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Andreas Carlgren, le ministre suédois de l’environnement, a affirmé se préparer pour mener l’effort européen vers un ambitieux traité international sur le climat, qui sera négocié à Copenhague en décembre, alors que son pays hérite aujourd’hui (1er juillet) de la présidence tournante, à la suite de la République tchèque.
La communauté mondiale est engagée dans des négociations climatiques mondiales pour convenir du remplaçant du Protocole du Kyoto, qui prend fin en 2012. Les parties à la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CNUCC) se rencontreront à Copenhague en décembre prochain.
Les premières négociations sur la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CNUCC) à Bonn (29 mars – 8 avril) ont porté sur la préparation d’un projet d’accord en vue de la conférence finale (EurActiv 09/04/09).
Le projet de texte de négociation, préparé avant le second cycle de négociations climatiques de juin, a révélé une écart entre les pays riches et pauvres. Les pays en développement demandent à leurs homologues industrialisés de s’engager à des réductions non négligebales de réduction du CO2 et à proposer une aide financière pour aider les pays défavorisés dans leurs efforts. Mais les pays développées n’ont pas pris d’engagements fermes sur le financement, et seule l’UE s’est fixé l’objectif de réduction de CO2, ce qui échoue néanmoins à répondre aux exigences des pays en voie de développement (EurActiv 29/04/09).
D’autre part, le texte de négociation a gonflé jusqu’à atteindre des centaines de pages puisque toutes les parties ont réagi avec des amendements. Aucun accord n’a été trouvé lors des discussions de juin pour le financement pour l’atténuation et l’adaptation au réchauffement planétaire des pays en développement (EurActiv 15/06/09).
Au niveau de l’UE, la Commission européenne a présenté des propositions en janvier pour approbation par les 27 membres de l’UE. Les propositions pressent les économies émergentes telles que la Chine et l’Inde à prendre leur juste part de responsabilité en acceptant de limiter la croissance de leurs émissions de 15 à 30 % en dessous du niveau habituel d’ici à 2020 (EurActiv 29/04/09).
Cependant, les dirigeants européens ont constamment repoussé la conclusion d’un accord sur la contribution financière de l’UE à l’adaptation dans les pays en développement. Les conclusions du sommet européen de juin affirment que tous les aspects du financement, qui est vu comme un sujet décisif pour la conclusion d’un accord, seront décodés lors de la rencontre d’octobre entre les chefs d’Etat et de gouvernement européens (EurActiv 19/06/09).
En tant que pays occupant la présidence, la Suède incitera les autres pays industrialisés et économies à forte croissance à jouer leur rôle, a déclaré M. Carlgren la semaine dernière, quand il a présenté les priorités environnementales suédoises aux 26 autres ministres de l’environnement de l’UE.
A moins qu’ils ne fassent aussi un effort, nous n’atteindrons pas un accord suffisamment solide sur le climat, à Copenhague, a-t-il souligné.
La Suède poussera les pays de l’UE à faire passer les objectifs d’émissions pour 2020 d’une réduction de 20 % à une réduction de 30 %, a-t-il dit, mais elle y attachera certaines conditions afin que le reste de la communauté mondiale y mettent aussi du sien.
On ne peut se délester de ce levier, et passer de 20 à 30 %, jusqu’à ce que nous ayons des engagements et des mesures suffisantes du reste du monde, a-t-il assuré à ses collègues européens.
M. Carlgren a aussi averti que si la communauté mondiale ne peut s’accorder sur des objectifs ambitieux de réduction des émissions, alors les pays riches seront incités à fournir plus de financement pour les actions d’adaptation.
Les dirigeants de l’UE se sont dérobés au moment de fixer les sommes qu’ils seraient disposés à verser ; ils soutiennent qu’il est encore trop tôt pour s’engager, alors que la position des Etats-Unis n’est pas encore claire. Ils ont promis que toutes les décisions de financements seraient prises lors d’un sommet des dirigeants européens, en octobre (EurActiv 25/06/09).
Le ministre suédois de l’environnement a souligné que la présidence serait prête à appeler des réunions extraordinaires, apaisant les craintes de voir l’UE manquer de temps au moment de se décider pour de bon.
La Suède va maintenant relancer le dialogue avec tous les acteurs majeurs aux prochaines réunions à venir du G8, du G20 et du Forum des principales économies (Major Economies Forum), tout en mettant en avant la question du climat aux sommets tripartites, d’après M. Carlgren.
Des problèmes liés, au niveau européen
En droite ligne avec une politique climatique globale, la présidence suédoise a aussi indiqué qu’elle conduirait le passage à une économie « éco-efficace ». Cela implique que l’UE considère la crise économique comme une opportunité pour redoubler d’efforts sur le climat, tout en stimulant le développement de la technologie environnementale, de l’énergie renouvelable, de l’efficacité énergétique et de développement urbain durable.
Mettre fin à la disparition de la biodiversité figurera aussi sur l’agenda climatique, car elle permet au sol et à la biomasse de retenir lier davantage de CO2, selon la Suède.
De grandes espérances
Les attentes de la présidence suédoises donnent le vertige. Le pays a occupé la présidence de l’UE pour la dernière fois au printemps 2001 lors des dernières négociations permettant l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto.
Quand l’administration Bush s’est retirée des négociations mondiales, la Suède a fait le tour des capitales du monde pour affirmer qu’il n’existait pas d’alternative au protocole. L’UE a donc été saluée comme le sauveur du traité en convaincant des pays comme la Japon et la Russie.
Les environnementalistes exercent aujourd’hui une intense pression sur la présidence pour aider à conclure à un accord capable de garder le réchauffement planétaire en dessous de deux degrés.
De nombreuses ONG ont lancé aujourd’hui une campagne à Stockholm pour inciter le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt à présenter une feuille de route à l’UE pour la dernière ligne droite avant Copenhague. Les groupes verts et de développement veulent voir l’Europe réaffirmer sa position de premier moteur d’entraînement dans les négociations, et ils appellent la présidence à convoquer une rencontre extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement en septembre, avant le sommet climatique de l’ONU, afin de parvenir à un accord sur l’offre de financement européenne.
Oxfam International a déclaré que la Suède devait assurer la position de chef de file de l’UE. Le test pour la présidence suédoise sera de savoir si elle parviendra à traduire ses bons résultats internes sur l’environnement et le développement en un vrai leadership au niveau européen, a expliqué la militante d’Oxfan Frida Eklund.
Action Aid a pressé la Suède à abandonner sa neutralité et à se dresser pour l’agenda climatique européen. La Suède doit faire pression pour que les pays riches prennent leurs responsabilités au regard de la dette climatique et s’assurer que ceux qui sont le plus affectés, les femmes pauvres et vulnérables dans les pays en développement, ne portent pas le poids du changement climatique, selon Karin Wall Härdfeldt, une militante d’Action Aid.
Greenpeace a appelé la présidence à faire correspondre les discours avec les actions. Jusqu’ici, M. Reinfeldt n’a fait montre d’aucune volonté politique de proposer des objectifs satisfaisants de réduction des émissions. Nous n’avons pas non plus vu d’offre crédible sur le financement de l’adaptation ni la question de savoir comment le gouvernement entend protéger la forêt tropicale dans les pays en développement, a déclaré le directeur de campagne de Greenpeace, Patrik Eriksson.
WWF a mis en avant la fait que 2009 est une année cruciale pour le climat. La Suède s’est préparée pour cette présidence depuis des années. Les six prochains mois décideront de la manière dont s’en souviendront les générations à venir, a déclaré le directeur des questions climatiques chez WWF, Stefan Henningsson.
BirdLife International a félicité la Suède pour être à la tête de la politique environnementale européenne. Nous espérons vraiment que cette présidence conduira à la sortie de la crise actuelle, en montrant comment sont inséparablement liés les problèmes économiques et environnementaux. Il n’y a pas de seconde chance pour la planète, nous devons agir maintenant et prendre enfin la durabilité au sérieux, a dit Konstantin Kreiser, directeur politique européenne à la division européenne de Birdlife International.