Il faut maintenant convaincre les Etats-Unis, le Japon, la Russie et le Canada que la limite de deux degrés Celsius – qui a la préférence des nations européennes du G8 : Allemagne, Royaume-Uni, France et Italie – représente le seuil nécessaire au-delà duquel le changement climatique atteindra des niveaux dangereux.
M. Barroso a cependant déclaré qu’il soulignerait l’importance de la science et du fait de rester dans la limite d’une augmentation de deux degrés Celsius de la température lorsqu’il rencontrera ses homologues du G8 et les dirigeants des économies développées et émergentes, à l’occasion d’un sommet de trois jours dès mercredi.
Nous allons à L’Aquila avec un certain nombre d’objectifs clefs, a-t-il déclaré. Nous insisterons sur le besoin de respecter l’objectif de deux degrés Celsius, a-t-il dit lors d’une conférence de presse avant le sommet dans la ville italienne dévastée par un séisme en avril.
M. Barroso a expliqué qu’il allait également faire pression pour un accord des 17 membres du Forum des économies majeures (FEM) en marge du sommet du G8 afin de rappeler le besoin d’un objectif mondial visant à parvenir à une réduction d’au moins 50 % des émissions mondiales en 2050.
Cela signifie en retour que les pays développées devront réduire leurs émissions d’au moins 80 % sur la même période et soutenir ces efforts à travers des réductions intermédiaires robustes et comparables, a-t-il dit.
En route vers Copenhague
Un accord substantiel au sein du FEM cette semaine faciliterait la définition d’un nouveau traité climatique aux Nations Unies qui doit être adopté à Copenhague en décembre, pour remplacer le Protocole de Kyoto.
Le groupe FEM – qui comptabilise 80 % des émissions mondiales – comprend les principales économies en développement, qui ne souhaitent pas soutenir des objectifs climatiques de long terme tant que les nations riches ne s’accordent pas sur de fortes actions de court terme afin de limiter leur production de gaz à effet de serre réchauffant la planète.
Les pays développés ont une responsabilité spéciale qui doit les pousser à prendre la tête des efforts ; mais cela ne sera pas suffisant, a affirmé M. Barroso.
Les économies émergentes, par exemple, où la croissance des émissions monte en flèche, doivent aussi se joindre aux efforts. Chacun d’entre nous doit apporter sa pierre à l’édifice, dans la droite ligne du principe de responsabilité commune mais différenciée et des possibilités de chacun.
L’an dernier, les nations industrialisées du G8 se sont mises d’accord à l’occasion d’un sommet au Japon sur une « vision » consistant à réduire de moitié les gaz à effet de serre mondiaux en 2050, mais les pays en développement comme la Chine, l’Inde ou le Brésil n’ont pas souscrit à cet objectif de 2050. Des sources du G8 ont déclaré qu’il n’était pas sûr que les nations du FEM parviennent à un accord cette semaine, et une rencontre spéciale avant sommet entre des émissaires était prévue mardi pour aplanir les différences.
Il reste quelques problèmes épineux à résoudre avant mercredi sur le climat et nous avons besoin de voir comment nous pouvons atteindre un accord avec les pays en développement, a déclaré une source importante du G8. Le changement climatique menace les hautes mers et conduit à plus d’inondations et de sécheresses. Par exemple, la forêt tropicale amazonienne pourrait disparaître si les températures augmentent de 4 % ou plus, selon les scientifiques.
(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv.)



