Unis
L’idée a fait son chemin en Europe depuis que les Etats-Unis ont annoncé la mois dernier l’adoption d’un paquet de 25 milliards de prêts à bas prix pour aider les producteurs automobiles General Motors, Ford et Chrysler, basés à Detroit, à financer la modernisation de leurs infrastructures.
Les producteurs automobiles ont immédiatement insisté pour qu’un tel plan soit mis en place en Europe, un appel qui n’est apparemment pas tombé dans l’oreille d’un sourd.
En effet, le président français Nicolas Sarkozy, qui préside actuellement le Conseil européen, a déclaré aux journaliste après le sommet que les dirigeants européens se sont mis d’accord pour demander à la Commission d’étudier les possibilités. La France pourrait ensuite, en se fondant sur les propositions de la Commission, mettre en avant des initiatives avant la fin de l’année.
Selon M. Sarkozy, les constructeurs automobiles européens doivent être aidés pour deux raisons : premièrement parce qu’il faut garder la concurrence en ligne de mire, les Américains venant d’adopter une aide de 25 milliards de dollars destinée à l’industrie automobile ; deuxièmement parce que si on demande aux constructeurs de produire des voitures propres, de changer tout leur système industriel en l’espace de quelques mois, il faut leur donner un coup de main.
On ne sait pas encore quelles mesures seront prises. Les producteurs automobiles européens demandent un paquet de prêts à faible taux d’intérêts de 40 milliards d’euros, combiné avec des mesures incitatives pour mettre à la casse les voitures âgées de plus de 8 ans afin d’accélérer le renouvellement du parc automobile.
Des aides d’Etat en veux-tu en voilà ?
Lors du salon de l’auto qui s’est tenu la semaine dernière à Paris, M. Sarkozy s’était déjà dit ouvert à l’idée d’un assouplissement de l’aide d’Etat afin de permettre aux gouvernements de mieux soutenir les constructeurs automobiles et d’autres secteurs en vue d’une transition technologique vers une économie propre.
Mais le porte-parole de la Commission Johannes Laitenberger a déclaré à EurActiv que l’aide d’Etat serait « un aspect, mais en aucun cas l’aspect principal » du paquet qui couvrirait non seulement le secteur automobile, mais également d’autres secteurs de l’industrie européenne.
En effet, selon les conclusions du sommet, le Conseil européen veut décider en décembre 2008 des réponses appropriées face au défi qui consiste à appliquer le paquet énergie et climat de façon rigoureuse et peu coûteuse à tous les secteurs de l’économie européenne et à tous les Etats membres en fonction de la situation spécifique de chaque Etat membre.
Les entreprises européennes énergivores préviennent depuis plusieurs mois que les plans de l’UE, qui prévoient de serrer la ceinture des entreprises en matière d’émissions de carbone, forceront les fabriques européennes à fermer boutique car elles devront délocaliser leurs opérations et leurs emplois – ainsi que leurs émissions – vers des pays tiers où la main-d’œuvre est moins chère et la législation écologique moins restrictive.
Craintes de récession
La dégradation économique actuelle causée par la crise financière ainsi que la menace de récession ont donné encore plus de poids à ces indquiétudes.
« Si on a pu apporter une réponse coordonnée à la crise financière en Europe, ne faudrait-il pas apporter une réponse coordonnée à la crise économique en Europe ? », a demandé M. Sarkozy.
Reste désormais à savoir si sa proposition ralliera le soutien de pays traditionnellement plus libéraux comme le Royaume-Uni ou les Pays-Bas.



