Le Pacte des maires, une initiative de la Commission européenne, reconnaît que les villes ont une responsabilité dans la lutte contre le changement climatique, dans la mesure où environ 80 % du CO2 est émis dans les zones urbaines (voir LinksDossier EurActiv).
Le Pacte engage ses signataires à élaborer des plans d’action dans le domaine de l’énergie durable. Ces derniers doivent détailler les mesures que les villes comptent prendre pour atteindre les réductions d’émissions annoncées dans les secteurs public et privé des villes concernées.
Selon le président du Comité des régions, Luc Van den Brande, la signature du Pacte représente un engagement de la part des villes dans leur ensemble plutôt que des maires à titre individuel. Il a insisté sur le fait que le renouvellement des administrations des villes n’y changera rien. Selon lui, la prochaine étape consistera à impliquer les régions dans le processus, car elles jouent un rôle clé quant à la production et la consommation d’énergie.
La BEI annonce un financement à hauteur de 15 millions d’euros
La Banque européenne d’investissement a annoncé qu’elle travaillait avec la Commission pour lever dans l’année un fonds de 15 millions d’euros visant à soutenir le développement de l’efficacité énergétique et les projets d’énergie durable dans les villes et régions européennes. Ce fonds serait géré par la BEI, laquelle a également promis de renforcer ses activités de prêt ordinaires au secteur.
Parallèlement, un groupe d’eurodéputés de toutes tendances politiques ont accusé le président de la Commission José Manuel Barroso et son cabinet de venir à la rencontre des maires les mains vides. Claude Turmes (Verts), Umberto Guidoni (GUE), Fiona Hall (ADLE), Mechtild Rothe (PSE) et Anders Wijkman (PPE) notamment ont déclaré qu’à l’origine, 500 millions d’euros avaient été prévus dans le plan de relance économique de l’UE pour développer l’énergie durable des villes. Toutefois, les fonds promis ont changé de destinataire dans le projet final, allant finalement aux projets de captage et de stockage des renouvelables.
Selon le commissaire à l’Energie, Andris Piebalgs, comme les 3,5 milliards d’euros réalloués pour financer les projets dans le domaine de l’énergie sous l’égide du plan de relance représentent de l’argent européen non dépensé qui, en tant que tel, devrait normalement revenir aux budgets des Etats membres, la Commission doit convaincre les gouvernements qu’engager ces fonds constituerait de la valeur ajoutée au niveau européen.
Nous espérons trouver un système rapide pour soutenir les villes, a déclaré M. Piebalgs dans l’étape initiale du projet. Mais, en réalité, la distribution des fonds entre les nombreux acteurs prend du temps, a-t-il expliqué. L’argent n’est pas le seul problème a-t-il conclu.
Divers préalables à la bataille climatique
Les villes signataires ont des points de départ sensiblement différents quant au degré d’avancement de leurs politiques climatiques. Hep Monatzeder, maire de Munich, a confié à EurActiv que la ville travaillait à la réduction des émissions de CO2 depuis 1991, lorsqu’elle est devenue membre de l’Alliance pour le climat.
En 2007, Munich s’est engagée dans l’ambitieuse stratégie à long terme de l’Alliance qui vise à réduire les émissions de CO2 de 10 % tous les cinq ans. Munich a de ce fait opté pour une voie plus ambitieuse que le Pacte des maires quant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, selon M. Monatzeder. Il a toutefois averti que l’on ne pouvait pas s’attendre à de mêmes mesures de la part de toutes les villes parce qu’elles ne disposent pas toutes de telles politiques avancées en matière de protection climatique.
Les Etats d'Europe de l'Est sous les projecteurs
Dans un grand nombre de nouveaux Etats membres, la situation semble bien différente. Selon Gábor Demszky, maire de Budapest, il est difficile de prédire à quel niveau les émissions de Budapest pourront être diminuées avant 2020, soulignant que des mesures qui fonctionnent dans une « ville de cols blancs » pourraient être vouées à l’échec dans une ville plus industrialisée.
Par ailleurs, Jānis Birks, maire de Riga, a déclaré que beaucoup de citoyens de Riga sont toujours enfermés dans l’ancien mode de pensée soviétique selon lequel l’énergie est produite pour être utilisée et ne prêtent que peu d’attention aux mesures d’efficacité, telles qu’une meilleure isolation des maisons.
L’énergie était bon marché à l’époque soviétique, mais ces six dernières années, les prix du gaz ont quadruplé et ceux de l’électricité ont triplé, donnant aux Lettons d’excellentes raisons économiques de se renseigner sur les mesures d’efficacité énergétique, a indiqué M. Birks.
Il a déclaré que Riga a beaucoup appris, en particulier des pays nordiques, qui ont massivement investi dans le domaine de l’efficacité énergétique. La Lettonie a utilisé ces nouvelles connaissances pour rénover une grande partie des bâtiments soviétiques très inefficaces du point de vue énergétique, a expliqué le maire.
Si l’UE, les gouvernements nationaux, les municipalités et les citoyens peuvent mettre en commun leurs ressources, l’Europe a de bonne chance de pouvoir lutter contre le changement climatique, a indiqué M. Birks. Il a en outre enjoint l’UE d’engager ses fonds structurels pour aider les Etats membres à rénover et à isoler les vieux immeubles.



