La surface agricole utilisable pourrait diminuer d’au moins 1,5 million d’hectares, tandis que 10,8 millions d’hectares supplémentaires ressentiraient les effets d’une montée des eaux de deux mètres, a montré la première enquête multicontinentale sur l’impact des changements climatiques sur les migrations, qui doit être présentée aujourd’hui par l’UNU-EHS et CARE International, une ONG, à Bonn.
Etayée par des preuves empiriques collectées par de nombreux chercheurs, le rapport tente de forger un consensus sur l’importance de considérer le changement climatique comme un facteur majeur de migration.
Il presse les négociateurs climatiques internationaux, rassemblés dans l’ancienne capitale allemande pour un second cycle de négociations climatiques, à prendre en compte les migrations dans les stratégies d’adaptation alors que le changement climatique va forcer un nombre toujours plus important de personnes à quitter leurs maisons, particulièrement dans les parties les plus pauvres du monde.
Les estimations du nombre de personnes déplacées en raison des changements environnementaux varient de 20 à 50 millions en 2010 à presque 700 millions en 2050.
Ce sont les pays les moins développés et les Etats insulaires qui subiront l’impact le plus important, et ce sont également ces pays qui ont le moins de ressources pour s’occuper des conséquences du réchauffement climatique, indique le rapport.
Le rapport demande que le traité climatique, qui doit être approuvé en décembre dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), mette en place des engagements contraignants pour les émetteurs historiques afin d’aider les communautés vulnérables à pouvoir survivre au climat. Cet argent devrait venir compléter tout engagement existant en matière d’aide au développement, explique t-il.
Les auteurs exhortent à prendre des investissements substantiels dans des mesures d’adaptation locales, telles que les systèmes d’irrigation économes en eau ou la gestion des catastrophes. Ils mettent en avant le fait que les personnes les plus pauvres, en particulier, connaissent un risque important de s’enfuir vers des destinations où les conditions environnementales sont tout aussi précaires.
Le rapport avertit que l’action gouvernementale pourrait ne pas toujours bénéficier aux populations, car la réimplantation a un coût parfois élevé, avec la perte des moyens de subsistance et une dégradation culturelle. Par conséquent, il note l’importance du fait d’impliquer la population locale dans la préparation de l’adaptation.
Les auteurs soulignent aussi que le changement climatique devrait être pris en compte dans les systèmes nationaux et internationaux existants qui portent sur le déplacement et la migration. Le phénomène a engendré un nouveau groupe de population qui ne correspond pas aux catégories actuelles de migration volontaire ou forcée, et qui pourraient ainsi se voir refuser la protection dont ils ont pourtant besoin.



