Le financement international du changement climatique est l’un des éléments les plus conflictuels sur l’agenda de la rencontre d’aujourd’hui entre les ministres européens des Finances, qui va soumettre des recommandations pour le sommet de la semaine prochaine.
Mais peu de progrès sont attendus, puisque aucun chiffre n’a été mis sur la table et que les Etats membres semblent s’attendre à la répétition des débats précédents.
Nous sommes loin, très loin de pouvoir discuter des montants, a déclaré un officiel gouvernemental. Il a ajouté qu’à ce stade-là, la question se posait en ces termes : quels messages généraux l’UE veut-elle faire passer aux autres parties sur sa volonté de contribuer.
Un autre officiel explique qu’il est improbable que le sommet de juin explique clairement sa position finale sur le financement, car le flou reste total sur le positionnement des autres nations sur le sujet, et notamment des Etats-Unis.
Les ministres discuteront des conclusions préparées par les groupes de travail – Comité de politique économique et Comité économique et financier sur les mécanismes de financement international des politiques climatiques – à la suite du sommet de mars et des rencontres préalables des ministres des finances et de l’environnement.
Ces réunions se sont révélées décevantes pour les observateurs, qui espéraient voir l’UE faire preuve de son autorité et s’engager à fournir des financements adaptés aux pays en développement dans le but de sécuriser un nouveau traité climatique mondial en décembre à Copenhague (EurActiv 18/03/09).
Le rapport réaffirme que la principale part des financements pour l’atténuation devrait provenir des marchés du carbone et des investissements privés, selon des sources des Etats membres. L’argent pour l’adaptation dans les pays vulnérables devrait néanmoins requérir un financement public considérable, qui devra être distribué de manière transparente, juste et rentable, selon le rapport.
Mais le projet de conclusion du sommet laisse ouverte la question de savoir comment calculer la clef de répartition globale.
Partage des charges
Bien qu’une majorité des Etats membres soient en faveur du texte actuellement sur la table, les discussions devraient traîner en longueur sur un article controversé relatif au partage des efforts, ont déclaré certaines sources.
La Pologne insiste pour que l’UE décide de diviser d’abord la charge financière entre ses Etats membres avant de conclure un quelconque accord climatique mondial (EurActiv 10/03/09). Mais de nombreux autres pays croient que cela accroîtrait les pressions sur les Etats membres de l’UE alors qu’ils essaient d’élaborer un accord sur le partage des contributions au niveau international.
Un officiel a fait remarquer que c’était le type de discussion qu’on pouvait s’attendre à voir à ce stade des négociations, puisque le partage des charges est un jeu à somme nulle au niveau interne.
Le projet de conclusions mentionne la capacité d’un pays à payer et ses niveaux d’émissions comme bases pour le calcul de ses contributions financières. Une autre proposition est de prendre en compte le potentiel de réduction des émissions, ce qui bénéficierait aux Etats avec des industries très consommatrices d’énergie. Mais cette option trouve peu de soutien.
Il est difficile de s’imaginer qu’aucun autre critère puisse être utilisé au niveau interne, a déclaré un officiel d’un Etat membre. Il a ajouté qu’il n’y avait pas de consensus sur ce que signifiait « capacité de payer », par exemple, anticipant un débat difficile.



