Les pays en développement volent la vedette lors des négociations climatique de l’ONU [FR] [en] [de]

Publié: 12 December 2008 | Updated: 29 January 2010
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Alors que le sens de l’urgence ne fait qu’augmenter lors des négociations climatiques en cours à Poznań, les pays en développement donnent le ton pour des mesures audacieuses de réduction des émissions, volant ainsi la vedette aux dirigeants européens, qui s’efforcent de finaliser à Bruxelles le paquet climatique ambitieux de l’UE.

Background

La conférence sur la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui a lieu à Poznań du 1er au 12 décembre, représente une étape à mi-parcours dans les négociations internationales – lancées à Bali en décembre 2007 et qui doivent se conclure à Copenhague en décembre 2009 – dans le processus visant à conclure un accord qui succédera au protocole de Kyoto expirant en 2012. 

Les ministres devraient rédiger un texte lors de la rencontre, qui devrait être accompagné d’un programme détaillé, fournissant le fondement pour des négociations détaillées qui visent à préparer un accord international au cours de la conférence de Copenhague l’hiver prochain. 

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Malgré les preuves scientifiques de plus en plus nombreuses soulignant le besoin d’agir immédiatement, plus d’une centaine de ministres de l’Environnement rassemblés à Poznań en Pologne ont éprouvé des difficultés à trouver un terrain d’entente pour définir un projet de nouveau traité climatique qui remplacera le protocole de Kyoto.  

Certains ont utilisé la crise économique et financière pour ralentir les négociations, alors que d’autres ont préféré ne pas agir jusqu’à ce que les Etats-Unis, qui n’ont jamais ratifié le protocole de Kyoto, fassent des engagements clairs pour réduire leur empreinte écologique qui ne cesse d’augmenter. 

Au cours des deux dernières semaines, les économies mondiales émergentes ont fait preuve d’un leadership impressionnant en présentant de vastes plans. 

Dans un élan pour susciter une mesure collective internationale, le Mexique a annoncé hier 11 décembre un plan visant à réduire de moitié d’ici à 2050 les niveaux de 2002 d’émissions de gaz à effet de serre, un objectif désormais possible par le biais d’engagements volontaires et contraignants pour améliorer l’efficacité énergétique de l’industrie lourde, en particulier celle des secteurs du ciment et du pétrole. 

S’exprimant à Poznań, le secrétaire d’Etat mexicain à l’Environnement Juan Rafael Elvira a indiqué que l’objectif de son pays d’utiliser de l’énergie solaire, des technologies éoliennes et d’autres technologies propres pourrait être atteint uniquement si les nations riche fournissent de l’aide financière et technologique. 

La semaine dernière, le Brésil a promis de réduire son taux annuel de déforestation de 70 % d’ici à 2017, ce qui pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre du pays de 30 à 45 % au cours des dix prochaines années. 

La Corée du Sud a affirmé qu’elle annoncerait un plafond d’émissions l’année prochaine. L’Afrique du Sud a approuvé un plan destiné à stabiliser ses émissions de gaz à effet de serre entre 2020 et 2025, avant de les réduire entre 2030 et 2035. L’Inde a présenté un plan national visant à stimuler la production d’énergie solaire. L’Angola, le Pakistan et le Nigeria développeraient actuellement leurs propres mesures de réduction qui pourrait être mises en œuvre avec un soutien mesurable et vérifiable. 

Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, qui organise les négociations, a rappelé qu’un des éléments qui a entravé ce processus par le passé est l’impression que les pays en développement ne font rien pour remédier au changement climatique. Or il a reconnu que rien n’aurait pu être plus éloigné de la vérité. 

Pendant ce temps, les Etats-Unis ont eux aussi envoyé des signaux positifs. Hier 11 décembre, la Californie a approuvé un plan destiné à mettre en œuvre une loi obligeant l’Etat à réduire sensiblement ses émissions de CO2, créant un précédent pour les mesures nationales et internationales. Le Global Warming Solution Act est le premier effort d’un Etat en vue de plafonner les émissions aux niveau de 1990 d’ici 2020 (environ 30 % par rapport à la normale).

Sept Etat de l’Ouest (Arizona, Californie, Montana, Nouveau Mexique, Oregon, Washington et Utah) ainsi que quatre provinces canadiennes (Colombie-Britannique, Manitoba, Québec et Ontario) ont suivi l’exemple californien en s’engageant à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de la Western Climate Initiative 
Lundi prochain, l’Australie dévoilera elle aussi un plan sur la réduction des émissions, selon des rapports.

Il y a une poussée pour la croissance et les investissements écologiques afin de prévenir l’avènement d’une prochaine crise économique, a déclaré M. de Boer. Un accord climatique autofinancé, utilisant les ressources engendrées par les régulations climatiques, par exemple par le biais de taxes sur le commerce des émissions ou de mise aux enchères des permis d’émissions, peut appuyer cette croissance verte, a-t-il ajouté.

Les délégués sont convaincus de la possibilité de décrocher un accord final en décembre prochain à Copenhague à condition que les objectifs soient compensés par un accès aux financements et aux transferts de technologies. Sinon, cela sera simplement des paroles en l’air, a indiqué un délégué. 

Next Steps

  • 1-12 déc. 2008 : la rencontre internationale sur le climat à Poznań en Pologne se penche sur les objectifs d’émission à long terme. 
  • Du 29 mars au 8 avril 2009 : négociations climatiques à Bonn en Allemagne.
  • 1-12 juin 2009 : 30e session des organes subsidiaires de la CCNUCC à Bonn en Allemagne. 
  • Du 31 août au 4 sept. 2009 : conférence mondiale sur le climat.
  • Déc. 2009 : la conférence de l’ONU à Copenhague doit finaliser l’accord climatique post-Kyoto.
  • Fin 2012 : délai pour la ratification du nouvel accord climatique.