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Les scientifiques doutent des modèles informatiques du changement climatique [FR][en

Publié: jeudi 27 septembre 2007   

Alors que les dirigeants mondiaux sont réunis à New York pour une réunion de haut niveau sur le changement climatique, un nouveau rapport rédigé par certains des scientifiques les plus reconnus au monde appelle les responsables politiques à rester attentifs aux évolutions scientifiques, expliquant que la compréhension du réchauffement climatique est loin d'être complète.

Reconnaissant les puissantes simulations informatiques comme un élément essentiel pour la prédiction du changement climatique, un nouveau rapport de l’Institut de physique (IOPexternal ), publié le 26 septembre 2007, montre que l’opinion des plus grands physiciens spécialistes en climatologie diffère sur la fiabilité de ces modèles. L’IOP appelle également les dirigeants mondiaux à rester attentifs aux dernières découvertes scientifiques sur le changement climatique.

Intitulé Climate change prediction: a robust or flawed process?Pdf external     (prédictions sur le changement climatique : un procédé fiable ou déficient ?), ce rapport s’appuie sur un séminaire external organisé en juin 2007 pour débattre de la relation entre le réchauffement planétaire et les activités humaines. L’objectif était de savoir si les modèles de prédiction du changement climatique sont suffisamment fiables pour influer sur les politiques des gouvernements ou s’ils sont précaires et que  la planète connaît des modifications naturelles que les hommes ne sont pas en mesure d’influencer.

Richard S Lindzen, professeur à l’Institut de technologie du Massachusetts (MITexternal ), estime que les modèles climatiques actuels exagèrent l’impact du CO2 sur la température, en raison d’une mauvaise compréhension et représentation des effets de réaction dus aux nuages et à la vapeur d’eau.

En revanche, pour Alan J Thorpe, professeur du NERC external (Natural Environment Research Council), il n’y a aucune raison a priori que les incertitudes des modèles génèrent systématiquement des prédictions excessives sur le réchauffement moyen. Il soutient les découvertes du récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et conclut à un risque de dangereux changement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre.

Cependant, le professeur Thorpe admet qu’il faut continuer les recherches sur les processus climatiques de base, la biosphère et les interactions entre la végétation, la vie des organismes marins et le système climatique.

Selon l’Institut de physique, les modèles informatiques sont conçus d’après les connaissances accumulées depuis des années sur les processus physiques sous-jacents, mais il reste de nombreux aspects moins bien compris.

Pour Tajinder Panesor, de l’IOP, même si nous pouvons constater le changement climatique autour de nous et s’il faut encore prendre des mesures, il est nécessaire d’améliorer les capacités informatiques et de mener d’autres débats, afin de rendre les procédés de modélisation plus fiables pour éliminer certaines incertitudes.

En décembre, les dirigeants des pays du monde se réuniront à Bali pour tenter d’élaborer un nouveau protocole pour faire suite à celui de Kyoto.

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