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1 décembre 2009
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Entretien : il est temps d’investir dans les emplois verts [FR][en][de

Publié: mercredi 10 décembre 2008   

John Monks, représentant des syndicats européens, appelle à un plan européen plus ambitieux pour investir dans les secteurs et les emplois verts. Il s’est confié à EurActiv avant le sommet européen de cette semaine (11-12 décembre), au cours duquel les dirigeants de l’UE devraient adopter des mesures de relance budgétaires européennes pour répondre à la crise économique.

« Le plan de relance de la Commission européenne est un bon début, mais les Etats membres devraient se montrer plus ambitieux en faisant écho au plan de relance économique américain s’élevant à 700 milliards de dollars », a indiqué M. Monks, secrétaire général de la CSE, la Confédération des syndicats européens. 

Exprimant sa conviction quant au fait que l’Europe se trouve à un moment décisif, M. Monks a appelé les dirigeants de l’UE à saisir l’occasion pour « réorienter l’économie européenne vers la durabilité » et à « renforcer l’investissement dans l’énergie renouvelable, les moteurs durables et les styles de vie nouveaux ». 

Jusqu’à présent, ce sont les empires financiers qui ont attiré les plus grands cerveaux des nouvelles générations, a expliqué M. Monks. Parallèlement, des entreprises sérieuses éprouvent des difficultés à lever des fonds pour adopter des modèles de production durables. « Les investissements étant plus rentables [sur les marchés financiers], les investisseurs n’ont pas suffisamment soutenu la prochaine vague de développement dont le monde a besoin, à savoir l’ingénierie verte », a-t-il ajouté. « Mais cette époque est révolue », a-t-il indiqué. 

Selon M. Monks, les dirigeants de l’UE peuvent faire en sorte que l’Europe devienne réellement le leader mondial en matière d’ingénierie verte, de réduction des émissions de CO2 et de durabilité », mais il faut qu’ils s’en donnent les moyens. « Je vois mal le secteur privé fournir l’argent nécessaire : c’est trop risqué », a indiqué M. Monks. « J’espère qu’une grande partie des 1,5 % [du PIB dans le cadre du plan de relance] sera destinée à encourager les entreprises à investir dans l’économie verte. »

En l’absence d’une politique européenne cohérente pour l’industrie, il faudra que les règles du marché unique reflètent le fait que certaines industries ont besoin d’aide, a expliqué le dirigeant syndical. « Nous n’avons aucune politique de subventions publiques, et pourtant, les usines de construction automobile attendent en rang pour demander de l’aide », a indiqué M. Monks, signalant que si les Etats-Unis et la Suède décidaient d’aller de l’avant avec des plans destinés à renflouer les constructeurs automobiles, des entreprises comme FIAT, Peugeot ou Opel ne tarderaient pas à frapper à la porte de Berlusconi, Sarkozy et Merkel.

« Les gens font de plus en plus appel à leur Etat-nation pour résoudre leurs problèmes et réaliser des investissements considérables pour améliorer l’emploi », a poursuivi le leader syndical. « Nicolas Sarkozy a beau dire que "Nous sommes désormais tous socialistes", il est suffisamment pragmatique pour se rendre compte d’un renversement de la tendance. Pour combien de temps, je ne sais pas, mais la CSE fera en sorte que la tendance se renverse encore davantage », a précisé M. Monks. 

Le secrétaire général de la CSE a fait part de son espoir quant à l’influence de la demande pour une approche plus sociale sur les élections européennes de juin 2009. Toutefois, les partis de l’opposition ne recueilleront pas nécessairement plus de soutien que ceux au pouvoir, a prédit M. Monks, estimant que « la plupart des citoyens européens  soutiennent les actions actuelles de leurs gouvernements ». Mais ce n’est pas forcément très avantageux pour l’Europe, a-t-il mis en garde : le mot « nationalisation » sera sur toutes les lèvres, a-t-il précisé. 

La CSE prévoit une importante manifestation le 16 décembre à Strasbourg, avant le vote du Parlement européen sur la révision de la directive sur le temps de travail. Le leader syndical craint qu’un « oui » du Parlement n’affaiblisse la directive en favorisant une prolifération de clauses d’exemption et de temps de garde. « Je considère la situation actuelle comme une régression », a affirmé M. Monks, relevant que de nombreux travailleurs seraient soumis à un surcroît de pression pour travailler plus longtemps. 

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici

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