Les émissions s’élèvent à un équivalent de 2,118 milliards de tonnes de CO2, avec l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie au sommet de la liste des pays les plus polluants, selon les données définitives publiées vendredi (15 mai).
Ces derniers sont aussi les pays qui font face aux plus importants épuisements de quotas d’émissions, ce qui a forcé les industries de ces pays à acheter ailleurs plus de droits à polluer (EurActiv 06/05/09).
L’an dernier a vu le lancement de la seconde phase de l’EU ETS, durant laquelle le nombre de quotas européens va être diminué de 6,5 %. La Commission a déclaré qu’à la lumière des nouveaux chiffres, l’ETS a maintenant, finalement, commencé à remplir son objet de réduire les émissions globales de gaz à effet de serre.
La réussite de la seconde phase du système d’échange ETS est cruciale pour les négociations internationales de décembre destinées à forger un accord climatique post-Kyoto.
La réduction de 3 % était en partie le résultat des mesures prises par les entreprises pour réduire leurs émissions en réponse au fort prix du carbone qui prévalait jusqu’à ce que la récession économique ne commence, a déclaré le Commissaire européen à l’Environnement Stavros Dimas. Cela confirme que l’UE a un système d’échange qui fonctionne bien, avec un cap robuste, un signal de prix clair et un marché liquide, ce qui nous aide à réduire les émissions de manière effective par rapport à leurs coûts, a-t-il expliqué.
Comme près de la moitié des 27 Etats membres ont fini par acheter des crédits ETS l’an dernier, la Commission a expliqué que les réductions d’émissions étaient partiellement le résultat d’installations investissant dans des activités de réduction. Toutefois, le début de la récession a eu un impact majeur sur les secteurs ETS, débouchant sur des émissions plus basses en raison de commandes en baisse.
La récession a fait dégringoler au début de 2009 les prix pourtant solides du carbone de l’an dernier quand les installations ont vendu leur crédits supplémentaires pour lever du capital (EurActiv 09/02/09). Depuis lors, ils ont retrouvé une perspective économique plus souriante (EurActiv 15/05/09).
Barbara Helfferich, la porte parole du Commissaire européen à l’Environnement, a déclaré qu’il n’était pas possible de savoir exactement dans quelle proportion cette baisse de 3 % était due aux ETS.
Néanmoins, elle a minimisé l’impact de la crise économique sur les chiffres de 2008. Ces données ont été réunies avant la récession économique, quand le prix était plutôt élevé, a-t-elle déclaré à des journalistes vendredi.
De modestes titres compensatoires
Les chiffres ont aussi montré que les entreprises n’utilisent pas beaucoup l’option consistant à compenser une partie de leurs émissions via les mécanismes internationaux mis en place par le Protocole de Kyoto. En effet, pour la première fois l’an dernier, utiliser des crédits du Mécanisme de développement propre (MDP) ou du Mécanisme de mise en œuvre conjointe (MOC) est devenu une alternative pour réduire les émissions domestiques ou acheter des crédits.
Cependant, les chiffres révèlent que les installations européennes ont décidé de n’utiliser que 6 % des 1,4 milliard de crédits disponibles pour la période d’échange 2008-2012 en matière de compensations internationales en 2008. 41 % des crédits MDP ont été généré par des projets en Chine et presque un tiers par des projets en Inde.
Domination des quotas libres
Dans l’ensemble, les centrales industrielles et électriques européennes ont reçu gratuitement 92 % de leurs quotas l’an dernier. Les titres compensatoires internationaux se sont élevés à 3,9 %, ce qui signifie que seulement 4,1 % des quotas ont été soit achetés aux enchères soit récupérés sur les quotas 2009.
La Commission a applaudi les industries européennes pour leur haut degré de respect des règles. Elle a noté que moins d’1 %, pour la plupart des petites entreprises, des entreprises participant à l’ETS n’ont réussi à atteindre leurs émissions avec le nombre requis de quotas.
L’UE a mis fait jouer son poids politique avec pour but la création d’un marché du carbone s’étendant à tous les pays de l’OCDE en 2015. Comme des pays comme les Etats-Unis, le Canada et l’Australie sont engagés dans des débats sur des systèmes d’échanges d’émissions domestiques, le Commissaire Dimas a déclaré que les réductions d’émissions dans les industries européennes l’an dernier devrait encourager les autres pays dans leur effort pour mettre en place des systèmes domestiques de plafonnement similaires.



