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Un sommet européen pour freiner une décision sur le financement climatique [FR]

Publié 09 juin 2009
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climate change
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On s’attend à ce que les chefs d’Etats et de gouvernements repoussent une nouvelle fois la décision d’aider financièrement les pays pauvres à combattre le changement climatique, lors de leur rencontre à Bruxelles la semaine prochaine (18-19 juin), selon des sources diplomatiques.

Le financement international du changement climatique est l’un des éléments les plus conflictuels sur l’agenda de la rencontre d’aujourd’hui entre les ministres européens des Finances, qui va soumettre des recommandations pour le sommet de la semaine prochaine.

Mais peu de progrès sont attendus, puisque aucun chiffre n’a été mis sur la table et que les Etats membres semblent s’attendre à la répétition des débats précédents. 

Nous sommes loin, très loin de pouvoir discuter des montants, a déclaré un officiel gouvernemental.  Il a ajouté qu’à ce stade-là, la question se posait en ces termes : quels messages généraux l’UE veut-elle faire passer aux autres parties sur sa volonté de contribuer.

Un autre officiel explique qu’il est improbable que le sommet de juin explique clairement sa position finale sur le financement, car le flou reste total sur le positionnement des autres nations sur le sujet, et notamment des Etats-Unis.

Les ministres discuteront des conclusions préparées par les groupes de travail – Comité de politique économique et Comité économique et financier sur les mécanismes de financement international des politiques climatiques – à la suite du sommet de mars et des rencontres préalables des ministres des finances et de l’environnement.

Ces réunions se sont révélées décevantes pour les observateurs, qui espéraient voir l’UE faire preuve de son autorité et s’engager à fournir des financements adaptés aux pays en développement dans le but de sécuriser un nouveau traité climatique mondial en décembre à Copenhague (EurActiv 18/03/09).

Le rapport réaffirme que la principale part des financements pour l’atténuation devrait provenir des marchés du carbone et des investissements privés, selon des sources des Etats membres. L’argent pour l’adaptation dans les pays vulnérables devrait néanmoins requérir un financement public considérable, qui devra être distribué de manière transparente, juste et rentable, selon le rapport.

Mais le projet de conclusion du sommet laisse ouverte la question de savoir comment calculer la clef de répartition globale.

Partage des charges

Bien qu’une majorité des Etats membres soient en faveur du texte actuellement sur la table, les discussions devraient traîner en longueur sur un article controversé relatif au partage des efforts, ont déclaré certaines sources.

La Pologne insiste pour que l’UE décide de diviser d’abord la charge financière entre ses Etats membres avant de conclure un quelconque accord climatique mondial (EurActiv 10/03/09). Mais de nombreux autres pays croient que cela accroîtrait les pressions sur les Etats membres de l’UE alors qu’ils essaient d’élaborer un accord sur le partage des contributions au niveau international.

Un officiel a fait remarquer que c’était le type de discussion qu’on pouvait s’attendre à voir à ce stade des négociations, puisque le partage des charges est un jeu à somme nulle au niveau interne.

Le projet de conclusions mentionne la capacité d’un pays à payer et ses niveaux d’émissions comme bases pour le calcul de ses contributions financières. Une autre proposition est de prendre en compte le potentiel de réduction des émissions, ce qui bénéficierait aux Etats avec des industries très consommatrices d’énergie. Mais cette option trouve peu de soutien.

Il est difficile de s’imaginer qu’aucun autre critère puisse être utilisé au niveau interne, a déclaré un officiel d’un Etat membre. Il a ajouté qu’il n’y avait pas de consensus sur ce que signifiait « capacité de payer », par exemple, anticipant un débat difficile.

Contexte : 

La communauté mondiale est en pleine négociation pour un nouveau traité sur le climat, qui devrait être signé à Copenhague en décembre (voir LinksDossier EurActiv : « En route pour Copenhague »). Le traité doit remplacer le Protocole de Kyoto qui fixe des limites de gaz à effet de serre pour ses signataires jusqu’à 2012.

Au niveau européen, la Commission a présenté en janvier ses propositions qui doivent être approuvées par les 27 Etats membres de l’UE. Ces propositions ont exhorté les économies émergentes comme la Chine et l’Inde à prendre leur juste part de responsabilité en convenant de limiter la croissance de leurs émissions de 15 à 30 % sous les niveaux habituels, d’ici 2020 (EurActiv 29/01/09).

Les premières discussions sur la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) à Bonn (29 mars – 8 avril) ont sonné le départ des négociations pour un projet d’accord en vue de la conférence finale (EurActiv 09/04/09). Le projet de texte de négociation, en amont de négociations de Bonn de ce mois, a révélé une profonde division entre pays riches et pays pauvres. 

Les nations en développement demandent à leurs homologues industrialisés de s’engager à des réductions de CO2 assez importantes et d’offrir une aide financière aux nations pauvres dans leurs efforts. Mais les pays développés ne se sont aucunement engagés fermement sur le financement, et seule l’UE s’est imposée un objectif  ferme de réduction de CO2, qui ne satisfait pourtant pas les demandes des pays en développement (EurActiv 29/04/09).

Le second cycle de discussions globales sur le climat a été lancé à Bonn le 1er juin avec l’adoption d’un texte de négociation (EurActiv 02/06/09). Le cycle de négociations continuera jusqu’au 12 juin, mais les observateurs ne s’attendent pas à d grands progrès sur la question du financement, qui reste le problème le plus controversé.

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