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Faibles ambitions climatiques : les pays riches se font taper sur les doigts par la Chine [FR]

Publié 09 juin 2009
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climate change
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Un manque de volonté politique de la part des pays développés a freiné la réalisation de progrès significatifs vers un nouveau traité climatique, lors des négociations actuelles sur la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) à Bonn. C’est ce qu’a déclaré le chef par intérim de la délégation chinoise pour le second cycle des négociations mondiales sur le climat.

Li Gao a accusé les nations riches de ne pas conduire les négociations plus en avant comme cela avait été conclu à Bali en 2007, au lancement des négociations du successeur du Protocole de Kyoto.

Les pays développés n’ont ni assez de réponses actives aux propositions des pays en développement à propos des objectifs de réduction des émissions pour 2020, ni ne montre d’intérêt à fournir les fonds et les technologies pour aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique, a déclaré Li Gao à l’agence de presse chinoise Xinhua.

Il a expliqué qu’au moment présent, le fossé entre les pays riches et pauvres demeurait important sur ces sujets, avec certains pays industrialisés lents à offrir des réductions d’émission et d’autres adoptant des objectifs bien en deçà de ce que demande la communauté internationale.

La Chine, ensemble avec d’autres pays en développement, a appelé les pays développés à s’engager à réduire leurs émissions d’au moins 40 % avant 2020, en comparaison des niveaux de 1990. Mais la plupart des pays industrialisés n’ont pas souscrit à cette exigence.

L’UE est la seule région à avoir fixé un objectif contraignant de 20 %, qu’elle a promis d’augmenter à 30 % si d’autres suivent son mouvement.

Le négociateur chinois a stigmatisé les Etats-Unis, qui selon lui retarde de 20 ans ses obligations issues de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Le projet de loi climatique américain devant la Chambre des Représentants suggère de réduire les émissions de 17 % par rapport aux niveaux de 2005, ce qui est équivalent aux niveaux de 1990 : une réduction déjà imposée par la convention climatique aux nations industrialisées pour 2020, a-t-il expliqué.

De plus, certains pays développés sont arrivés avec des propositions qui sont en contradiction avec les principes du Protocole de Kyoto, ce qui est totalement inacceptable, a ajouté M. Li. Les tentatives d’imposer des réductions d’émissions mettent une charge sur certains pays e, développement et sont contraires au principe de responsabilité commune mais différenciée, menaçant les chances de parvenir à un accord acceptable à Copenhague, a-t-il déclaré.

Coopération technologique

M. Li a reproché aux pays développés de négliger leurs obligations au regard des technologies pauvres en carbone et les fonds dans le cadre de la convention ces dernières décennies. Il a affirmé qu’un développement inadéquat des technologies propres porterait un coup majeur aux efforts globaux pour combattre le changement climatique alors que les pays en développement s’industrialisent. 

L’envoyé américain pour le changement climatique, Todd Stern, se trouve à Pékin cette semaine pour initier un partenariat sur le climat et l’énergie propre. Il a déclaré que les Etats-Unis sont prêts à faire la moitié du chemin pour satisfaire la Chine, d’après Reuters.

Selon les rapports qui arrivent de Chine, le vice-premier ministre Li Keqiang a salué la coopération améliorée lors d’une réunion avec M. Stern, lundi ; il a toutefois insisté sur les responsabilités différenciées quant au climat que les pays développés doivent assumer.

Prochaines étapes : 
  • 1-12 juin : second cycle des négociations sur le climat, à Bonn.
  • 18-19 juin : le Conseil européen discute du financement du climat.
  • 7-18 déc. : la Conférence des Nations unies sur le changement climatique à Copenhague doit culminer avec l'adoption du nouvel accord climatique.
Contexte : 

La communauté internationale est plongée dans des négociations qui devraient déboucher sur un nouveau traité climatique à Copenhague en décembre (voir LinksDossier EurActiv sur « En route vers Copenhague »). Le traité doit remplacer le Protocole de Kyoto, qui impose à ses signataires des limites aux émissions de gaz à effet de serre, à respecter avant 2012.

Les premières discussions de ce genre – la conférence sur la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CNUCC), à Bonn du 29 mars au 8 avril, a donné le coup d’envoi des négociations pour un projet d’accord en vue de la conférence finale (EurActiv 09/04/09). Le projet de texte de négociation avant les discussions de ce mois à Bonn a révélé un profond désaccord entre les pays riches et les pays pauvres. 

Les nations en développement demandent à leurs homologues industrialisés de s’engager à des réductions de CO2 assez importantes et d’offrir un soutien financier aux efforts des pays plus pauvres. Mais les pays développés ne se sont pas fermement engagés sur les financements, et seule l’UE s’est fixé un objectif ferme de réduction du CO2, qui échoue toutefois à satisfaire les exigences des pays en développement (EurActiv 29/04/09).

Le second cycle des négociations mondiales sur le climat a démarré à Bonn le 1er juin avec l’adoption d’un texte de négociation (EurActiv 02/06/09). Le cycle de négociations continuera jusqu’au 12 juin, mais les observateurs s’attendent à des progrès modestes sur la question du financement, qui demeure la question la plus controversée.

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