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10 novembre 2009
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La justice climatique guidera-t-elle un accord international ? [FR][en][de

Publié: lundi 10 novembre 2008   

Des parlementaires et des représentants des entreprises et de la société civile ont appelé à tenir compte d’une dimension humaine fondée sur la justice et la dignité lors des prochaines négociations sur le changement climatique de Poznań en décembre prochain. 

Contexte:

La communauté internationale doit décider d’un nouvel accord qui remplacera le protocole de Kyoto sur le changement climatique avant la conférence des Nations Unies qui aura lieu en décembre 2009 à Copenhague. 

La première étape critique a été décidée lors de la conférence de l’ONU sur le changement climatique de décembre 2007, durant laquelle tous les pays se sont mis d’accord sur une feuille de route pour atteindre un accord international avant la fin 2009. Selon les conditions fixées par le plan d’action de Bali, un accord doit être trouvé au cours des deux conférences de l’ONU à Poznań en 2008 et à Copenhaguen en 2009. 

Toutes les négociations formelles de l’ONU prennent place au niveau gouvernemental uniquement. Les entreprises, la société civile et les parlementaires ne sont pas officiellement représentés lors des négociations. 

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Autres articles:

Lors d’une réunion convoquée la semaine dernière (6 novembre) à Bruxelles par la vice-présidente de la Commission Margot Wallström, par le Club de Madrid, le Globe Europe et la Respect Table, les parties prenantes et les experts participant à la conférenceexternal « Road to Copenhagen 2009 » ont appelé à davantage de justice climatique dans le cadre des négociations de Poznań, qui devraient déboucher sur un successeur au protocole international de Kyoto. 

Le transfert de technologie et des fonds d’adaptation pour aboutir à la justice climatique

L’ancienne présidente irlandaise Mary Robinson, membre du Global Humanitarian Forum fondé récemment par l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, a déclaré qu’il faut désormais faire face à la dimension de justice maintenant qu’on dispose de la preuve scientifique du changement climatique. A son avis, il s’agit de développer des technologies énergétiques propres non seulement pour leur utilisation à large échelle dans les économies industrialisées, mais aussi à une échelle appropriée dans les pays les moins développés, en fonction de leurs besoins. 

Le transfert de technologie ainsi que de meilleurs fonds d’adaptation peuvent créer le bon cadre pour aborder la question de la justice climatique, a indiqué un groupe d’activistes et de parlementaires. Le manque de systèmes d’alerte rapide, de mécanismes de réponse efficaces et de solidarité internationale empêche également de fournir de l’aide où et quand il en faut le plus. 

L’urgence d’un véritable leadership pour garder l’Europe sur le bon chemin

Malgré la crise financière, les experts présents à la conférence ont estimé que l’UE doit s’en tenir au calendrier et aux objectifs prévus si elle veut maintenir son leadership en la matière. Selon certains experts, il manque encore quelque 2 850 jours, ou 97 mois, avant d’atteindre le point culminant du changement climatique, après quoi les températures dépasseront le palier de deux degrés Celsius. 

Selon Mme Wallström, la tentation de revenir à des racines connues est grande, mais nous ne pouvons pas nous permettre de privilégier une perspective à court terme en raison de la crise. A son avis, il faut un leadership fort, et elle espère que l’UE continuera à faire preuve d’un engagement déterminé.

Les dirigeants européens devraient adopter un vaste paquet climatique avant les négociations de l’ONU de décembre. Ce paquet comprend une série de propositions visant à réduire les émissions de CO2 et de gaz à effet de serre (GES) de l’Union de 20 % d’ici 2020, tout en amenant la part d’utilisation des énergies renouvelables à 20 % sur la même période. Ces dernières semaines cependant, l’Italie et certains pays d’Europe de l’Est ont fait preuve de circonspection à l’égard de tout engagement, craignant une aggravation du ralentissement économique. 

L’économiste Claudia Kemfert, membre du groupe consultatif du président de la Commission José Manuel Barroso sur l’énergie et le changement climatique, a souligné que l’investissement dans la protection du climat renforcerait l’économie. Selon elle, il convient d’agir vite. On ne peut se permettre de tolérer trop d’exceptions, a-t-elle signalé, proposant d’instaurer un mécanisme qui autoriserait un remboursement a posteriori des enchères pour les secteurs en difficulté. 

Dans ce climat incertain, les investisseurs privilégieront sans doute la sécurité financière, et les marchés émergents des énergies renouvelables sont très attractifs de ce point de vue, a-t-elle ajouté, rappelant que l’UE n’est pas obligée de revenir sur les engagements formulés dans son paquet énergétique.

Le changement climatique est un défi d’Obama

Les experts sont conscients du fait qu’il n’y aura pas d’accord international sur le climat sans les Etats-Unis, qui n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto. 

Aujourd’hui les Etats-Unis sont le pays le plus riche du monde, avec un PIB par habitant environ 20 fois plus élevé que celui des régions les plus pauvres d’Afrique. Beaucoup d’espoirs sont placés dans le leadership du président américain élu Barack Obama pour mettre les Etats-Unis sur la voie de la durabilité sociale et environnementale. 

Gro Harlem Brundtland, ex-Premier ministre de la Norvège et actuelle envoyée spéciale de l’ONU pour le changement climatique, a souligné que Barack Obama avait le changement climatique à l’esprit, notant le fait que le président américain avait cité trois défis urgents lors de son discours d’investiture : les deux guerres, une planète en péril et la crise financière. Soulignant qu’une nouvelle ère était née, elle a indiqué que même aux Etats-Unis, on ne nie plus le changement climatique.  

Efficacité énergétique : l’UE et les Etats-Unis doivent désormais agir 

Les experts soulignent le fait que les pays ne devraient pas attendre un accord sur le climat pour agir, laissant entendre que l’efficacité énergétique constitue une occasion immédiate pour le président Obama de faire des progrès, l’efficacité énergétique des Etats-Unis étant deux fois moindre que celle du Japon. Quant à l’efficacité énergétique de la Chine, elle représente un neuvième de celle du Japon.    

Selon le McKinsey Global Institute, la moitié de l’augmentation des émissions pourraient être évitée à profit, en fournissant un taux interne de rentabilité de 17 %. Si on se fonde sur un investissement global de 170 milliards de dollars par année, 900 milliards de dollars de bénéfices pourraient être accumulés annuellement d’ici 2020. 

Pour arriver à ces chiffres, les émissions américaines doivent être plafonnées au niveau actuel, et la Chine doit réaliser une réduction de 20 % d’ici 2020. Anders Egelrud de AB Fortum Värme, une des principales entreprises suédoise du secteur énergétique à avoir commencé à replacer le charbon par un biocarburant renouvelable (la lignine), a souligné que l’efficacité énergétique permet d’économiser des coûts. La pénétration des énergies renouvelable en Suède représente actuellement 75 % du marché. 

Les participants à la conférence « Road to Copenhagen » ont élaboré un projet de liste de recommandations qui sera envoyée aux négociateurs à Poznań pour assurer que le protocole de Copenhague pour 2020-2050 intégrera également leurs positions.  

Prochaines étapes:

  • 1-12 déc. 2008 : réunion climatique à Poznań (Pologne) afin de discuter des objectifs d’émissions à long terme. 
  • Déc. 2009 : conférence climatique de Copenhague (COP15) ; achèvement prévu des négociations climatiques de l’ONU sur l’après 2012. 
  • 31 août-4 sept. 2009 : conférence mondiale sur le climat. 
  • Fin 2012 : délai pour la ratification du nouvel accord climatique.

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