D’après un communiqué de presse de l’OCDE suite à la réunion, les ministres ont convenu que se diriger vers une société à faibles émissions de carbone exigera des changements structurels importants dans l’économie. Ils ont également reconnu que cette approche peut créer des opportunités mais également des défis en terme de compétitivité (bien que souvent surestimés), pour les industries, les secteurs et les travailleurs particuliers.
Cependant, l’OCDE déclare que les effets de la compétitivité et le risque de la « fuite de carbone » peuvent être gérés, notamment dans un contexte d’intense coopération internationale et d’approches communes.
Un certain nombre d’industries européennes s’inquiètent des effets de la concurrence croissante en provenance de pays qui n’adhèrent pas à une structure mondiale visant à réduire les émissions de CO2, comme un système d’échange de quotas d’émissions similaire à celui mis en place dans l’UE depuis 2005 (ETS). Ils ont prévenu les législateurs européens de la menace de la « fuite de carbone », par laquelle les entreprises européennes délocaliseraient leurs activités et leurs emplois (et donc les émissions) à l’extérieur des frontières européennes afin d’éviter d’être exposée à la concurrence d’entreprises qui subissent beaucoup moins de contraintes en matière de carbone.
En réponse, Bruxelles a assuré au secteur industriel que l’UE mettrait en place des mesures visant à empêcher la fuite de carbone, par exemple une « taxe carbone » sur les importations ou des permis d’émissions gratuits afin de sélectionner les industries européennes en l’absence d’un accord international sur la réduction du CO2 (EurActiv 23/01/08).
Selon l’OCDE, les soi-disant accords sectoriels entre les industries de différents pays peuvent également constituer une alternative à la participation dans le marché du carbone. Cependant, d’après la déclaration, certains ministres n’étaient pas sûrs de l’efficacité de ces approches.
Les accords sectoriels, stimulés par les investissements et les transferts sur les technologies propres, sont soutenus par les Etats-Unis et le Japon. L’UE, en revanche, fait pression pour mettre en place un marché mondial du carbone dans le cadre des négociations internationales actuelles sur le changement climatique, lancées à Bali en décembre dernier. Cependant, des signes montrent que Bruxelles pourrait adoucir sa position sur la question suite au récent sommet UE-Japon (EurActiv 24/04/08).
L’OCDE déclare qu’une « cascade de responsabilités » pourrait être une option afin de créer un consensus à un niveau international sur un accord pour succéder au protocole de Kyoto qui expire en 2012.
L’organisation ajoute que les ministres envisagent une large gamme de composants, comme une vision commune sur un objectif à long terme ; des objectifs à moyen terme contraignants pour les pays développés ; un soutien quantifiable, vérifiable et à signaler concernant le financement du transfert de technologie ; et des réductions vérifiables inférieur au niveau de référence dans les pays en développement.
D’autres négociations de haut niveau concernant un accord sur le changement climatique après 2012 devraient avoir lieu pendant le sommet du G8 le 6 juin au Japon.



