Sections
Mini Sections
Hier (10 février), lors de la cérémonie de lancement du « Pacte des maires », plus de 350 villes ont promis de diminuer de plus de 20% leurs émissions de CO2, s’engageant ainsi à dépasser l’objectif européen pour 2020. La création par la BEI d’un fonds spécial doté de 15 milliards d’euros est également en cours.
La Commission européenne considère que les villes sont au cœur des efforts européens en matière de développement durable. En janvier 2006, elle a lancé une stratégie thématique pour l’environnement urbain
. Mais la stratégie est limitée dans ses actions puisqu’elle ne dispose pas de compétence directe sur les affaires urbaines. Toutefois, les mesures sectorielles de l’UE dans les domaines du transport, de l’environnement et des affaires sociales peuvent avoir des répercussions importantes sur les villes.
Les ministres européens en charge du développement urbain et spatial ont également tenté de poser les fondements d’une politique européenne en matière d’urbanisme en signant la Charte de Leipzig sur les villes européennes
en mai 2007.
En janvier 2008, près de 100 maires européens ont signé le Pacte des maires
soutenu par la Commission, qui consiste en un engagement des dirigeants des villes, qui ont promis de dépasser l’objectif de l’UE visant à réduire les émissions de CO2 de 20 % d’ici 2020.
Le Pacte des maires
, une initiative de la Commission européenne, reconnaît que les villes ont une responsabilité dans la lutte contre le changement climatique, dans la mesure où environ 80 % du CO2 est émis dans les zones urbaines (voir LinksDossier EurActiv).
Le Pacte engage ses signataires à élaborer des plans d’action dans le domaine de l’énergie durable. Ces derniers doivent détailler les mesures que les villes comptent prendre pour atteindre les réductions d’émissions annoncées dans les secteurs public et privé des villes concernées.
Selon le président du Comité des régions, Luc Van den Brande, la signature du Pacte représente un engagement de la part des villes dans leur ensemble plutôt que des maires à titre individuel. Il a insisté sur le fait que le renouvellement des administrations des villes n’y changera rien. Selon lui, la prochaine étape consistera à impliquer les régions dans le processus, car elles jouent un rôle clé quant à la production et la consommation d’énergie.
La BEI annonce un financement à hauteur de 15 millions d’euros
La Banque européenne d’investissement a annoncé qu’elle travaillait avec la Commission pour lever dans l’année un fonds de 15 millions d’euros visant à soutenir le développement de l’efficacité énergétique et les projets d’énergie durable dans les villes et régions européennes. Ce fonds serait géré par la BEI, laquelle a également promis de renforcer ses activités de prêt ordinaires au secteur.
Parallèlement, un groupe d’eurodéputés de toutes tendances politiques ont accusé le président de la Commission José Manuel Barroso et son cabinet de venir à la rencontre des maires les mains vides. Claude Turmes (Verts), Umberto Guidoni (GUE), Fiona Hall (ADLE), Mechtild Rothe (PSE) et Anders Wijkman (PPE) notamment ont déclaré qu’à l’origine, 500 millions d’euros avaient été prévus dans le plan de relance économique de l’UE pour développer l’énergie durable des villes. Toutefois, les fonds promis ont changé de destinataire dans le projet final, allant finalement aux projets de captage et de stockage des renouvelables.
Selon le commissaire à l’Energie, Andris Piebalgs, comme les 3,5 milliards d’euros réalloués pour financer les projets dans le domaine de l’énergie sous l’égide du plan de relance représentent de l’argent européen non dépensé qui, en tant que tel, devrait normalement revenir aux budgets des Etats membres, la Commission doit convaincre les gouvernements qu’engager ces fonds constituerait de la valeur ajoutée au niveau européen.
Nous espérons trouver un système rapide pour soutenir les villes, a déclaré M. Piebalgs dans l’étape initiale du projet. Mais, en réalité, la distribution des fonds entre les nombreux acteurs prend du temps, a-t-il expliqué. L’argent n’est pas le seul problème a-t-il conclu.
Divers préalables à la bataille climatique
Les villes signataires ont des points de départ sensiblement différents quant au degré d’avancement de leurs politiques climatiques. Hep Monatzeder, maire de Munich, a confié à EurActiv que la ville travaillait à la réduction des émissions de CO2 depuis 1991, lorsqu’elle est devenue membre de l’Alliance pour le climat.
En 2007, Munich s’est engagée dans l’ambitieuse stratégie à long terme de l’Alliance qui vise à réduire les émissions de CO2 de 10 % tous les cinq ans. Munich a de ce fait opté pour une voie plus ambitieuse que le Pacte des maires quant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, selon M. Monatzeder. Il a toutefois averti que l’on ne pouvait pas s’attendre à de mêmes mesures de la part de toutes les villes parce qu’elles ne disposent pas toutes de telles politiques avancées en matière de protection climatique.
Les Etats d'Europe de l'Est sous les projecteurs
Dans un grand nombre de nouveaux Etats membres, la situation semble bien différente. Selon Gábor Demszky, maire de Budapest, il est difficile de prédire à quel niveau les émissions de Budapest pourront être diminuées avant 2020, soulignant que des mesures qui fonctionnent dans une « ville de cols blancs » pourraient être vouées à l’échec dans une ville plus industrialisée.
Par ailleurs, Jānis Birks, maire de Riga, a déclaré que beaucoup de citoyens de Riga sont toujours enfermés dans l’ancien mode de pensée soviétique selon lequel l’énergie est produite pour être utilisée et ne prêtent que peu d’attention aux mesures d’efficacité, telles qu’une meilleure isolation des maisons.
L’énergie était bon marché à l’époque soviétique, mais ces six dernières années, les prix du gaz ont quadruplé et ceux de l’électricité ont triplé, donnant aux Lettons d’excellentes raisons économiques de se renseigner sur les mesures d’efficacité énergétique, a indiqué M. Birks.
Il a déclaré que Riga a beaucoup appris, en particulier des pays nordiques, qui ont massivement investi dans le domaine de l’efficacité énergétique. La Lettonie a utilisé ces nouvelles connaissances pour rénover une grande partie des bâtiments soviétiques très inefficaces du point de vue énergétique, a expliqué le maire.
Si l’UE, les gouvernements nationaux, les municipalités et les citoyens peuvent mettre en commun leurs ressources, l’Europe a de bonne chance de pouvoir lutter contre le changement climatique, a indiqué M. Birks. Il a en outre enjoint l’UE d’engager ses fonds structurels pour aider les Etats membres à rénover et à isoler les vieux immeubles.
Le commissaire à l’Energie, Andris Piebalgs, a indiqué que la lutte contre le changement climatique devra être menée et gagnée dans les villes, qui consomment la plupart de l’énergie européenne. C’est la raison pour laquelle l’engagement pris par les maires européens en signant le Pacte des maires donne un signal clair d’espoir, en particulier dans la période difficile que nous traversons, a-t-il conclu.
Philippe Maystadt, président de la Banque européenne d’investissement, a déclaré que les zones urbaines pourraient contribuer sensiblement à la lutte contre le changement climatique, étant donné qu’elles représentent 70 % de la consommation énergétique de l’UE. Selon lui, ces chiffres proviennent principalement des immeubles, du transport urbain et des petites entreprises. Nous sommes d’avis que les villes ont un potentiel important à la fois quant à la réduction de cette consommation et à la réalisation de grands progrès dans l’adoption de solutions favorables aux énergies renouvelables, en promouvant par exemple l’énergie solaire photovoltaïque, a-t-il relevé.
Le président de la Commission José Manuel Barroso a appelé à la réhabilitation de l’état d’esprit « penser global, agir local » en vogue dans les années 1960. Il a indiqué avoir toujours envié les maires pour le lien direct de leur mandat avec les citoyens et pour leur capacité à répondre à des défis politiques locaux. Les maires sont pour lui les mieux placés pour lutter contre le changement climatique.
Un groupe d’eurodéputés de toutes tendances politiques, dont font partie notamment Claude Turmes (verts), Fiona Hall (ADLE), Mechtild Rothe (PSE), et Anders Wijkman (PPE), a qualifié le Pacte des maires d’important pas en avant vers l’écologisation des transports européens et de la politique énergétique. Il a toutefois appelé au financement de cette initiative.
Les villes européennes ont déjà des projets en cours qui représentent plusieurs milliards d’euros, et les fonds pourraient être facilement disponibles grâce à des appels à propositions réguliers et des dates limites, a indiqué le groupe. Permettre à ces projets de voir le jour en facilitant l’accès à des prêts à faible taux d’intérêts pourrait soulager la situation de manière bien plus rapide, dans le contexte de crise actuelle, que les mesures proposées dans le plan de M. Barroso, a souligné le groupe, critiquant ainsi le plan de relance économique de la Commission.