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Entretien : Barroso fixe 2009 comme limite pour un accord de l’ONU sur le climat [FR][en][de

Publié: mercredi 5 décembre 2007   

La conférence de l’ONU à Bali doit parvenir à un accord sur une feuille de route pour remplacer le protocole de Kyoto. Lors d’un entretien exclusif à EurActiv, José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a déclaré que 2009 devait être la date limite absolue pour parvenir à un accord mondial sur le climat.

L’UE attend beaucoup de la conférence des Nations unies sur le climat qui a commencé cette semaine à Bali, Indonésie. D’après M. Barroso, le président de la Commission, cette rencontre « devrait être la première étape vers un futur ensemble d’objectifs contraignants dans le cadre de l’ONU » pour remplacer le protocole de Kyoto. 

« Notre principal objectif est de parvenir à un engagement clair pour entamer des négociations qui aboutiront à un accord pour lutter contre le changement climatique après 2012, à l’expiration du protocole de Kyoto », a déclaré M. Barroso à EurActiv. 

« 2009 doit être la date limite absolue pour cet accord, afin d’avoir suffisamment de temps pour procéder à sa ratification ».

Au début du mois d’octobre, les 27 ministres européens de l’Environnement ont présenté un certain nombre d’éléments devant figurer dans le futur accord mondial sur le climat et ont fixé huit critères permettant d’évaluer cet accord. Cela comprend un engagement à limiter le réchauffement de la planète à 2°C au-dessus de l’ère préindustrielle, ainsi que des « contributions équitables et efficaces » des pays en voie de développement pour atteindre cet objectif. (EurActiv 3/12/07). 

Ainsi, la Chine attire de plus en plus l’attention internationale, car elle aurait déjà dépassé les Etats-Unis en tant que plus grand pays émetteur de CO2 en 2006. Elle refuse néanmoins d’adopter des objectifs contraignants, à moins que tous les pays industrialisés, y compris les Etats-Unis, ne s’y engagent également. 

De retour d’une visite officielle en Chine, M. Barroso a déclaré : « Je suis d’un optimisme prudent, je pense que nous pouvons parvenir à un consensus » avec la Chine à Bali. 

Il reste néanmoins convaincu que la Chine devrait également porter sa part de responsabilité. « Mon message à la Chine était clair. Même si nous n’attendons pas des engagements similaires des pays développés et des pays en développement, avec la croissance économique sensationnelle de la Chine, de nouvelles responsabilités incombent à ses dirigeants.

« Nous ne nous attendons pas à ce que des pays en développement comme la Chine prennent des engagements absolus concernant la réduction des émissions. Néanmoins, nous pouvons faire clairement savoir que nous souhaitons coopérer avec les pays en développement pour (…) réduire l’intensité des émissions générées par leur développement économique ».

Un certain nombre de pays européens, menés par la France, font pression pour imposer un ajustement fiscal à la frontière sur des marchandises importées de pays n’ayant pas ratifié le protocole de Kyoto. Ils affirment que les industries à forte consommation d’énergie, comme l’industrie chimique ou la métallurgie, représentent un désavantage concurrentiel et menacent de délocaliser leur production dans des pays dont la législation environnementale est moins stricte.

« L’Union européenne cherchera à se protéger, mais n’adoptera pas une politique protectionniste », a averti M. Barroso, interrogé sur la possibilité d’introduire une telle taxe au niveau européen.

Cependant, il déclare que la Commission est préoccupée quant à la création de « conditions égales pour tous » et estime « important » d’aborder la question des émissions de CO2 « pour des industries spécifiques ».

Selon M. Barroso, « ce ne serait ni une bonne politique environnementale ni économiquement viable si les industries à forte consommation d’énergie quittaient l’Europe et continuaient à émettre des émissions, peut-être même de façon plus intensive, hors d’Europe ».

« Actuellement, nous étudions les différentes possibilités pour s’attaquer à ces questions, comme l’allocation continue et gratuite de certificats [dans le cadre du système européen d’échange de quotas d’émissions], de préférence sur la base d’indicateurs de référence destinés à mesurer l’efficacité énergétique des technologies, d’accords sectoriels internationaux et l’intégration des importateurs de produits à forte consommation d’énergie – et l’exclusion des exportateurs – dans le système européen d’échange de quotas d’émissions ».

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici.

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