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Mettre une annonceUne résolution du Parlement européen, qui doit être débattue aujourd’hui (16 février), propose d’allouer une partie des revenus du système d’échange de quotas d’émissions à la politique européenne de lutte contre la déforestation. L’eurodéputé hongrois Péter Olajos (PPE-DE), co-auteur de la résolution, s’est confié à EurActiv.
La commission de l’Environnement du Parlement débattra aujourd’hui de la proposition qui vise à s’attaquer à la déforestation dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, projet rédigé conjointement par l’eurodéputé hongrois Péter Olajos et son homologue roumain Magor Imre Csibi (ADLE). La résolution, qui doit être adoptée avant les élections de juin, n’aura pas de répercussion immédiate sur la législation européenne en matière de climat. Elle pourrait toutefois avoir une influence sur les évolutions futures.
« La raison pour laquelle nous avons lancé cette proposition, c’est parce que chaque année, 13 millions d’hectares de forêts disparaîtront, ce qui représente le territoire de la Grèce », a indiqué M. Olajos, ajoutant que les récents débats au Parlement ont en outre clairement montré que l’objectif de l’UE visant à réduire la perte de biodiversité d’ici à 2010 est « irréaliste ».
Les politiques actuelles ne vont simplement pas assez loin, a-t-il souligné, appelant à ce que de nouvelles mesures reconnaissent le besoin de préserver les forêts européennes, au lieu de se concentrer principalement sur les forêts tropicales, comme c’était le cas auparavant. Il a également mis l’accent sur le fait qu’il y a un besoin urgent de mettre un terme à la déforestation massive en Europe de l’Est, où la biodiversité est toujours plus riche qu’en Europe de l’Ouest, principalement en raison du passé communiste et aux niveaux de développement plus faibles.
M. Olajos a laissé entendre que les fonds destinés au reboisement devraient en partie provenir du système d’échange de quotas d’émission (ETS) ; un certain pourcentage des recettes des enchères devant selon lui être voué à cette fin. Des crédits pour les forêts n’ont pas été inclus dans le système ETS. Toutefois, le paquet climatique de l’UE, approuvé en décembre, stipule qu’à moins qu’un nouvel accord post-Kyoto en fixe le cadre, l’UE devra adopter une règle définissant la manière de prendre en compte les émissions relatives à la sylviculture d’ici à 2012, a-t-il ajouté.
« Si la déforestation est un défi politique mondial, l’UE doit montrer l’exemple en la matière. Non seulement parce que nous sommes l’un des principaux importateurs dans ce domaine, mais également parce que nous devons instaurer les meilleures pratiques », a indiqué M. Olajos, ajoutant que la résolution parlementaire formulera la position de l’UE pour les négociations sur le climat à l’ONU.
L’eurodéputé a reconnu que certains éléments du protocole de Kyoto sont contreproductifs et doivent être modifiés. Par exemple, le critère de l’additionnalité faisant partie de l’accord incite en fait à l’abattement des forêts tropicales car, selon ce critère, seules les jeunes forêts réduisent véritablement les émissions de gaz à effet de serre.
Il a souligné que l’Europe avait actuellement un énorme avantage en termes technologiques. « Ce n’est pas seulement une importance morale, mais aussi un avantage commercial », a-t-il conclu.
Toutefois, selon M. Olajos, il faut que l’Europe change considérablement sa manière de penser par rapport aux forêts et à la lutte contre le changement climatique. Il a exprimé sa surprise quant à la proposition de l’eurodéputé Chris Davis, émise lors des négociations sur le paquet climat, d’accorder des crédits doublés aux technologies de captage et de stockage du carbone (CSC).
« Les forêts sont une technologie de CSC vieille de cinq cent millions d’années. Elle est perfectionnée et elle fonctionne ». Il se demande pourquoi l’UE voudrait lutter contre le changement climatique en excluant les forêts du système d’échange de quotas d’émission et en accordant davantage de crédits aux centrales à charbon.
« Voilà comment nous comprenons le problème aujourd’hui », a-t-il déclaré. « Ce qui est sûr, c’est que je soutiendrai des crédits triplés [aux forêts], mais j’ai des doutes quant à la manière d’y parvenir ».
Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici.