Le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas, potentiellement soutenus par la République tchèque et l’Espagne, appuient un système financier qui détournerait avant tout les fonds des réserves des nouveaux entrants soumis au système européen d’échange de quotas d’émission (ETS, lire le LinksDossier d’EurActiv) pour financer la construction de centrales de démonstration de captage et de stockage de carbone (CSC).
Mais aucun des 22 pays membres restants ne s’est manifesté en faveur du plan, défendu bec et ongles par l’eurodéputé libéral britannique Chris Davies et soutenu par l’eurodéputée irlandaise chrétienne démocrate Avril Doyle, rapporteur au Parlement sur la proposition de révision du système ETS.
La réticence des pays membres frustre M. Davies, qui espère trouver un accord sur le fiancement de la technologie CSC avant la fin de l’année dans le cadre d’un accord plus vaste sur le paquet climat et énergie de l’UE (EurActiv 03/11/08)
Reste à voir si une nouvelle étude de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) entraînera des modifications dans les positions nationales à ce sujet. Même si l’AIE admet que le CSC est toujours un peu trop chère, l’agence affirme qu’il s’agit de la seule solution propre pour un grand nombre de secteurs. C’est ce qu’a indiqué l'analyste de haut niveau Sankar Bhattacharya lors de sa présentation de l’étude le 7 novembre.
La méthode californienne ?
En tant que rapporteur parlementaire sur la proposition d’un nouveau cadre juridique régulant la CSC, M. Davies appelle en outre à l’instauration d’un plafond sur la quantité de CO2 que les centrales électriques européennes seront autorisées à émettre après 2015. Une telle régulation aurait un impact direct sur les centrales à charbon européennes existantes et planifiées, qui sont les plus grands émetteurs de CO2.
M. Davies et les partisans de cette norme de performance d’émissions, qui a été mise en œuvre en Californie, indiquent que cette initiative est essentielle dans le casse-tête de la technologie CSC, faute de quoi l’industrie ne bénéficierait d’aucune mesure incitative pour développer cette technologie coûteuse. Selon un nouveau sondage de GlobeScan financé par la European Climate Foundation, la plupart des experts du climat appuient la norme de performance d’émissions.
Mais l’industrie électrique européenne, représentée à Bruxelles par Eurelectric, a également fait part de son opposition à l’idée.
Alors qu’Eurelectric appuie le développement du CSC, notamment par le biais de l’utilisation de la réserve de fonds pour les nouveaux entrants du système ETS, l’organe est fortement opposé aux normes de performance d’émissions car elles saperaient selon lui la sécurité de l’approvisionnement en électricité de l’UE.
Si une telle interdiction est imposée de facto sur les nouveaux investissements dans le charbon, cela limiterait sensiblement les options pour les nouvelles centrales nucléaires qui permettraient de répondre aux besoins croissants de capacité et entraverait le développement de technologies de combustion à faible consommation énergétique qui sont nécessaires pour que le CSC soit viable. C’est ce qu’Eurelectric a déclaré dans une récente lettre destinée aux eurodéputés.
La question devrait rester un sujet brûlant en 2009 car les législateurs européens devraient parvenir à une révision de la loi de 1996 régissant les niveaux de pollution des installations industrielles européennes : la directive relative à la prévention et au contrôle intégrés de la pollution (directive IPPC).



