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Les pays pauvres font pression pour un « nouvel ordre du monde » à Copenhague [FR]

Publié 17 décembre 2009
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climate change
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Les pays en développement et pays émergents ont tenté de créer un « nouvel ordre du monde » dans lequel les nations occidentales industrialisées ne sont plus dominantes, ce qui menace de saboter l'accord sur le changement climatique à Copenhague, ont prévenu les représentants de l'UE. Un reportage d'EurActiv depuis la capitale danoise.

Alors que plus de 130 dirigeants du monde arrivent à Copenhague pour les deux derniers jours de la conférence sur le climat des Nations unies -le président des États-Unis Barack Obama devrait arriver demain (18 décembre)- les négociateurs ont averti que le risque d'échec n'avait jamais aussi élevé.

Les négociations finales vont être tendues et ardues, a dit le premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen, qui préside la conférence depuis que le ministre du Climat Connie Hedegaard a quitté son rôle de dynamisation des négociations.

« Un nouvel ordre mondial »

Jo Leinen, qui dirige la délégation du Parlement européen à Copenhague, a dit à EurActiv que la conférence avait souffert de la méfiance entre les nations riches et pauvres en ce qui concerne les objectifs de réduction d'émissions et l'aide aux pays en développement (EurActiv 16/12/09  ). 

L'interprétation de M. Leinen de l'état actuel des choses est que les pays en développement ont essayé d'utiliser la conférence comme un moyen de créer un nouvel ordre mondial dans lequel les pays industrialisés ne domineraient plus.

Je pense que nous entamons un nouvel ordre mondial, a dit l'eurodéputé. Mais il a prévenu que ce serait dommage de sacrifier la conférence climatique pour règler des problèmes de gouvernance mondiale qui n'ont pas été résolus.

Le premier ministre britannique Gordon Brown a rebondi sur les inquiétudes de M. Leinen, en déclarant mercredi (16 décembre) que les négociateurs étaient prêts à renforcer le combat pour 

combler le fossé des négociations. Si nous ne parvenons pas à un accord cette semaine, les gens vont douter de notre capacité à trouver un accord un jour, a dit M. Brown à la BBC.

Le division "riches/pauvres"

Les tensions ont eu tendance à se focaliser sur les objectifs de réduction des émissions pour les pays industrialisés.

Lundi, le bloc Chine-G77, qui englobe 130 pays en développement et émergents, a suspendu les discussions pendant quelques heures pour protester contre l'accueil du gouvernement danois qui, selon eux, favorisait les intérêts des pays développés. 

L'UE attend l'engagement ferme des autres nations développées sur les objectifs de réduction d'émissions dans le but d'élever ses propres objectifs de réduction des gaz à effet de serre de 20 à 30% d'ici 2020.

Mais Jo Leinen, le négociateur du Parlement européen, a prévenu qu'il s'agirait d'une décision de dernière minute qui semble peu probable à l'heure actuelle étant donné le manque d'engagement de la part des autres pays.

Mettre fin à Kyoto?

Le groupe des 77 et la Chine ont mis en garde hier contre les tentatives de démantèlement du protocole de Kyoto, qui contraint environ 40 nations riches à limiter ses émissions de carbone.

Les Etats-Unis en particulier n'ont jamais ratifié Kyoto car ils craignent pour leur économie.

Mais les pays en développement veulent que les nations riches se tiennent à leur obligations qui découlent de Kyoto, et signent un deuxième tour d'engagements plus forts à partir de 2013.

Nous avons vu que les pays développés qui ont signé le protocole de Kyoto cherchent à le démanteler, a affirmé NafieAli Nafie qui préside la délégation soudanaise, et s'est exprimé au nom du G77 et de la Chine lors de la session la phase haute des négociations.

Les pays industrialisés sont favorables à un engagement unique bien plus faible que le protocole qui minimiserait et réinterprèterait la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et le protocole de Kyoto, a dit M. Nafie.

Il ajouté que les pays développés avaient l'intention de saboter les principes d'équité, de responsabilités communes mais différenciées, et des capacités respectives en rejetant le protocole de Kyoto.

Les négociations pour étendre le protocole ont bloqué, a prévenu le ministre de l'Environnement indien Jairam Ramesh mercredi. Il a dit que de nombreux pays développés étaient farouchement opposés au protocole, et certains d'entre eux veulent un nouvel accord qui oblige toutes les nations à combattre le réchauffement planétaire. Nous voyons le protocole de Kyoto comme un soin intensif, s'il ne meure pas, a dit M. Ramesh aux journalistes.

Une approche à deux voies 

Cependant, les pays en développement souhaitent maintenir Kyoto comme un élément essentiel des négociations. Le G77 veut mettre en avant le besoin de maintenir un résultat à deux voies dans lequel Kyoto est un instrument indispensable a dit M. Nafie.

Le mécanisme de négociation à deux voies a été établi par le plan d'action de Bali, adopté il y a deux ans. D'après le plan d'action, les pays développés devraient présenter des objectifs de réduction d'émission pour la seconde période en vertu du protocole de Kyoto après la fin de la première période qui expire en 2012, et discuter de la façon d'aider les pays en développement pour accomplir des progrès en matière d'atténuation et adaptation selon la CCNUCC.

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Réactions : 

Jo Leinen MEP, head of the European Parliament's delegation in Copenhagen, told EurActiv that what he had seen so far "is not very encouraging". He said he was still hoping that the US, Russia, Canada and Australia would up their offers.

"Without a deal on reduction targets, then probably in this conference there will not be a deal on long-term financing," Leinen said. He warned that the question of financing now seemed to be pushed back until after Copenhagen, which would signal a failure for the conference.

European Commission President José Manuel Barroso was still confident that an ambitious deal with targets "is within our grasp". "If, as I hope, everybody is now ready to overcome the procedural obstacles, I believe we now have a basis for a real negotiation in the closing days towards a meaningful and ambitious deal, which we must transform into a binding legal agreement next year," he told the high-level segment in Copenhagen yesterday.

Back from Copenhagen, MEP Lena Ek (Sweden, ALDE) stressed the need for action from all sides. "To reach a deal we need three things above all: China must start reporting; America must start financing; and the EU must be committing to a 30% cut in emissions by 2020. No muss, no fuss - just real action now," she said.

Green MEP Rebecca Harms (Germany) urged European leaders to realise that there is no longer any time to waste. "Reports that EU is preparing to abandon its 30% reduction target by 2020 are extremely worrying at such a crucial stage in the negotiations. The EU has waved this promise under the noses of all other negotiating parties for two years: to revoke it now could jeopardise the talks irreparably. The EU presidency must drop any draft 'back-up' plan that would abandon former promises," she said.

WWF, the global conservation organisation, warned that there was little substance in the texts that are to be presented to heads of states upon their arrival. "In many ways the final sessions have produced more disagreement rather than less on key issues as national negotiators dig in," said Kim Carstensen, leader of WWF's global deal. "As the really hard decisions go forward to higher levels, it becomes more likely we will end up with high words on principal and less likely we will get detailed words that will work in tackling climate change."

Oxfam, the development NGO, called on developed countries to deliver financing, reminding them that poor countries are ready to act on their side. "Like court magicians rich country negotiators are conjuring up a deal for their political masters which provides the illusion of action but delivers next to nothing of substance. Poor countries will not be fooled by spin – as they have already made clear they will not sign a suicide pact in Copenhagen," said Jeremy Hobbs, executive director of Oxfam International.

Contexte : 

Alors que la conférence de Copenhague entre dans sa phase finale, les pays riches et les pays pauvres sont toujours divisés sur un nouvel accord international pour combattre le changement climatique.

Les pays développés appellent les nations industrialisées à renforcer leurs engagements de réduction des gaz à effet de serre de 25 à 40 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2020. Comme on peut le prévoir, ils demandent également des financements pour les aider à s’adapter aux effets préjudiciables du changement climatique et pour s’embarquer vers une solution pauvre en carbone.

Les nations riches telles que les Etats-Unis, d’autre part, trouvent difficile de s’accorder sur les objectifs ambitieux de mi-terme pour 2020. Quant à l’UE, elle accepte d’élever son offre seulement si les autres pays développés s’engagent de manière similaire à réduire leurs émissions de 20 % d’ici 2020.

Concernant l’aide aux pays en développement, les progrès ont été médiocres. Malgré l’engagement de l’UE de procurer une aide de 7,2 milliards d’euros aux pays pauvres, la rencontre des ministres de l’Environnement tout au long de la semaine n’a pas permis de sortir de l’impasse (EurActiv 11/12/09).

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