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2 décembre 2008
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Négociations sur le climat : l’ONU veut agir rapidement malgré les différends [FR][en][de

Publié: vendredi 22 août 2008   

La dernière session des négociations de l’ONU sur le climat a débuté hier 21 août à Accra, capitale du Ghana. Il s’agira de surmonter les différends à propos des outils dont disposent les Etats pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’accélérer les progrès dans l’optique d’un nouveau traité sur le climat d’ici la fin 2009.

Contexte:

La première réponse internationale concertée concernant le changement climatique a été lancée en 1992 lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro, qui a donné lieu à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), un traité non contraignant qui encourage les pays développés à stabiliser les émissions de gaz à effet de serre (GES). 

189 pays ont signé et ratifié la CCNUCC. La plupart des parties de la CCNUCC, à l’exception notable des Etats-Unis, ont également signé et ratifié le protocole de Kyoto de 1997, un traité juridiquement contraignant qui engage les pays signataires à procéder à des réductions spécifiques des GES, l’objectif étant d’atteindre une réduction générale de 5 % d’ici 2012 par rapport aux niveaux de 1990. 

Lors de la 13ème Conférence des parties de la CCNUCC (COP 13), organisée à Bali, en Indonésie, du 3 au 15 décembre 2007, les négociateurs sont tombés d’accord sur la nécessité de trouver un successeur au protocole de Kyoto. Ce nouveau cadre devrait être achevé au cours d’une conférence qui se tiendra à Copenhague en 2009 (EurActiv 17/12/07). 

Toutefois, le plus grand défi en vue d’un accord efficace sur le climat après 2012 sera d’inclure dans le nouveau pacte l’ensemble des principaux émetteurs de gaz à effet de serre, notamment les Etats-Unis ainsi que les économies émergentes comme la Chine et l’Inde.

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« Il nous reste peu de temps devant nous », a déclaré Yvo de Boer, responsable de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). « Le temps presse, l'heure tourne », a-t-il affirmé à l’ouverture de la réunion de six jours qui rassemble plus de mille délégués provenant de 160 pays différents.

Peu de progrès jusqu’à maintenant

Cette conférence de l’ONU sur le changement climatique est la troisième depuis celle de Bali, au cours de laquelle les nations s’étaient engagées à adopter un pacte sur le climat d’ici décembre 2009. 

Mais les progrès enregistrés lors des deux dernières réunions, à Bangkok  et à Bonn, sont lents. Les observateurs craignent que les différends entre les nations développées et émergentes, les incertitudes quant à la politique climatique américaine au terme de la présidence de M. Bush, le ralentissement économique ainsi que le récent échec des négociations sur le commerce mondial à l’OMC n’entravent des engagements fermes de la part des délégués participant aux négociations d’Accra. 

Des négociations difficiles

A Accra, les experts devraient s’efforcer de parvenir à un accord sur les règles et les outils dont les nations développées disposent pour atteindre leurs objectifs de réduction des émissions, a expliqué M. de Boer.

La proposition japonaise d’introduire des objectifs sectoriels figure au nombre des mécanismes envisagés. Dans le cadre de cette approche ascendante, chaque secteur industriel, par exemple la métallurgie ou l’énergie, serait soumis à un objectif particulier de réduction des émissions selon ses spécificités et ses caractéristiques. 

Toutefois, les pays en développement se méfient de ce type d’approches. Ils craignent en effet que les pays développés n’utilisent des points de référence sectoriels, tels que la quantité d’énergie nécessaire pour produire une tonne de ciment, avec l’intention de bloquer efficacement les marchandises issues des industries moins efficaces des pays en développement. Le délégué indien Ajay Mathur a déclaré qu’il n’était absolument pas à l’aise avec le type d’approches en discussion.

Une récompense pour les pays qui s’attaquent à la déforestation

Les délégués exploreront aussi des nouveaux mécanismes qui pourraient être mis en place pour tenter d’obtenir la coopération des pays en développement en offrant des crédits d’émissions de CO2 aux pays qui mettent fin à la déforestation. C’est ainsi que les forêts pourraient être incluses dans le marché du carbone. 

Les arbres, qui emmagasinent du CO2 au fur et à mesure de leur développement, le rejettent en brûlant. En freinant la déforestation tropicale, on pourrait réduire les gaz à effet de serre générés par l’homme jusqu’à 20 %. Les écologistes ont toutefois mis en garde contre l’effet inverse que pourrait avoir ce genre de propositions.

La forêt menacée

Le Réseau international des amis de la Terre, une ONG écologiste, a averti que l’inclusion des forêts au marché du carbone n’est qu’un nouveau leurre déployé par les pays développés pour éviter d’entreprendre de véritables réductions d’émissions de CO2 sur leur territoire. En effet, un tel projet leur permettrait d’acheter de grandes étendues de forêts et d’acquérir ainsi des crédits d’émissions de CO2 qu’ils pourraient utiliser dans le cadre de leurs propres objectifs de réduction d’émissions. C’est ce que l’ONG a fait savoir dans un communiqué publié avant la réunion d’Accra.

L’organisation craint également qu’en augmentant ainsi la valeur des forêts, on n’entraîne une brusque progression des violations du droit foncier en raison de l’expansion rapide du contrôle des Etats et/ou des sociétés sur les forêts sans égard aux droits coutumiers ou territoriaux des peuples autochtones et des autres communautés qui dépendent de la forêt.

L’ONG indique que les négociations devraient plutôt se concentrer sur les causes de la déforestation, notamment l’accroissement de la consommation de biocarburants, de viande et de bois.

Se préparer pour Poznan

La prochaine réunion importante sur le climat, programmée pour décembre 2008, se tiendra à Poznan (Pologne). Les Nations Unies espèrent que les négociations sur les outils aboutiront afin de permettre aux délégués d’entamer concrètement les discussions sur les objectifs de réduction des émissions. Dans un communiqué, les responsables de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ont indiqué que les négociations au sujet des moyens dont pourraient disposer les parties de l’annexe I pour atteindre leurs objectifs de réduction d’émissions devraient aboutir à Accra. Pour les parties, cela constituerait une base de travail en vue d’amorcer les négociations sur les niveaux de réduction des émissions à Poznan en décembre.

Toutefois, Yvo de Boer a indiqué au journal The Times of India qu’il serait difficile de décrocher en Pologne un accord concernant les objectifs à moyen terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il a également souligné la difficulté de négocier les objectifs nationaux avant l’investiture du prochain président américain.

Prochaines étapes:

  • 21-27 août 2008 : réunion sur le climat au Ghana portant sur les approches sectorielles et sur la déforestation. 
  • 1er-12 déc. 2008 : réunion sur le climat à Poznan (Pologne) pour débattre des objectifs de réduction des émissions à long terme. 
  • Déc. 2009 : conférence sur le climat à Copenhague (COP 15) ; conclusion prévue des négociations sur le climat de l’ONU concernant le cadre à adopter après 2012. 
  • Fin 2012 : délai pour la ratification du nouvel accord sur le climat.

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