Des observateurs soupçonnent le paquet énergie et climat de l’UE d’être en grande difficulté alors que les inquiétudes liées à la récession économique considérable éclipsent celles relatives au réchauffement climatique.
Mais dans un entretien à EurActiv, Mme Hassi s’est dite « plutôt confiante » par rapport au vote de la commission Environnement aujourd’hui 7 octobre. Elle s’attend à ce que ce vote soit « bien meilleur en termes d’ambitions climatiques européennes » que celui du mois dernier devant la commission de l’Industrie et de l’énergie.
« En toute honnêteté, la plupart des gens qui ont préparé le vote de l’ITRE ne connaissent pas très bien l’ensemble du sujet », a-t-elle indiqué, estimant que c’était la raison principale du vote en faveur d’une année de base (ou de référence) pour mesurer les émissions de CO2 des pays jusqu’en 1990 plutôt que 2005.
L’adoption de l’année de base est soutenue par de nombreux pays d’Europe de l’Est, qui la considèrent comme un moyen de prendre en considération les réductions d’émissions qu’ils ont réalisées depuis 1990. Ils pourraient ainsi être autorisés à réaliser des réductions moins importantes désormais.
Mme Hassi a toutefois rejeté la notion selon laquelle le Parlement ou le Conseil allait changer d’approche. Par ailleurs, elle n’a pas exclu un « ajustement », notamment en vue de garantir qu’aucun pays membre n’ait des émissions plus élevées en 2020 qu’en 1990, a-t-elle affirmé, citant le Portugal et l’Espagne, qui ont « sensiblement » augmenté leurs émissions depuis lors.
Dans tous les cas, Mme Hassi estime que l’année de base et les objectifs individuels par pays sont des éléments que les Etats membres doivent clarifier entre eux. « Concrètement, le Parlement n’a aucune capacité à produire une alternative raisonnable aux pourcentages », a-t-elle indiqué.
Néanmoins, l’eurodéputée défendra un compromis entre plusieurs partis qui donnerait aux pays bien moins de possibilités d’atteindre leurs plafonds européens de CO2 à moindre frais en finançant les réductions d’émissions dans les pays en développement au travers du « mécanisme pour un développement propre » (MDP).
Le MDP a subi une pluie de critiques qui lui reprochent de ne pas contribuer significativement aux réductions globales de CO2. Mme Hassi estime que les Etats membres devraient être tenus d’atteindre leurs objectifs en intensifiant le commerce entre eux, ce qui aurait pour effet de garder l’investissement en Europe.
« Le compromis, qui devrait être trouvé sous peu, semble renfermer l’idée fondamentale selon laquelle une flexibilité accrue implique d’éventuelles réductions des échanges d’émissions entre les pays membres, mais davantage de prudence par rapport au mécanisme pour un développement propre (MDP) », a-t-elle affirmé.
Cependant, l’initiative déplaira sans doute à des pays comme le Royaume-Uni, qui insiste sur le fait que le MDP est un mécanisme de flexibilité important qui offre aux Etats membres un moyen avantageux de remplir leurs obligations. Le pays a d’ailleurs évoqué une extension du mécanisme (EurActiv 18/09/08).



