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L'AIE remet en question le rôle des marchés dans la lutte contre le changement climatique [FR]

Publié 23 mai 2008
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L'Agence internationale de l'Energie affirme qu'étant donné la hausse de la demande énergétique mondiale malgré la flambée des prix des carburants fossiles, l'UE ne devrait pas trop attendre de la fixation des prix du carbone et d'autres instrument basés sur le marché dans sa quête des économies vertes.

Le rôle des prix dans le contexte de l’énergie est en baisse, a déclaré l’économiste en chef de l’AIE, Fatih Birol le 22 mai à Bruxelles.

Depuis 2004, les consommateurs européens ont payé un prix fictif du carbone d’environ 85€ par tonne de CO2 sous la forme de taxes plus élevées sur les carburants des véhicules, par exemple, mais les hausses de prix ont eu peu d’impact sur le comportement des consommateurs, a expliqué M. Birol à une petite audience lors d’une conférence organisée par le Lisbon Council, un think tank.

Il a déclaré qu’il ne fallait pas tenter de tout expliquer par le marché.

L’UE procède actuellement à la révision de son système d’échange de quotas d’émissions (système européen ETS) pour l’après 2012, quand le marché phare du carbone de l’Union devrait être relancé avec un plafond plus strict concernant les émissions de CO2 dans l’UE. Bruxelles espère que le système poussera les prix du carbone, à savoir le coût par tonne de CO2 émis, à un niveau qui encouragera les entreprises à investir dans des technologies propres.

Mais la fixation des prix du carbone seule restera insuffisante pour mettre l’UE sur la voie d’un développement propre, selon M. Birol. Notamment dans un contexte caractérisé par la croissance économique et un plus grand pouvoir d’achat individuel, les individus n’optent pas nécessairement pour des habitudes plus écologiques, mais pourraient simplement accepter de payer un prix plus élevé pour l’énergie, a-t-il déclaré.

Cette dynamique est tout particulièrement applicable à la Chine, a constaté M. Birol, où les subventions du gouvernement aux carburants fossiles et la hausse régulière des revenus maintiennent la demande et les dépenses liées à l’énergie à la hausse malgré les prix records du pétrole brut, qui ont atteint un pic permanent de 135 $ le baril cette semaine.

L’économiste de l’AIE a présenté plusieurs recommandations aux responsables politiques de l’UE, à commencer par la nécessité de mesures supplémentaires en matière d’efficacité énergétique, un domaine où l’UE doit tripler ses efforts, a-t-il affirmé. En plus d’appeler à une plus grande utilisation des énergies renouvelables et la construction d’autres réacteurs nucléaires, M. Birol a également insisté sur le soutien nécessaire des gouvernements de l’UE au développement des technologies de capture et de stockage du carbone (CSC).

Les défis techniques et financiers qui bloquent actuellement le recours à la CSC peuvent être surmontés si les gouvernement prennent la question au sérieux, a-t-il déclaré. M. Birol a indiqué que l’AIE appellera les dirigeants du G8 à réagir sur la question du développement des technologies de CSC lors de leur prochain sommet les 7 et 8 juillet au Japon.

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