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L’UE salue les engagements climatiques des Etats-Unis et de la Chine, et appelle à aller plus loin [

Publié 27 novembre 2009
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Dix jours avant l’ouverture du sommet des Nations unies sur le climat à Copenhague, les fonctionnaires de l’UE ont salué les engagements pris par la Chine et des Etats-Unis sur leurs émissions, estimant qu’il s’agissait d’un pas en avant crucial vers la mise en place d’un accord. Ils ont toutefois souligné que les engagements devaient correspondre aux objectifs communs des pays développés afin de garder le réchauffement planétaire en dessous de 2°C.

Nous allons continuer à faire pression sur les Etats-Unis, la Chine et tous nos autres partenaires dans cette négociation pour aller à l’extrême limite de ce qu’il est possible d’obtenir afin de trouver un accord à Copenhague, ont déclaré le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso en réponse aux offres américaine et chinoise.

Mercredi (25 novembre), la Maison Blanche a déclaré que les Etats-Unis s’engageraient à réduire leurs émissions de CO2 de 17 % en dessous des niveaux de 2005 d’ici 2020 – une baisse de 3 % par rapport aux niveaux de 1990 – et de 83 % d’ici 2050.

La Chine a suivi les Etats-Unis hier (26 novembre) en annonçant qu’elle réduirait ses émissions de carbone par unité de PIB de 40-45 % d’ici 2020 (EurActiv 26/11/09).

Responsabilité historique

Bien que les économies émergentes comme la Chine ne soient pas obligées de s’engager sur des objectifs similaires à ceux des Etats-Unis et de l’UE, l’engagement de Pékin est considéré en Europe comme un premier pas. Je suis satisfait de voir que les engagements arrivent sur la table maintenant, a déclaré l’eurodéputé vert Bas Eickhout à EurActiv. Mais je les considère comme des offres ouvertes. Copenhague devrait servir à les renforcer. Notre climat le demande.

L’UE et les Etats-Unis ont une responsabilité historique : ils sont la cause de plus de 50 % du réchauffement global, en raison des gaz émis depuis la révolution industrielle du 19ème siècle, a expliqué M. Eickhout. La Chine, qui s’est industrialisée bien plus tard, ne peut être considérée comme responsable que de 5 % de l’actuel réchauffement, bien qu’elle soit devenue maintenant l’un des pollueurs les plus importants du monde, a-t-il ajouté.

L’objectif chinois de réduction de son intensité carbone – la quantité de gaz à effet de serre émis par yuan d’activité économique – de 40-45 % d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 2005 signifie toujours que ses émissions vont augmenter, mais moins que sa croissance économique.

Un objectif relatif peut être attendu de la Chine. Sa promesse en est un, a-t-il affirmé.

Selon l’eurodéputé néerlandais, Pékin pourrait se montrer encore plus ambitieux si l’UE et les Etats-Unis effectuaient des réductions correspondantes aux recommandations des scientifiques. La science est claire, a-t-il dit. Les pays industrialisés devraient arriver à un objectif de réduction absolu de 40 % comparé aux niveaux de 1990 pour que l’on parvienne à maintenir le réchauffement en dessous de 2°C.

En l’état, les engagements combinés des Etats-Unis et de l’UE ajouteraient un total de 10 % de réduction d’émissions par rapport aux niveaux de 1990, a expliqué M. Eickhout, affirmant que cela était loin d’être suffisant pour l’objectif de 2°C. Au contraire, les offres des autres pays développés sont bien au dessus de celle des Etats-Unis, s’élevant en moyenne entre -14 et -18 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2020, a-t-il dit.

Cela inclut le Japon, la Norvège et la Russie ainsi que des projets discutés en Corée du Sud, en Indonésie et au Brésil. Avec ces engagements, l’UE se rapproche d’une réévaluation de son offre, celle de réduire ses émissions de 30 %, a déclaré le ministre suédois de l’Environnement Andreas Carlgren cette semaine. Toutefois, il a souligné que tout accord couvrirait seulement la moitié des émissions mondiales sans engagements similaires de la part de la Chine et des Etats-Unis.

Pression de la diplomatie climatique de l’UE

Par ailleurs, l’UE durci sa diplomatie climatique alors que la rencontre de Copenhague approche, avec le président de la Commission M. Barroso affirmant que cette question serait discutée avec le premier ministre chinois Wen Jiabao lors du sommet UE-Chine de lundi (30 novembre).

La semaine prochaine, une délégation d’eurodéputés se rendront à Washington pour parler à leurs homologues au Congrès américain, dans une tentative de faire pression afin d’obtenir des objectifs plus ambitieux de la part de Capitol Hill.

Le mois dernier, le Sénat américain s’était engagé à adopter une mesure appelant à une réduction de 20 % d’ici 2020, mais cet engagement devrait être affaibli alors que la législation est désormais entre les mains d’autres comités du Sénat.

En juin, la Chambre avait adopté un projet de loi destiné à une réduction des émissions de CO2 de 17 % en dessous des niveaux de 2005 d’ici 2020, et à des réductions plus importantes pour les décennies suivantes, avec l’utilisation d’un système d’échange de quotas. 

Réactions : 

Se confiant à EurActiv, Jason Anderson, directeur en charge de la politique climatique de l’UE chez WWF, a souligné que d’autres annonces de la Chine montraient également sa volonté d’agir, comme l’objectif de 15 % en matière d’efficacité énergétique et son nouvel objectif de reboisement. Ces annonces montrent que la Chine est prête à agir et devraient briser la barrière consistant à dire que « la Chine doit également s’engager », pensée prédominante aux Etats-Unis mais aussi dans l’UE, a-t-il dit.

Mais M. Anderson a prévenu que le diable se cache dans les détails. La Chine s’est déjà lancée dans la logique d’une réduction de son intensité carbone, et ses nouveaux objectifs, tout en pressant le pas, ne font pas la même chose à un taux qui apparaît aussi impressionnant que ce qu’ils aimeraient faire croire au monde, a-t-il ajouté.

A Bruxelles, les eurodéputés ont réagi de manière positive aux annonces de MM. Obama et Jiabao qui ont dit qu’ils participeraient aux négociations de Copenhague, rejoignant ainsi au moins 70 dirigeants. Cela présage de plus en plus de la conclusion d’un accord politique contraignant à Copenhague, a déclaré M. Eickhout.

S’adressant à EurActiv, l’eurodéputé allemand Karl-Heinz Florenz, du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, a salué le changement de cap des Etats-Unis. Ces quinze dernières années, les portes étaient fermées : nous n’étions même pas autorisé à parler d’objectifs avec les Etats-Unis, maintenant nous le pouvons, a-t-il dit, ajoutant que la délégation du Parlement européen allait à Washington la semaine prochaine pour parler au Congrès. 

L’eurodéputée finlandaise verte Satu Hassi a déclaré à EurActiv qu’elle saluait ce signe très positif qui voyait les Etats-Unis et la Chine commencer à définir quel type d’engagements ils étaient prêts à prendre.

Cependant, d’après ce que j’en ai compris, cela reste de toute façon loin d’être suffisant pour garder le réchauffement planétaire en dessous de 2° C par rapport à l’époque pré-industrielle, a-t-elle averti.

Mme Hassi a souligné que M. Obama devrait aller à Copenhague pour les derniers jours de négociations, au moment où les grandes décisions devraient être prises. Les dirigeants sont nécessaires pour prendre les décisions, pas seulement pour faire des déclarations. Nous savons d’ores et déjà que M. Obama est un excellent orateur, ce dont nous avons besoin c’est qu’il négocie avec les autres dirigeants mondiaux sur les plus gros problèmes des négociations climatiques. Nous avons besoin qu’il négocie face à face avec Hu Jintao et d’autres dirigeants, a-t-elle dit.

Faisant écho à d’autres eurodéputés, la libérale française Corinne Lepage a déclaré que le président Obama devrait aller à Copenhague au même moment que les autres dirigeants. Il est essentiel que tous les dirigeants prennent part aux négociations. Le fait que M. Obama ait prévu d’y aller plus tôt signifie qu’il espère y faire une déclaration plutôt que de participer aux réelles négociations, a-t-elle souligné.

Le responsable du climat pour les Nations unies Yvo de Boer a salué les avancées américaine et chinoise. L’engagement des Etats-Unis en faveur d’objectifs spécifiques de réduction d’émissions à court terme et l’engagement de la Chine pour des actions spécifiques sur l’efficacité énergétique peuvent débloquer deux des dernières portes verrouillées afin de parvenir à un accord détaillé. Ne laissons planer aucun doute quant à notre besoin d’ambitions fortes et de leadership, a-t-il dit.

Prochaines étapes : 
  • 30 nov. 2009: Sommet UE-Chine à Nanjing.
  • 10-11 déc.: Sommet de l'UE. 
  • 7-18 déc.: Conférence des Nations unies sur le climat à Copenhague. 
Contexte : 

La communauté internationale est actuellement engagée dans des négociations qui ont pour but de trouver un accord sur le successeur du protocole de Kyoto, qui expire en 2012.

Un accord sur un nouveau traité devrait être conclu à la conférence sur le climat de Copenhague en décembre, mais les discussions bloquent en raison de la réticence des pays développés à s’engager à verser une aide financière concrète aux pays en développement. On peut également constater l’absence d’engagement pour définir des objectifs de réduction de gaz à effet de serre suffisants.

Lors d’un sommet en date du 30 octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont déclaré que 100 milliards d’euros par an seraient nécessaires d’ici 2020 pour financer les efforts de réduction et d’adaptation au changement climatique dans les pays en développement (EurActiv 30/10/09).

Entre 22 et 50 milliards d’euros par an pourraient provenir de l’aide publique internationale, mais le montant que l’UE va donner dépendra des conclusions de Copenhague, ont dit les dirigeants européens.

Le Parlement européen a appelé cette semaine à la conclusion d’un accord ambitieux et contraignant et a encouragé les dirigeants de l’UE à mettre sur la table des négociations 30 milliards d’euros dans l’aide climatique (EurActiv 26/11/09).

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