Les données préliminaires communiquées par la Commission européenne le 1er avril montrent une baisse du volume d’émissions enregistrées d’environ 6% par rapport à 2007. Les émissions plafonnent à 1.981 000 milliards de tonnes métriques (Mt), mais les chiffres devraient être mis à jour au fur et à mesure que les dernières installations divulguent leurs données.
La Pologne en tête des 30 plus gros pollueurs
La Pologne a l’honneur douteux d’héberger les installations les plus polluantes. Elektrownia Bełchatów, une centrale à charbon possédée par l’Etat, a émis 30 Mt de CO2 l’année passée. Elle a repris Kraftwerk Niederaussen, centrale à charbon possédée par RWE, en Allemagne, qui était le plus gros émetteur de l’UE en 2007. Le top 10 des installations polluantes compte à lui seul pour environ 10% de toutes les émissions de l’EU ETS, environ 4 à 5% de la production totale de gaz à effet de serre de l’UE, selon les estimations de Point Carbon, un cabinet de conseil.
Au final, la Pologne a fait mieux qu’attendu. Le marché européen du carbone a réagi positivement à la publication, le 3 avril, des données sur les sociétés polonaises prenant part au marché de permis. Les prix du carbone ont grimpé de 4,2% à 12,40 euros quand les données polonaises ont révélé que 491 des firmes polonaises disposaient d’un surplus de 7,5 millions de quotas en 2008, selon Point Carbon.
L’Allemagne a de loin le plus grand écart entre les émissions vérifiées et les permis et émissions accordés, avec une différence de 84,8 Mt ; le Royaume-Uni suit immédiatement, puis l’Italie, d’après Carbon Market Data. En réalité, onze des trente entreprises les plus polluantes de l’UE sont allemandes, et quatre des sept premières appartiennent à la société allemande RWE.
La récession devrait diminuer la demande en 2009
Selon les estimations de Deutsche Bank et de Point Carbon, environ deux milliards de quotas européens d’émissions ont été utilisés l’année dernière. C’est suffisant pour aligner les émissions avec objectifs de réduction de CO2 de 20 % avant 2020.
Des analystes ont indiqué que ces chiffres diminueraient le besoin des entreprises d’acheter des crédits compensatoires, tels que les unités de réduction certifiée des émissions (URCE) des Nations unies.
Per Lekander, de la banque d’investissement UBS, a déclaré au service d’information sur l’énergie Platts que la réduction des émissions signifiait que l’industrie européenne pourrait atteindre son plafond plus facilement avec des quotas européens, évitant l’achat de crédits compensatoires.
Le marché s’attend à ce que la crise économique entraîne davantage de réductions de la demande de quotas d’émissions en 2009, et partant, la réduction du prix du carbone. Cela s’est déjà avéré être le cas pour les quotas d’émissions européens, les émetteurs industriels vendant leurs quotas excédentaires pour lever des fonds, portant les prix à leur niveau le plus bas au mois de février (EurActiv 09/02/09).
M. Lekander restait néanmoins optimiste quant au potentiel du système à parvenir à diminuer les émissions. Au cours de la première phase (2005-2007), on a peut-être pu éviter 1 ou 2 % d’émissions, mais maintenant, cela commence à devenir assez sensible, a-t-il déclaré.



