- Manque de ressources financières
Le 21 février, le commissaire européen à l’Energie, Andris Piebalgs, aurait déclaré à un groupe de représentants de 14 grandes entreprises du secteur énergétique que, jusqu’en 2013 voire au-delà, « il n’y a pas d’argent » dans le budget européen pour soutenir les projets de capture et de stockage du carbone (CSC).
La technologie CSC est considérée comme indispensable à la réduction des émissions de CO2 lors du processus de production d’électricité dans les centrales à charbon. Mais cette technologie est très chère et les autorités publiques et le secteur privé sont réticents à apporter les fonds nécessaires pour lancer la commercialisation de la CSC.
En 2007, la Banque européenne d’investissement (BEI) a investi 8,2 milliards d’euros dans les technologies écologiques et Citigroup devrait injecter 50 milliards d’euros dans les énergies propres au cours des cinq prochaines années.
Mais l’ensemble des investissements et les flux de capital risque de l’Europe dans le secteur ont régulièrement chuté depuis les années 1980 pour ne représenter aujourd’hui qu’un tiers de l’effort américain, selon les chiffres présentés lors de la session de clôture de l’European Business Summit (EBS) les 21 et 22 février à Bruxelles.
Le secteur de l’énergie n’investit pas, affirme Glyn Evans, de la direction générale Transport et énergie de la Commission, un des participants au débat sur la question le 26 février lors d’une conférence à Bruxelles.
- Tarification du carbone
La plupart des experts conviennent que le bon indice de prix pour le carbone encouragerait le secteur privé à injecter davantage de fonds dans des technologies plus chères à faible intensité de carbone, en particulier si le CO2 non émis peut être crédité aux entreprises et vendu à un prix élevé sur le marché européen, voire mondial, du carbone.
Bruxelles a réagi en procédant à la révision des règles pour la période d’échange 2007-2013 du système européen d’échange de quotas d’émissions (système européen ETS) afin de permettre de vendre du CO2 capturé grâce à la technologie CSC, sous la forme de permis d’émissions (EurActiv 16/11/07).
Cependant, construire des centrales équipées de CSC ne sera rentable que si le prix par tonne de CO2 augmente sensiblement de 40 à 50 euros, selon Neil Eckert de l’entreprise d’échange de carbone Climate Change. Actuellement, le prix du CO2 oscille autour de la barre des 20 euros, d’après les derniers chiffres cités par le commissaire européen à l’Environnement lors de l’EBS.
- Recettes issues de la vente aux enchères du système ETS
La Commission a émis l’idée de récupérer un certain pourcentage des recettes obtenues par la vente aux enchères des permis de CO2 dans le cadre du système européen ETS afin de transférer ces sommes vers un fonds en faveur des technologies propres.
Mais Peter Vis, du cabinet du commissaire européen à l’énergie Andris Piebalgs, estime que c’est une question délicate pour les Etats membres, qui ne souhaitent pas que Bruxelles fixe des « crédits », ou des obligations basées sur des pourcentages, sur la façon dont les recettes de la vente aux enchères devraient être dépensées (lire EurActiv 11/02/08).
Les Etats membres sont également opposés à tout calendrier et tout objectif spécifique concernant un fonds d’engagement au plan SET, selon M. Evans.
Les ministres de l’Energie se rendront à Bruxelles le 28 février pour discuter du plan SET lors d’une réunion du Conseil Energie. Hormis les questions financières, les ministres devraient aborder la stratégie d’ensemble du plan.
Des sources du Conseil laissent entendre que l’Autriche, par exemple, est opposée à l’introduction de la fission nucléaire comme l’une des priorités du plan SET.



