Le dirigeant du plus grand émetteur mondial a promis que la Chine réduirait son « intensité en carbone », c’est-à-dire la quantité de dioxyde de carbone produite pour chaque dollar de production économique, pendant la décennie jusqu’en 2020.
Un traité suivant le Protocole de Kyoto est censé être finalisé lors de négociations débutant le 7 décembre à Copenhague, mais les diplomates ont réalisé peu de progrès vers un accord – un point souligné à plusieurs reprises par les dirigeants mondiaux en réunion à New York hier (22 septembre).
La Chine plus proche d’un engagement ferme?
Sa promesse a été perçue comme allant dans la bonne direction, puisque la Chine a précédemment rejeté les demandes des nations riches de limitations mesurables de ses émissions, affirmant que le développement économique devait venir en premier alors que des millions de ses citoyens vivent encore dans une terrible pauvreté.
ependant, la promesse a déçu ceux qui s’attendaient à des objectifs chinois plus fermes.
Je n’ai rien entendu de nouveau, a déclaré Todd Stern, l’envoyé spécial américain sur le changement climatique et l’un des critiques les plus virulents de la politique chinoise sur les émissions. Le succès dépends du nombre retenu, or il n’a pas indiqué dans quelle mesure seront faites ces réductions, a-t-il expliqué.
Le Prix Nobel et ancien vice-président américain Al Gore a applaudi la Chine pour son impressionnant leadership et a déclaré que les objectifs de M. Hu allaient dans le sens d’une action redoublée. Ils sont très importants et nous avons reçu des signes qui disent qu’en cas de forts progrès au cours des négociations, la Chine serait prête à faire encore plus, a-t-il dit.
La Chine s’attend à être bientôt capable d’annoncer des objectifs pour des réductions prévues dans le domaine de l’ « intensité en carbone », la quantité de dioxyde de carbone produite pour chaque dollar de production économique, en dix ans d’ici 2020, selon un haut responsable chinois, mardi.
Nous nous penchons sur la question et nous devrions être capable d’annoncer un objectif très bientôt, a affirmé aux journalistes Xie Zhenhua, le plus haut responsable chinois pour l’environnement.
Le président Hu a aussi précisé, cependant, que la Chine entretenait de grandes attentes quant aux efforts du reste du monde, réitérant une nouvelle fois sa demande pour davantage de soutien pour l’abandon de la « croissance sale ».
Soutenue par l’Inde et d’autres pays en développement, la Chine affirme que les pays riches émettent davantage par personne et ont joui d’une industrialisation très intensive en émissions, et donc qu’ils n’ont pas le droit d’exiger que d’autres se comportent différemment, à moins de vouloir payer pour cela.
Les pays développés devraient prendre leur responsabilité et fournir un nouveau soutien financier, supplémentaire, adéquat et prévisible, aux pays en développement, selon M. Hu.
Le président américain empêtré dans des conflits domestiques
Le président Barack Obama, qui dans son discours aux Nations unies a mis au défi les dirigeants mondiaux de surmonter les doutes et difficultés et à atteindre un accord mondial sur le changement climatique, affronte le scepticisme sur la question de savoir s’il peut légiférer dans ce domaine dans son propre pays. M. Obama a affirmé hier que le monde ne pourrait pas relever ce défi à moins que tous les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre ne collaborent.
En dépit de cet engagement répété à mettre son pays sur la voir d’une croissance pauvre en carbone, il a admis que les progrès étaient gâchés par des luttes intestines. Les groupes de protection de l’environnement et des responsables du gouvernement se demandent même si M. Obama va pouvoir obtenir l’approbation du Sénat pour une législation sur le changement climatique, déjà adoptée par le Congrès en Juin.
Le président et les législateurs restent empêtrés dans un débat sur la réforme du système américain de soins de santé.
Dans un résumé des négociations de mardi entre les dirigeants mondiaux, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a noté qu’il existait une convergence sur cinq questions clés, y compris des mesures améliorées pour aider les plus vulnérables et les plus pauvres à s’adapter au changement climatique ainsi qu’à fixer des objectifs de réduction d’émissions pour les pays industrialisés.
Les pays développés priés de cesser leurs enfantillages
Au sommet, le président de l’Assemblée générale Ali Treki, un diplomate libyen expérimenté, a affirmé que les pays pauvres, qui sont moins responsables du problème du changement climatique, ont souvent souffert en premier et le plus fort de son impact.
En Afrique subsaharienne, dans les deltas d’Asie ou dans les îles du Pacifique et autre part, les changements climatiques comme la hausse du niveau des mers, les inondations, les sécheresses, les ouragans et d’autres changements des modèles météorologiques menacent non seulement les progrès durement acquis dans la lutte contre la pauvreté mais aussi l’existence de nations toutes entières, a averti M. Treki.
Dans son discours aux dirigeants mondiaux, le président des Maldives Mohamed Nasheed a joué sur la corde sensible en déclarant que le destin de son pays dépendait de la capacité des nations développées à cesser les chamailleries politiques et à aboutir à un accord sur le réchauffement climatique. Si les choses continuent comme d’habitude, nous cesserons de vivre, a-t-il dit au sommet des Nations unies sur le climat. Nous mourrons, a-t-il dit, notre pays cessera d’exister.
M. Nasheed, qui préside l’Alliance des petits Etats insulaires (AOSIS), a dit que les pays développées devaient reconnaître leur responsabilité historique pour le réchauffement mondial et se plier à des objectifs contraignants de réduction d’émissions.
D’autre part, le monde en développement devrait être prêt à accepter des objectifs contraignants de réduction d’émissions dans le respect du principe de responsabilité commune mais différenciée, aussi longtemps que les nations riches procurent les outils, la technologie et les finances pour réformer la base économique des pays en développement et rechercher un développement neutre en carbone, a-t-il dit.
Le ministre soudanais de l’Environnement, Ahmad Babiker Nahar, parlant au nom du Groupe des 77 (G77), a affirmé que, pour assurer le succès de Copenhague, toutes les parties à la convention Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) devaient avoir la volonté de fixer des objectifs ambitieux.



