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Vers un objectif de réduction des émissions de 95 % ? [FR]

Publié 29 octobre 2009
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climate change
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L’Europe va tenter de réaffirmer son leadership mondial en matière de changement climatique lors du sommet de deux jours qui doit commencer aujourd’hui à Bruxelles (29-30 octobre), avec des dirigeants prêts à soutenir des réductions d’émissions d’au moins 80 %-95 % pour les pays développés d’ici 2050, selon un projet de déclaration obtenu par EurActiv.

Cet engagement de l’UE s’inscrit dans le cadre des négociations internationales sur le changement climatique qui doivent avoir lieu à Copenhague le mois prochain, mais il ne deviendra réalité que si les autres pays développés promettent de faire la même chose.

L’Union européenne est à la pointe des efforts pour combattre le changement climatique, affirme le projet de déclaration du sommet. Nous soutenons l’objectif européen de réduire les émissions de 80 à 95 % d’ici 2050 par rapport aux niveaux de 1990, explique ce document.

L’an dernier, l’Union européenne s’était engagée à réduire ses émissions de 20 % de manière unilatérale en 2020, quelque soit les engagements des autres pays.

Cette semaine, les dirigeants européens vont réitérer leur promesse d’augmenter cet objectif à 30 %, à la condition que les autres pays développés s’engagent à des réductions d’émissions similaires et que les économies émergentes comme la Chine et l’Inde contribuent de manière adéquate à ce combat, en fonction de leurs niveaux d’émissions et de leurs capacités à les réduire.

L’engagement de l’UE de relever son objectif à 30 % dépend entièrement de la volonté des autres pays de s’engager au même niveau, a souligné un diplomate européen juste avant la rencontre au sommet.

Le leadership de l’UE en matière climatique, un canular ?

Cependant, le leadership autoproclamé de l’UE en matière de changement climatique est remis en cause par Sandbag, un groupe militant britannique, qui a expliqué que l’objectif de 2020 était pour l’essentiel du bidon. Loin de mener le monde avec des objectifs de réduction ambitieux, l’UE se cache derrière une comptabilité plus habile et s’engage en fait à faire très peu, a déclaré le groupe.

Selon Sandbag, cela s’explique par le fait que les réductions d’émissions en Europe jusqu’à aujourd’hui viennent essentiellement de circonstances macroéconomiques sans aucun rapport avec les prétendus efforts de l’UE, notamment la désindustrialisation post-communiste des pays de l’Europe de l’Est au début des années 1990. Utiliser le niveau de référence de 1990 pour réduire les émissions fait paraître les efforts de l’UE injustement positifs comparé à d’autres parties du monde, a expliqué le groupe.

Lorsqu’on la replace dans ce contexte, l’offre conditionnelle de l’UE de réduire de 30 % ses émissions d’ici 2020 représente en réalité une réduction de seulement 10 % par rapport à 1990 ; et la moitié des efforts à fournir pour satisfaire à l’objectif de 20 % devrait être assurée par l’achat de permis à polluer à l’étranger, ce qui au final représentera une réduction domestique de seulement 10 % sur une décennie.

Impasse sur l’aide climatique

De plus, les dirigeants européens devraient échouer à parvenir à un accord sur les financements pour aider les nations en développement à adopter une énergie propre (EurActiv 27/10/09).

La plus importante controverse politique est la suivante : doit-on ou non rendre public des chiffres avant Copenhague ?, a déclaré un diplomate européen.

La Commission européenne a suggéré que les nations développées pourraient contribuer à hauteur de 20 à 50 milliards par an d’ici 2020. Ces estimations correspondent au niveau global de soutien public international et devrait être sujet à un partage équilibré de la charge au niveau mondial, affirme les conclusions du sommet européen.

Toutefois, certains Etats membres appellent à des engagements plus spécifiques, le Royaume-Uni affirmant que la fourchette devrait être rétrécie entre 30-40 milliards d’euros, a déclaré un diplomate. Le Danemark et les Pays-Bas veulent également des chiffres clairs.

Au contraire, l’Allemagne pousse fortement pour que l’on ne s’accorde pas sur des chiffres spécifiques avant la rencontre de Copenhague. Pendant ce temps, la Pologne et d’autres pays d’Europe Centrale et de l’Est sont absolument opposés à ce que l’UE mette sur la table un chiffre sans savoir auparavant comment sera partagée la charge au niveau interne européen. Leur inquiétude est qu’il pourrait avoir à payer plus que ce qu’ils ne peuvent se permettre (EurActiv 21/10/09).

Sarkozy à la rescousse ?

Les diplomates disent qu’ils surveillent désormais étroitement quelle sera la position française : va-t-elle soutenir le Royaume-Uni ou l’Allemagne ? M. Sarkozy est considéré comme un acteur clef, mais rien n’est encore sûr quant à la direction qu’il entend prendre, a déclaré le diplomate.

Prochaines étapes : 
  • 29-30 oct. : Sommet de l'UE à Bruxelles. 
  • 2-7 nov. : Négociations de l'ONU à Barcelone. 
  • 7-18 déc. : Conférence climatique de l'ONU à Copenhague.
Contexte : 

La communauté mondiale est actuellement en cours de négociations pour trouver un successeur au Protocole de Kyoto, qui expire en 2012.

Le dernier cycle de négociations climatiques des Nations Unies à Bangkok s’est soldé par de légers progrès, laissant les négociateurs se préparant pour le sommet de Copenhague en décembre dans l’expectative quant aux détails de l’accord à venir (EurActiv 13/10/09).

L’an dernier, l’UE s’est engagée à réduire ses propres émissions de 20 % de manière unilatérale d’ici 2020, sans prendre en compte les engagements des autres pays.

L’objectif sera relevé à 30 % dans l’hypothèse où les autres pays développés comme les Etats-Unis acceptent des réductions similaires et que les économies émergentes comme la Chine et l’Inde réduisent leurs propres émissions de 15-30 % en dessous des niveaux habituels à la même date (EurActiv 29/01/09)

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