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Rapport : échapper au désastre climatique, c’est abordable [FR]

Publié 27 janvier 2009
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Il est possible de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C, pour un coût total de moins de 1 % du PIB mondial, si des actions sont rapidement prises dans différents secteurs. C’est ce que montre une étude publiée hier (26 janvier) par l’entreprise McKinsey.

La société de conseil estime que 530 milliards d’euros devront être investis de par le monde d’ici à 2020 pour réduire les émissions de 70 % par rapport à aujourd’hui et éviter des niveaux de réchauffement climatique dangereux. Au total, 810 milliards d’euros devront être investis avant 2030 pour éviter un tel scénario, selon le rapport

Il souligne néanmoins qu’une action immédiate et transversale est un pré requis pour parvenir aux réductions nécessaires, car avec chaque année supplémentaire, les émissions augmenteront et l’économie s’enfoncera dans la voie de la haute consommation de carbone pour l’avenir.   

Le rapport présente une courbe mondiale pour la réduction de gaz à effet de serre, comparant les différentes options pour se diriger vers une économie à faibles émissions de carbone à un coût inférieur à 60€ par tonne d’émission de carbone. Il identifie trois principaux secteurs dans lesquels les émissions peuvent être réduites de manière rentable. 

La plus importante réduction, 14 gigatonnes (Gt), soit 40 % du potentiel global, peut être atteinte en concevant les véhicules, les appareils domestiques et les bâtiments qui consomment moins d’énergie, selon McKinsey. Dans ces secteurs, le retour sur investissement se ferait au fur et à mesure, lit-on dans le rapport.  

Le secteur de l’électricité peut apporter sa contribution pour un tiers (12 Gt) en passant aux énergies vertes et renouvelables, telles le vent, le soleil, les biocarburants, ainsi qu’en installant des systèmes de captage et de stockage de carbone (CSC, voir LinksDossier EurActiv) dans les centrales au charbon, explique le rapport. De plus, des économies de la même échelle peuvent être réalisées, selon le rapport, en stoppant la déforestation dans les pays en développement et en stimulant l’absorption naturelle du carbone via des activités de reforestation.

En comparaison du rapport Stern très remarqué de 2006, qui estimait le coût de l’inaction entre 5 et 20 % du PIB, McKinsey pense qu’investir dans le changement vers une économie à faible émissions de CO2 est sensiblement moins coûteux et ne représenterait pas plus de 0,5 %, selon le scénario le plus optimiste du rapport. 

En outre, l’étude identifie d’autres opportunités significatives pour la diminution d’émissions dans des secteurs qui étaient considérés comme trop dispendieux pour être améliorés. Ceux-ci incluent le CSC en dehors du secteur des centrales électriques ainsi que des procédés de fabrications moins consommateurs d’énergie. Un autre domaine dont le potentiel est majeur est celui du changement de mode de vie, ce qui signifie notamment manger moins de viande ou conduire de plus petites voitures. Chaque étape peut réduire les émissions de manière importante, explique McKinsey, avant de concéder que de telles déclarations sont plus difficiles à quantifier.  

Le rapport ne donne pas de recommandations politiques sur la base de ses conclusions, mais les représentants des entreprises qui y ont contribué ainsi que les ONG présents lors du lancement du rapport se sont accordés quant au fait qu’il constitue une base solide pour un accord international sur le climat. L’étude souligne l’urgence de l’action dans tous les pays et tous les secteurs, et les participants ont expliqué qu’atteindre un accord mondial cette année était impératif. 

Réactions : 

Stavros Dimascommissaire européen à l’Environnement, a salué l’étude, la qualifiant de contribution opportune au processus de Copenhague. Il a indiqué que ce document permet aux décideurs de prendre en compte les instruments appropriés aux différents secteurs et fournit de précieuses analyses aux dirigeants mondiaux, lors de la négociation d’un accord international, qui, selon lui, devrait inclure des mécanismes de financement efficaces pour financer les réductions d’émission nécessaires. 

Selon Per-Anders Enkvist, du bureau  McKinsey&Co, les auteurs de l’étude considèrent qu’il est possible de maîtriser les investissements nécessaires pour atteindre les réductions d’émissions d’ici à 2030. Nous ne pensons pas que la crise financière actuelle aura un impact, a-t-il déclaré, en ajoutant toutefois qu’il y aura certainement des défis aux niveaux sectoriel et régional. 

Le directeur général du WWF, James Leape, a indiqué que l’étude fournissait un fondement factuel plus rigoureux que ce qui a pu être fait auparavant. Selon lui, un accord à Copenhague devra inclure des plafonds agressifs sur les émissions des pays industrialisés, tout comme un mécanisme robuste pour garantir que les pays en développement disposent des moyens financiers pour contrôler l’augmentation de leur émissions. 

En outre, M. Leape a mis l’accent sur les implications de l’étude quant aux paquets de relance élaborés aux quatre coins du monde en réponse à la crise financière. Selon lui, les résultats ont montré que les investissement dans l’infrastructure devraient être destinés à l’amélioration de l’efficacité énergétique et devraient diminuer le prix des énergies renouvelables, posant le fondement d’un économie à faibles émissions de CO2 et créant des emplois en parallèle. 

Le Carbon Trust a salué le fait que le rapport constitue une information précieuse pour les négociations sur le climat des leaders internationaux. Ce travail montre que réduire le carbone va dans le sens des affaires, mais montre également que le succès en matière de climat signifie éviter un enfermement mondial dans des infrastructures consommatrices de carbone, en particulier en ce qui concerne les centrales électriques et l’industrie. Des actions nationales et internationales sur les développements technologiques seront également vitales pour emprunter la route d’une économie à faibles émissions de carbone avant 2050, a déclaré Tom Delay, directeur général du Trust.

Contexte : 

Il y a un consensus politique fort selon lequel un passage à une économie à faibles émissions de CO2 est nécessaire à la fois pour lutter contre le changement climatique et pour que les entreprises restent compétitives. Mais la débâcle économique a suscité de nouvelles craintes que la situation financière austère ne ralentisse le développement des nouvelles technologies. 

En octobre 2006, Sir Nicholas Stern a publié un rapport très remarqué, indiquant que maîtriser le réchauffement climatique coûterait beaucoup moins que remédier à ses conséquences. Il a appelé à l’élaboration d’une réponse internationale qui impliquerait des économies se développant rapidement, telles que la Chine, et qui engloberait des systèmes d’échange de quota d’émission, des mesures d’adaptation, des actions contre la déforestation ainsi que de la coopération dans le domaine technologique (EurActiv 31/10/06).

En janvier 2007, le bureau de conseil McKinsey a initialement publié une courbe de réduction des coûts visant à fournir des données quantitatives au débat international sur les technologies les plus rentables pour atteindre les différents objectifs d’émission de CO2. 

Le nouveau rapport de McKinsey (intitulé « Pathways to a low-carbon economy »), présente une version 2.0, plus complète, de la courbe des coûts mondiaux, et propose l’analyse de plus de 200 opportunités de réduction des émissions dans 10 secteurs et 21 régions. 

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