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Les ministres résignés à un accord climatique politique à Copenhague [FR]

Publié 18 novembre 2009
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Les ministres de l’Environnement ont réalisés des progrès mardi (17 novembre) en vue d’un accord climatique a minima à Copenhague le mois prochain, alors que la pression monte sur Washington pour que les Etats-Unis s’engagent à réduire considérablement leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020.

Nous avons encore besoin d’avancer, a déclaré Yvo de Boer, directeur du secrétariat de l’ONU dédié au changement climatique, à l’occasion de la conférence de presse marquant la fin des deux jours de discussions entre 40 ministres du monde entier sur le prochain accord qui doit être adopté au Danemark entre le 7 et le 18 décembre.

Les pays industrialisés doivent davantage relever leurs objectifs et leurs engagements financiers […] Je me tourne vers les Etats-Unis pour qu’ils mettent en avant un objectif de moyen terme et qu’ils s’engagent financièrement, a-t-il dit lors devant les journalistes.

Les Etats-Unis sont le deuxième plus important émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine et la législation américaine de plafonnement du carbone est bloquée au Sénat. De nombreux pays disent que Washington devrait promettre une réduction profonde à l’horizon 2020 afin de contribuer à une issue positive à Copenhague.

Au final, un accord à Copenhague va dépendre du chiffre américain. Sans un chiffre clair et ambitieux, c’est l’accord tout entier qui sera remis en cause, a déclaré à Reuters le ministre suédois de l’Environnement Anders Carlgren, dont le pays est à la tête de la présidence tournante de l’UE.

Les ministres ont affirmé que les discussions informelles des 16 et 17 novembre, la dernière rencontre au sommet avant Copenhague, ont été une étape constructive. Mon sentiment, c’est que cela se présente mieux aujourd’hui que lorsque nous avons débuté cette rencontre, a commenté la ministre danoise du changement climatique et de l’énergie Connie Hedegaard lors de la conférence de presse suivant cette rencontre.

A cours de temps

Plusieurs ministres ont affirmé qu’il existait un large consensus sur l’idée selon laquelle le sommet déboucherait sur un accord politique contraignant concernant les questions clefs mais que le temps était trop court pour s’accorder sur un traité juridiquement contraignant cette année, comme cela était envisagé à la base.

Nous avons réalisé des progrès mais la route est encore longue, a déclaré le ministre indien de l’Environnement Jairam Ramesh. Les six mois à venir vont être beaucoup plus intensifs parce qu’il va falloir traduire cet accord politique obligatoire en traité, a-t-il ajouté.

De nombreux pays en développement se sont fortement opposés à tout retard sur un traité plein et entier, affirmant que leurs citoyens étaient les plus vulnérables aux impacts du changement climatique tels que les vagues de chaleur, les sécheresses, les feux de forêt, l’augmentation du niveau de la mer, les maladies et les extinctions d’espèce.

Le Danemark envisage un accord politique qui inclurait d’importantes réductions d’émissions par toutes les nations riches, des actons de la part des pays pauvres pour combattre le changement climatique, et des liquidités et de la technologie pour aider les pays pauvres à faire face au réchauffement planétaire.

Les ministres à Copenhague ont salué la déclaration du président américain Barack Obama qui, après un sommet en Chine, a déclaré que Copenhague devrait accoucher d’un accord ayant des conséquences opérationnelles immédiates, même si l’objectif d’un pacte juridiquement contraignant ne pouvait plus être atteint.

Mme Hedegaard a déclaré que la menaçante date limite avait aidé à faire émerger de nouveaux engagements ces dernières semaines de la part de pays comme les Etats-Unis, le Brésil, la Corée du Sud, l’Indonésie, le Mexique et la Norvège.

Le premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen, hôte du sommet, a déclaré que M. Obama avait accepté l’idée d’un accord sur les points principaux à Copenhague tout en renvoyant à plus tard un vrai traité. Selon lui, cela montre la volonté des Etats-Unis de s’engager à des objectifs de réduction clair pour 2020. Le président américain a endossé notre approche, a-t-il dit.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv.)

Contexte : 

La communauté internationale est actuellement engagée dans des négociations visant à adopter un successeur au Protocole de Kyoto, qui expire en 2012.

Un accord sur un nouveau traité devrait être conclu lors de la Conférence climatique de Copenhague en décembre, mais les négociations sont bloquées par la réticence des pays développés à s’engager sur des aides financières concrètes pour les pays en développement et par le manque d’engagement à des objectifs suffisants de réduction de CO2.

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