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Les entreprises commencent à profiter de la réduction des coûts de déplacement et de celle des émissions de CO2 en ayant recours aux technologies de l'information et de la communication (TIC).
Le transport aérien est la source de pollution en dioxyde de carbone dont le développement est le plus rapide au monde - 16 000 avions commerciaux émettent plus de 600 millions de tonnes de CO2 par an. Malgré les améliorations en terme d'effacité énergétique réalisées sur les appareils, les émissions du transport aérien ont doublé depuis 1990. Dans les pays industrialisés, elles représentent généralement entre 5 et 10% de l'empreinte carbone.
Les personnes qui font la navette entre leur domicile et leur lieu de travail, en particulier en voiture, provoquent des encombrements aux heures de pointe dans toutes les grandes villes d'Europe, contribuant largement à la pollution de l'air local et aux émissions de gaz carbonique à l'échelle globale.
Début 2006, quelques entreprises de TIC, comprenant HP, Intel et Sun Microsystems, ont lancé une initiative mondiale (GeSI
) dans le cadre du Forum européen des technologies de l'information et de la communication pour le développement durable (TIC2I
) afin d'examiner dans quelle mesure le secteur des TIC peut contribuer à la durabilité. Lors d'une conférence intitulée "Applying ICT-based solutions to energy efficiency challenges
" (" Pour des solutions à base de TIC en réponse aux défis de l'efficacité énergétique"), organisée en partenariat avec la Commission et le Forum, des acteurs du secteur de l'industrie et des chercheurs ont débattu du rôle des TIC dans la réduction des gaz à effet de serre. Parmi les questions débattues lors de la conférence du 31 janvier 2007 figuraient :
L'ETNO
(association des opérateurs européens de réseaux de télécommunication) a élaboré en étroite coopération avec le WWF une feuille de route intitulée "Sauver la planète à la vitesse de la lumière
". Les deux partenaires soulignent l'importance de leur nouvelle alliance industrie-ONG et affirment partager un certain nombre d'objectifs communs, à savoir:
WWF souligne que la réduction des émissions de dioxyde de carbone peut être intégrée dans l'évaluation économique des entreprises car elle permet également de faire des économies sur les déplacements et le matériel. Le chercheur auprès du WWF, Dennis Pamlin, a déclaré: "Je veux que les entreprises fassent des économies d'énergie, parce qu'elles font des économies d'argent et non parce qu'elles ressentent le besoin de faire quelque chose pour la planète. Ce point ne sera jamais plus qu'une priorité secondaire."
Les principaux éléments de la feuille de route sont :
Le remplacement des déplacements, notamment en ayant recours aux audioconférences et vidéoconférences. L'ETNO et le WWF ont calculé que le remplacement de 20% des voyages d'affaires dans l'UE permettrait des réductions de CO2 d'environ 22,35 millions de tonnes par an.
Selon les deux organisations, des économies d'émissions du même ordre de grandeur seraient réalisables si plus de travailleurs pouvaient travailler depuis chez eux, en se connectant par Internet aux réseaux de leur bureau au lieu de se rendre sur place. Un aménagement durable de la ville et de la communauté et une ouverture d'esprit de la part des employeurs et des travailleurs en la matière seraient une condition préalable.
Des économies supplémentaires d'environ 4 millions de tonnes de CO2 par an pourraient être réalisées, selon l'ETNO et le WWF, grâce à la dématérialisation. En d'autres termes, les applications et le matériel actuellement utilisés seraient remplacés par des équivalents virtuels dans un format électronique, comme par exemple des répondeurs virtuels (messagerie vocale), des services de facturation ou d'administration en ligne, pour remplacer les versions papier.
Le WWF et l'ETNO estiment que ces mesures pourraient contribuer à réduire les émissions de CO2 de près de 50 millions de tonnes par an avant 2010. Cependant, tous deux reconnaissent que "de véritables bénéfices tangibles" ne seraient réalisés qu'une fois cette date passée, quand les TIC se substituant aux activités à taux de carbone élevé se seront banalisées.
Les Amis de la Terre (Royaume-Uni) soulignent
que "les avancées réalisées dans le domaine des télécommunications peuvent atténuer la nécessité de se déplacer". Les systèmes de télé- et vidéoconférence représentent des alternatives viables aux hommes d'affaires se déplaçant par avion. Elles permettent également de réduire les temps de trajet, les embouteillages et la pollution du secteur aérien".