Nous allons continuer à faire pression sur les Etats-Unis, la Chine et tous nos autres partenaires dans cette négociation pour aller à l’extrême limite de ce qu’il est possible d’obtenir afin de trouver un accord à Copenhague, ont déclaré le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso en réponse aux offres américaine et chinoise.
Mercredi (25 novembre), la Maison Blanche a déclaré que les Etats-Unis s’engageraient à réduire leurs émissions de CO2 de 17 % en dessous des niveaux de 2005 d’ici 2020 – une baisse de 3 % par rapport aux niveaux de 1990 – et de 83 % d’ici 2050.
La Chine a suivi les Etats-Unis hier (26 novembre) en annonçant qu’elle réduirait ses émissions de carbone par unité de PIB de 40-45 % d’ici 2020 (EurActiv 26/11/09).
Responsabilité historique
Bien que les économies émergentes comme la Chine ne soient pas obligées de s’engager sur des objectifs similaires à ceux des Etats-Unis et de l’UE, l’engagement de Pékin est considéré en Europe comme un premier pas. Je suis satisfait de voir que les engagements arrivent sur la table maintenant, a déclaré l’eurodéputé vert Bas Eickhout à EurActiv. Mais je les considère comme des offres ouvertes. Copenhague devrait servir à les renforcer. Notre climat le demande.
L’UE et les Etats-Unis ont une responsabilité historique : ils sont la cause de plus de 50 % du réchauffement global, en raison des gaz émis depuis la révolution industrielle du 19ème siècle, a expliqué M. Eickhout. La Chine, qui s’est industrialisée bien plus tard, ne peut être considérée comme responsable que de 5 % de l’actuel réchauffement, bien qu’elle soit devenue maintenant l’un des pollueurs les plus importants du monde, a-t-il ajouté.
L’objectif chinois de réduction de son intensité carbone – la quantité de gaz à effet de serre émis par yuan d’activité économique – de 40-45 % d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 2005 signifie toujours que ses émissions vont augmenter, mais moins que sa croissance économique.
Un objectif relatif peut être attendu de la Chine. Sa promesse en est un, a-t-il affirmé.
Selon l’eurodéputé néerlandais, Pékin pourrait se montrer encore plus ambitieux si l’UE et les Etats-Unis effectuaient des réductions correspondantes aux recommandations des scientifiques. La science est claire, a-t-il dit. Les pays industrialisés devraient arriver à un objectif de réduction absolu de 40 % comparé aux niveaux de 1990 pour que l’on parvienne à maintenir le réchauffement en dessous de 2°C.
En l’état, les engagements combinés des Etats-Unis et de l’UE ajouteraient un total de 10 % de réduction d’émissions par rapport aux niveaux de 1990, a expliqué M. Eickhout, affirmant que cela était loin d’être suffisant pour l’objectif de 2°C. Au contraire, les offres des autres pays développés sont bien au dessus de celle des Etats-Unis, s’élevant en moyenne entre -14 et -18 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2020, a-t-il dit.
Cela inclut le Japon, la Norvège et la Russie ainsi que des projets discutés en Corée du Sud, en Indonésie et au Brésil. Avec ces engagements, l’UE se rapproche d’une réévaluation de son offre, celle de réduire ses émissions de 30 %, a déclaré le ministre suédois de l’Environnement Andreas Carlgren cette semaine. Toutefois, il a souligné que tout accord couvrirait seulement la moitié des émissions mondiales sans engagements similaires de la part de la Chine et des Etats-Unis.
Pression de la diplomatie climatique de l’UE
Par ailleurs, l’UE durci sa diplomatie climatique alors que la rencontre de Copenhague approche, avec le président de la Commission M. Barroso affirmant que cette question serait discutée avec le premier ministre chinois Wen Jiabao lors du sommet UE-Chine de lundi (30 novembre).
La semaine prochaine, une délégation d’eurodéputés se rendront à Washington pour parler à leurs homologues au Congrès américain, dans une tentative de faire pression afin d’obtenir des objectifs plus ambitieux de la part de Capitol Hill.
Le mois dernier, le Sénat américain s’était engagé à adopter une mesure appelant à une réduction de 20 % d’ici 2020, mais cet engagement devrait être affaibli alors que la législation est désormais entre les mains d’autres comités du Sénat.
En juin, la Chambre avait adopté un projet de loi destiné à une réduction des émissions de CO2 de 17 % en dessous des niveaux de 2005 d’ici 2020, et à des réductions plus importantes pour les décennies suivantes, avec l’utilisation d’un système d’échange de quotas.



