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Les négociations des Nations unies sur le climat à Bali ont pris fin le 15 décembre, aboutissant à une feuille de route pour deux ans de négociations pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le nouveau fonds d’adaptation au changement climatique, les mécanismes de lutte contre la déforestation et les transferts de technologie sont considérés comme les principales avancées de la conférence de Bali.
La première réponse internationale concertée concernant le changement climatique a été lancée en 1992 lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro, qui a donné lieu à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), un traité non contraignant qui encourage les pays développés à stabiliser les émissions de gaz à effet de serre (GES). 189 pays ont signé et ratifié la CCNUCC.
La plupart de parties à la CCNUCC, à l’exception remarquable des Etats-Unis, ont également signé et ratifié le protocole de Kyoto de 1997, un traité juridiquement contraignant qui engage les pays signataires à procéder à des réductions spécifiques des GES, l’objectif étant d’atteindre une réduction générale de 5 % des GES d’ici 2012 par rapport aux niveaux de 1990. Les détails sur la mise en œuvre du protocole de Kyoto, connu comme les accords de Marrakech, ont été adoptés en 2001.
Le mandat de la 13ème Conférence des parties de la CCNUCC (COP 13), organisée à Bali, Indonésie, du 3 au 15 décembre 2007, devait élaborer un cadre de négociations ainsi qu’une feuille de route pour un accord sur le changement climatique afin de remplacer le protocole de Kyoto en 2012.
Une formulation vague
Après neuf jours de réunions avec la participation d’experts et de scientifiques, suivis par quatre jours de négociations ministérielles dont une session nocturne de négociations-marathon tumultueuse, le sommet de Bali a donné lieu à une feuille de route pour parvenir à un accord sur un successeur du protocole de Kyoto sur le changement climatique en 2009.
Les engagements ou objectifs contraignants visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, demandée par l’UE, ont été rejetés par les Etats-Unis et d’autres pays.
Selon le texte de la feuille de route, l’ensemble des pays développés, prendra des engagements ou actions appropriés au niveau national, actions qui seront vérifiables et mesurables, notamment une limitation des émissions et des objectifs de réduction quantifiés, tout en garantissant la comparabilité des efforts entre eux, en tenant compte des différences dues à leur situation nationale.
Les pays en développement adopteront des actions de réduction appropriées au niveau national.
L’UE reste néanmoins optimiste
Les responsables européens estiment que l’issue des négociations était positive. Selon Stavros Dimas, commissaire européen à l’Environnement, les négociations étaient tendues, mais les parties sont parvenues à un accord sur une feuille de route pour les négociations qui réponde aux principales demandes de l’UE. Il a déclaré que les parties avaient convenu d’entamer des négociations qui n’aborderaient pas uniquement les engagements pour les pays développés, notamment les Etats-Unis, mais également des actions impliquant des pays en développement.
Mais le commissaire Dimas reconnaît que le langage ouvert de la feuille de route implique que certaines des négociations les plus rudes restent à venir. D’après lui, dorénavant, il va falloir travailler dur. Il est essentiel que l’accord, qui doit être conclu dans les deux prochaines années, soit assez ambitieux pour empêcher que le réchauffement climatique n’atteigne des niveaux dangereux.
Les Etats-Unis s’impliquent
Même si la délégation américaine a refusé de signer un premier projet de feuille de route engageant les parties à réduire globalement les GES de 25 % à 40 % d’ici 2020, comparé aux niveaux de 1990, un certain nombre d’observateurs ont applaudit le fait que les Etats-Unis participeront finalement aux négociations.
La participation américaine résulte en partie des tensions de dernière minute lors de la conférence, quand la délégation américaine a été montrée du doigt par les participants et Kevin Conrad, le négociateur de la Papousie-Nouvelle Guinée, a pressé les Etats-Unis de sortir.
Mais Washington a déjà indiqué que le pays était très préoccupé par d’autres aspects de la décision au moment d’entamer les négociations, selon une déclaration de Dana Perino, attachée de presse à la Maison Blanche, qui a dénoncé l’absence d’objectifs de réduction des émissions pour les pays en développement.
La Chine et l’Inde vainqueurs ?
La Chine, l’Inde et d’autres importants pays émetteurs ont été perçus par certains observateurs comme étant les grands gagnants des négociations. Il ont en effet assuré une augmentation des transferts de technologie propre sans s’engager à réduire les émissions de GES à l’avenir.
Un chemin difficile s’annonce
La nature non spécifique du langage de la feuille de route semble annoncer que le plus dur des négociations reste à venir. L’UE pourrait continuer à faire pression pour obtenir des objectifs de réduction des émissions contraignants, notamment dans la dernière partie de 2009, quand un nouveau gouvernement américain entrera en fonction.
Quatre sessions de négociations sont déjà planifiées, la première est prévue en mars ou avril 2008.
En dépit du manque d'objectifs de réduction d'émissions quantifiables dans la feuille de route, un haut fonctionnaire à l'ONU a exprimé un certain soulagement et fait preuve d'optimisme quant au fait que les négociations aboutissent enfin à un engagement sur des actions de réduction vérifiables et mesurables.
Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la CCNUCC, qui avait prononcé un discours plein d'émotion avant que la délégation américaine n'accepte un compromis et ne signe la feuille de route, a déclaré que l'accord était ambitieux, transparent et flexible.
Le Parlement européen a félicité la présidence portugaise de l’UE et la Commission pour avoir assurer la meilleure issue politiquement viable à Bali.
Le Parlement était également satisfait de l’évolution de l’approche du gouvernement américain au cours de ces dernières années, passant d’une réticence à participer aux négociations à, comme c’est actuellement le cas, l’acceptation d’engagements spécifiques.
Le groupe des Vert/ALE a déploré le fait que la conférence était très éloignée de l’ambition nécessaire pour s’attaquer au changement climatique, mais reconnaît qu’elle fournit une base pour des négociations qui pourraient conduire à un accord international en 2009, visant à limiter les hausse de température à un niveau tolérable.
L’organisation des Amis de la Terre Europe a critiqué les efforts européens réalisés lors de la conférence. Dans un communiqué de presse, l’organisation a déclaré que l’UE s’était réveillée trop tard durant ces négociations. Selon elle, l’Union a fait face au gouvernement Bush et a résisté pour conserver les objectifs de réduction des émissions, mais elle aurait dû le faire bien plus tôt et de façon bien plus stricte.