Sections
Mini Sections
EU Affairs - Online Media Sales Manager
Senior Media Officer / Head of Press relations Team
Policy advisor Economics and Finance
Consultant (Scientist) - EU FP7 Project 'SafeWind'
Psychiatrist, Public Health Expert or Clinical Psychologist
Energy Engineers and Economists (fixed-term contract)
Mettre une annonceL’instauration de limites obligatoires aux émissions pour toutes les centrales électriques est la clé pour modifier les décisions d’investissement dans le secteur électrique et pour éviter une exclusivité dangereuse des infrastructures fortement consommatrices de carbone. C’est ce qu’a révélé un nouveau rapport commandé par les groupes environnementaux WWF, Bellona Europa, ClientEarth, E3G et la Green Alliance.
L’Europe pourrait réduire ses gaz à effet de serre émis par les grandes centrales nucléaires de plus de deux tiers d’ici à 2020 si des limites obligatoires aux émissions sont instaurées entre 2010 et 2020. C’est ce qu’a indiqué une recherche
conduite par la société de conseil Ecofys. Selon cette recherche, une baisse progressive rapide serait également efficace du point de vue des coûts.
Selon le groupe environnemental, le système d’échange de quotas d’émissions de l’UE (UE ETS, voir le LinksDossier d’EurActiv), ainsi que d’autres législations en matière de climat sur lesquelles se sont mis d’accord les dirigeants en décembre dernier ne sont pas suffisamment stricts pour que l’Europe atteigne son engagement de réduction de 20 % à 30 % d’ici à 2020 si un nouvel accord international devient une réalité.
Malheureusement, le système européen actuel d’échange de quotas d’émission n’empêche pas que des centrales à charbon fortement polluantes soient construites, a indiqué Stephan Singer, directeur du programme du WWF Global Energy. Selon lui, nous avons besoin de nouvelles limites en matière d’émissions pour garantir que l’Europe investisse uniquement dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les équipements permettant le captage et le stockage du CO2 dans les centrales à charbon.
L’ONG a critiqué la révision du système UE ETS de permettre la construction de nouvelles centrales sous prétexte que la capture de CO2 est prête. L’organisation indique que les normes en matière d’émissions de CO2 qui fixent une limite en matière d’émission par unité d’extrant énergétique pourraient garantir l’investissement dans les technologies à faibles émissions de CO2, étant donné que de nouvelles centrales ne répondant pas aux normes ne peuvent plus être construites. Des installations existantes devraient également investir dans des mesures relatives à l’efficacité énergétique et se rééquiper en technologies de captage et de stockage de CO2 (CSC).
Selon la recherche, une norme en matière de performance des émissions pourrait être introduite par étapes tant pour les nouvelles centrales que pour celles déjà existantes. Une limite de 350 g CO2/kWh pour les nouvelles centrales à partir de 2010 et pour les centrales existantes à partir de 2015 pourrait diminuer jusqu’à 46 % les émissions du secteur électrique, alors que des limites plus strictes imposées sur les nouvelles centrales ne pourraient offrir que des économies moins importantes.
Néanmoins, l’UE devrait se battre pour introduire de telles normes, si tant est que l’on puisse considérer la révision du système d'échange EU ETS comme un précédent. Après un important lobbying, des exemptions significatives ont été conférées aux industries jugées exposées à une concurrence avec des pays tiers dotés de législations sur le CO2 moins rigoureuses, principalement les nouveaux Etats membres de l’Est, qui sont fortement dépendants du charbon pour leurs besoins énergétiques.
La Pologne, par exemple, dépend du charbon pour 90 % de sa production d’électricité, et ses limites d’émission la forceront probablement à fermer ses centrales à charbon, entraînant des interruptions d’approvisionnement.
L’étude Ecofys souligne que les normes en matière de performance des émissions de CO2 sont en place en Californie depuis 2007, montrant un exemple à suivre pour les autres Etats américains. Elle soutient qu’un tel schéma peut être mis en œuvre avec succès avec le bon cadre de conditions, par exemple en aidant les opérateurs du secteur de l’énergie à supporter le coût de la mise en conformité et en offrant des incitations et des allégements fiscaux. Elle suggère que l’UE pourrait par exemple introduire un système ETS plus rigoureux impliquant des prix plus élevés pour les certificats.