Se confiant à EurActiv au cours d’un trajet en voiture lors de sa journée marathon de conférences dans les universités belges, M. Pachauri a pressé l’administration Obama d’être plus agressive concernant ses projets sur le climat.
« Les projets américains, consistant à stabiliser les émissions aux niveaux de 1990 avant 2020 sont bien en deçà [de ce à quoi] s’est engagée l’UE », a-t-il indiqué. Cela « ne correspond pas à une position de leadership », a-t-il ajouté.
Le chef de l'IPCC a demandé aux Etats-Unis de parvenir à un consensus national, qu’il estime nécessaire si les gouvernements mondiaux doivent s’accorder sur un accord post-Kyoto sur le changement climatique à Copenhague, en décembre prochain.
« Le danger de reporter les actions est que cela pourrait asseoir certaines des forces qui vont résister à tout accord et à tout changement », a déclaré M. Pachauri, ajoutant que si les Etats-Unis échouent, cela pourrait freiner l’élan mondial.
D’un autre côté, si les Etats-Unis progressent rapidement dans la mise en œuvre d’un agenda national, et que le président Obama rassure régulièrement le monde sur ce qu’il a l’intention de faire, cela devrait être suffisant pour parvenir à un accord, a expliqué M. Pachauri.
Citoyen indien, M. Pachauri a appelé les pays développés à entendre les appels des nations les plus pauvres à des transferts financiers en vue de s’adapter aux conséquences du changement climatique et de la mitigation des émissions.
« Les pays en développement ont demandé des transferts financiers, surtout pour l’adaptation, mais aussi pour des actions de mitigation, ainsi qu’un accès à la technologie à cette même fin. En toute honnêteté, la réponse des pays développés n’a pas été très claire jusqu’à maintenant. Il n’y a eu aucune réponse ferme ou concrète d’aucune sorte du monde développé sur cette question » a-t-il déclaré, soulignant qu’un fonds d’adaptation serait « proportionnellement raisonnable ».
Quant à l’ampleur du soutien nécessaire, M. Pachauri a relevé que ce n’était pas tant une question de chiffres que de discussions sérieuses quant à l’approche adéquate du financement.
M. Pachauri a également donné préférence aux taxes sur le carbone, ou « taxe Tobin », pour lever des fonds visant à combattre le réchauffement climatique mondial. « Pouvoir fixer un prix du carbone, grâce auquel les marchés se verront adresser un signal fort qui les poussera à tendre vers une économie à faibles émissions de carbone » est, selon lui, capital. « La taxe Tobin a beaucoup de valeur, mais n’a pas reçu l’attention qu’elle mérite », a-t-il expliqué.
Les politiques vont de paire avec la prise de conscience, a déclaré M. Pachauri, saluant un « écolothon » qui a eu lieu en Inde le mois dernier. « Je le recommande fortement aux chaînes de télévision. Cela aide vraiment à faire passer le message sur changement climatique, a-t-il indiqué.
M. Pachauri est convaincu que « nous devons tous mettre en pratique ce que nous prônons ». « Si nous croyons que quelque chose doit être fait pour résoudre le problème, nous devons faire partie de la solution », a-t-il déclaré.
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