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L’efficacité de la politique climatique de l’UE remise en question [FR]

Publié 07 septembre 2009
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climate change
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La législation climatique de l’UE risque de devenir une politique entraînant de fortes distorsions et des coûts importants, à moins qu’elle ne soit sérieusement remise en chantier, a prévenu un universitaire britannique de premier plan.

Dans un article publié le 3 septembre par la Smith School of Enterprise et Environment de l’Université d’Oxford, le Professeur Dieter Helm explique que le paquet climat-énergie de l’UE est un ensemble d’objectifs politiquement soigné  mais économiquement inefficace.

La conception de ce paquet est inévitablement défectueuse, écrit M. Helm. Il est basé sur la production de carbone, et non sur sa consommation, éludant de fait les responsabilités de l’UE à l’égard du monde en développement, explique l’article.

En pratique, l’UE pourrait atteindre ses objectifs climatiques en déplaçant sa production d’énergie à l’étranger, ce qui augmenterait les émissions mondiales, à la fois par le recours accru au transport par bateau et avion et du fait de techniques de production moins efficaces dans les pays en développement, affirme M. Helm. Considérant le caractère mondial du changement climatique, il n’est même pas évident que la manière la plus efficace de réduire les émissions en termes de coût se trouve dans l’actuel calendrier de l’UE, suggère-t-il.

Il peut y avoir des moyens bien moins chers, par exemple en préservant la forêt tropicale ou en décarbonisant la croissance économique galopante de la Chine et de l’Inde, basée sur le charbon, explique-t-il.

L’économiste affirme que les politiques climatiques européennes ont été graduellement décharnées par les hommes politiques. L’objectif hasardeux de réduction des émissions de 20 % en 2020, qui est à la base du paquet, n’est pas soutenu par des preuves crédibles et ne devrait pas être atteint, a-t-il ajouté.

La révision de la politique phare de l’Union, le système d’échange d’émissions (SCEQE - EU ETS ; voir le LinksDossier d’EurActiv), est tombée en proie aux lobbies industriels, explique M. Helm. L’UE s’est donc imposé un système de permis échangeable complexe et relativement inefficace qui maximise la possibilité pour des intérêts particuliers de continuer à percevoir la rente économique qui en résulte, explique-t-il.

De plus, le calendrier serré signifie que les nouvelles technologies ne seront pas disponibles pour aider l’UE à réduire ses émissions, ce qui veut dire que l’Union devra miser à la place sur une baisse de la demande et sur une augmentation de l’offre de renouvelables.

Mais l’objectif de 20 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique européen ne devrait pas être atteint, puisque ces sources d’énergie alternative sont encore sous-développées et coûteuses (voir EurActiv LinksDossier), selon l’article. D’autre part, la demande pourrait augmenter en cas de hausses de salaires.

Une restructuration du paquet pour le rendre efficient devrait inclure un prix du carbone sur le long terme, conclut M. Helm, suggérant un prix plancher comme l’une des solutions possibles.

Tout aussi important, l’UE devrait donner aux autres technologies pauvres en carbone comme le nucléaire ou la capture et le stockage de carbone (CSC) la possibilité de jouer à jeu égal. Si cela est complété par une taxe carbone frontalière, il en résulterait un paquet climat approprié pour l’UE, selon M. Helm.

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