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2 décembre 2008
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Des problèmes de financement frappent les technologies écologiques européennes [FR][en][de

Publié: mercredi 27 février 2008   

Des discussions entre les responsables politiques de l'UE et les parties prenantes du secteur de l'énergie révèlent de profondes divergences sur la manière de financer les technologies coûteuses de capture du CO2 et d'autres technologies vertes.

Contexte:

Ces technologies sont considérées comme essentielles pour les efforts de l’UE dans la lutte contre le changement climatique. Le 22 novembre 2007, la Commission a présenté son plan SET (Strategic Energy Technology plan), ainsi qu’une feuille de route pour les technologies, conçue pour stimuler le développement de technologies propres dans l’UE (EurActiv 23/11/07). 

La Commission a également présenté une communication sur les marchés pilotes, identifiant six domaines prioritaires, dont les énergies renouvelables et la construction durable (EurActiv 10/01/08).

Une communication sur le financement du plan SET est prévue avant fin 2008. 

A lire aussi:

Autres articles:

  • Manque de ressources financières

Le 21 février, le commissaire européen à l’Energie, Andris Piebalgs, aurait déclaré à un groupe de représentants de 14 grandes entreprises du secteur énergétique que, jusqu’en 2013 voire au-delà, « il n’y a pas d’argent » dans le budget européen pour soutenir les projets de capture et de stockage du carbone (CSC). 

La technologie CSC est considérée comme indispensable à la réduction des émissions de CO2 lors du processus de production d’électricité dans les centrales à charbon. Mais cette technologie est très chère et les autorités publiques et le secteur privé sont réticents à apporter les fonds nécessaires pour lancer la commercialisation de la CSC.

En 2007, la Banque européenne d’investissement (BEI) a investi 8,2 milliards d’euros dans les technologies écologiques et Citigroup devrait injecter 50 milliards d’euros dans les énergies propres au cours des cinq prochaines années. 

Mais l’ensemble des investissements et les flux de capital risque de l’Europe dans le secteur ont régulièrement chuté depuis les années 1980 pour ne représenter aujourd’hui qu’un tiers de l’effort américain, selon les chiffres présentés lors de la session de clôture de l’European Business Summit (EBSexternal ) les 21 et 22 février à Bruxelles. 

Le secteur de l’énergie n’investit pas, affirme Glyn Evans, de la direction générale Transport et énergie de la Commission, un des participants au débat sur la question le 26 février lors d’une conférence external à Bruxelles.

  • Tarification du carbone

La plupart des experts conviennent que le bon indice de prix pour le carbone encouragerait le secteur privé à injecter davantage de fonds dans des technologies plus chères à faible intensité de carbone, en particulier si le CO2 non émis peut être crédité aux entreprises et vendu à un prix élevé sur le marché européen, voire mondial, du carbone.

Bruxelles a réagi en procédant à la révision des règles pour la période d’échange 2007-2013 du système européen d’échange de quotas d’émissions (système européen ETS) afin de permettre de vendre du CO2 capturé grâce à la technologie CSC, sous la forme de permis d’émissions (EurActiv 16/11/07). 

Cependant, construire des centrales équipées de CSC ne sera rentable que si le prix par tonne de CO2 augmente sensiblement de 40 à 50 euros, selon Neil Eckert de l’entreprise d’échange de carbone Climate Change. Actuellement, le prix du CO2 oscille autour de la barre des 20 euros, d’après les derniers chiffres cités par le commissaire européen à l’Environnement lors de l’EBS.

  • Recettes issues de la vente aux enchères du système ETS

La Commission a émis l’idée de récupérer un certain pourcentage des recettes obtenues par la vente aux enchères des permis de CO2 dans le cadre du système européen ETS afin de transférer ces sommes vers un fonds en faveur des technologies propres.

Mais Peter Vis, du cabinet du commissaire européen à l’énergie Andris Piebalgs, estime que c’est une question délicate pour les Etats membres, qui ne souhaitent pas que Bruxelles fixe des « crédits », ou des obligations basées sur des pourcentages, sur la façon dont les recettes de la vente aux enchères devraient être dépensées (lire EurActiv 11/02/08). 

Les Etats membres sont également opposés à tout calendrier et tout objectif spécifique concernant un fonds d’engagement au plan SET, selon M. Evans.

Les ministres de l’Energie se rendront à Bruxelles le 28 février pour discuter du plan SET lors d’une réunion du Conseil Energie. Hormis les questions financières, les ministres devraient aborder la stratégie d’ensemble du plan.

Des sources du Conseil laissent entendre que l’Autriche, par exemple, est opposée à l’introduction de la fission nucléaire comme l’une des priorités du plan SET.

Positions:

Hans van der Loo, responsable du bureau européen de liaison de Royal Dutch Shell à Bruxelles, affirme que les efforts de lutte contre le changement climatique seront vains sans la CSC. Mais M. van der Loo, qui a abordé la question lors d’une conférence à Bruxelles le 26 février, estime que les entreprises comme Shell ne doivent pas être les seules à payer la note pour des technologies onéreuses qui profitent au bien public. A l’instar de grandes entreprises énergétiques, Shell appelle les autorités publiques européennes et nationales à aider les entreprises à couvrir les coûts initiaux pour la CSC, jusqu’à ce que cette technologie soit commercialement viable. 

Cependant, la Commission a été claire sur le fait que la contribution des fonds européens dans ce domaine ne peut être que limitée et que les Etats membres devraient faire plus. Matthias Ruete, directeur général de la Direction Energie et transport à la Commission européenne, a déclaré lors d’un entretien  à EurActiv : « Franchement, nous n’avons pas suffisamment d’argent provenant du budget communautaire. Nous devons donc voir si les Etats membres investissent réellement dans les domaines où ils l’ont promis, et voir comment nous pouvons créer les réseaux appropriés au niveau européen afin de donner un coup de pouce aux projets de démonstration de CSC, ce qui leur permettra d’être des projets d’intérêt européen ». 

Pour Jérôme Guillet, directeur des projets énergiques chez Dexia, l’initiative séparée de la Commission pour poursuivre la libéralisation des marchés énergétiques (voir notre LinksDossier) est totalement incompatible avec la quête de l’UE vers des financements en faveur de technologies écologiques, capables de réduire les émissions de CO2 et d’assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’UE. La libéralisation incite l’UE à investir dans des énergies plus traditionnelles et émettant plus de carbone, comme le gaz, le charbon et le pétrole, car le capital privé souhaite un retour sur investissement rapide, d’après M. Guillet, pour qui les politiques européennes devraient se concentrer sur la diminution de la demande en énergie, plutôt que sur les questions techniques, comme les structures de propriété dans les marchés énergétiques. 

Andrew Warren, conseiller chez EuroACE, l’Alliance européenne des entreprises pour l’efficacité énergétique dans les bâtiments, plaide également pour un accent accru sur la réduction de la demande, plutôt que sur la recherche de financement pour des technologies onéreuses. D’après lui, presque toutes les modernisations dans le secteur de la construction et des bâtiments, qui représente près de 45 % des émissions totales de CO2 de l’UE, sont rentables. 

Prochaines étapes:

  • 28 Fév. : conclusions du Conseil Energie sur le plan SET. 
  • Nov. 2008 : communication de la Commission sur le financement du plan SET. 

Liens

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    Environment Council
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