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Responsable américain : un plan B en cas d’échec du projet de loi climatique [FR]

Publié 25 septembre 2009
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climate change
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Le président Barack Obama trace un Plan B pour réguler les gaz à effet de serre dans l’hypothèse où le Sénat américain n’adopterait pas la législation nécessaire afin de donner un mandat à la nouvelle administration pour négocier un traité climatique international lors des discussions de décembre, a déclaré hier (24 septembre) un membre important de l’administration américaine.

Faisant halte à Bruxelles lors d’une tournée européenne, Dennis Leaf, conseiller à l’Agence de protection environnementale américaine (EPA), s’est attaché à répondre aux craintes des Européens concernant la volonté des Etats-Unis de s’engager en faveur d’un successeur au Protocole de Kyoto dans l’hypothèse où le Sénat n’adopterait pas la législation climatique nationale, qui comprend un mécanisme de plafonds et d’échanges de crédits, en amont de Copenhague.

Le projet de loi climatique est passé par la Chambre des représentants en juin, mais de justesse. Une majorité suffisante à la Chambre basse mais pas au Sénat, où 60 voix sur 100 sont nécessaires pour une adoption.

Le président veut une législation détaillée, mais il existe tout de même un plan de secours,a affirmé M. Leaf.

Le fonctionnaire américain a noté qu’une législation exhaustive était le meilleur moyen de réduire les émissions au regard du nombre important d’intérêts concernés, depuis l’agriculture en passant par l’énergie et l’environnement. Mais il a ajouté que, comme plan B, M. Obama mettait en place un système règlementaire qui permettra aux Etats-Unis de réguler les émissions de gaz à effet de serre dans le cadre du « Clean Air Act » existant.

La Cour Suprême américaine a décidé en 2007 que les gaz à effet de serre étaient des polluants atmosphériques et devraient donc être couverts par le « Clean Air Act ». Elle a invité l’EPA à mener une enquête pour savoir si ces gaz menacent la santé ou le bien-être public.

Au même moment, l’EPA a décidé de laisser la décision finale à la prochaine administration, alors que le président de l’époque Georges W. Bush avait déclaré que le CO2 n’était pas un polluant atmosphérique, selon M. Leaf. Mais les perspectives de régulation efficace des gaz à effet de serre mondiaux dans le cadre des législations existantes se sont beaucoup améliorées depuis la prise de fonction de M. Obama, a-t-il ajouté.

En conséquence, l’EPA a proposé en avril de classifier six gaz à effet de serre importants, y compris le CO2 et le méthane, comme des menaces à la santé et au bien être public. Si la décision finale de l’EPA, qui sera peut être prise avant la fin de l’année, confirme ces propositions, cela ouvrirait la voie à la mise en place par l’agence de limitations contraignantes sur ces gaz.

Si la législation ne passe pas au Sénat, les citoyens ont alors la possibilité de soumettre une pétition à l’EPA pour qu’elle règlemente des choses comme les usines de production électrique et les sources industrielles, a mis en avant M. Leaf.

Le fonctionnaire a expliqué que cette option pourrait être utilisée comme un levier sur le Sénat pour faire pression sur ses membres pour qu’ils adoptent le projet de loi sur le climat. Effectivement, cela ouvrirait une nouvelle voie aux différents groupes d’intérêts qui pourraient se tourner vers l’EPA pour exiger des mesures sur la protection climatique.

Si pour certaines raisons nous répondons par la négative, ils pourraient alors nous traîner en justice, a-t-il dit. Mais je suspecte que sous cette administration, notre réponse ne sera pas négative, a-t-il ajouté.

Combler les manques après Copenhague

Les Européens sont devenus progressivement de plus en plus sceptiques à l’égard de la nouvelle administration américaine, alors que M. Obama, salué comme étant le plus vert des présidents américains jusqu’ici, ne s’est pas engagé à des réductions d’émissions de la portée de celles des Européens.

L’UE s’est engagé de manière contraignante à réduire ses émissions de CO2 de 20 % par rapport aux niveaux de 1990 en 2020, et elle souhaite augmenter cet objectif jusqu’à 30 % si les autres pays industrialisés la suivent dans son effort. Toutefois, le projet de loi sur le climat américain promet seulement un retour aux niveaux de 1990.

De plus, des différences se sont fait jour quant aux accords institutionnels du nouveau traité (EurActiv 17/09/09). Alors que les Européens veulent conserver l’architecture mise en place dans le cadre du Protocole de Kyoto, l’administration Obama a dit à ses partenaires européens qu’elle espérait remplacer les structures du Protocole par les siennes propres.

M. Leaf a expliqué que les Etats-Unis estimaient que les mécanismes d’exécution du Protocole de Kyoto étaient tout à fait insuffisants.

Je pense que lorsque nous y serons, il y aura beaucoup plus de questions sur l’exécution et les répercussions si vous ne remplissez pas vos objectifs, a-t-il dit.

Nous allons faire pressions en faveur de beaucoup de questions que les Japonais et les Européens ne vont probablement pas beaucoup aimer, a déclaré le fonctionnaire. Certaines de ces questions vont être posées à Copenhague et d’autres par la suite, a-t-il conclut.

Prochaines étapes : 
  • 24-25 sept. 2009 : sommet du G20 à Pittsburgh. 
  • du 28 sept. au 9 oct. : négociations climatiques des Nations Unies à Bangkok.
  • 29-30 oct. : sommet européen.
  • Du 2 au 6 nov. : négociations climatiques des Nations Unies à Barcelone.
  • Du 7 au -18 déc. : Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague.
Contexte : 

La communauté mondiale est actuellement en cours de négociations pour trouver un successeur au Protocole de Kyoto, qui expire en 2012.

Les premières discussions à Bonn sur la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) (29 mars – 8 avril) ont donné le coup d’envoi à un projet d’accord sur en vue de la conférence finale à Copenhague plus tard dans l’année (EurActiv 09/04/09).

Le projet de texte de négociation, préparé en amont du second cycle de discussions sur le climat en juin, a révélé une divergence entre pays riches et pauvres. Les pays en développement demandent à leurs homologues industrialisés de s’engager à des réductions sensibles de CO2 et à proposer une aide financière aux nations pauvres pour les aider dans leurs efforts. Mais les pays développés n’ont pas pris d’engagements fermes sur le financement, et seule l’UE a adopté un objectif ferme de réduction du CO2, ce qui ne répond néanmoins pas aux exigences des pays en développement (EurActiv 29/04/09).

Le texte des négociations a pris du poids jusqu’à atteindre des centaines de pages avec tous les amendements apportés par les parties. Aucun accord n’a pu être atteint aux discussions de juin sur le financement de l’atténuation et l’adaptation des pays en développement au réchauffement climatique (EurActiv 15/06/09), tandis qu'un tour informel an août a à peine soulevé la question (EurActiv 18/08/09).

En marge d’une réunion du G8 en Italie le 9 juillet, le Forum des économies majeures, comprenant 17 pays responsables de 75 % des émissions mondiales, s’est mis d’accord pour la première fois pour limiter le réchauffement mondial à deux degrés Celsius (EurActiv 10/07/09) mais a failli à présenter des objectifs.

Dans une tentative de sortie de l’impasse, la Commission européenne a présenté le 10 septembre un modèle pour le financement climatique international (EurActiv 11/09/09). Il suggère que la part de l’UE dans l’aide à l’atténuation climatique et à l’adaptation pour les pays en développement se situe dans la fourchette entre 2 et 15 milliards d’euros par an.

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