De nombreux opérateurs prévoient de faire fonctionner leurs réacteurs au-delà de leur durée de vie normale, peut-on lire dans un document de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui n'a pas encore été rendu public.
Dans son rapport annuel sur la sûreté nucléaire, l'AIEA explique que les réacteurs nucléaires plus anciens devraient se voir attribuer des objectifs de sécurité plus élevés et donc plus proches de ceux des récents ou des futurs réacteurs.
« Il n'est pas certain que tout le parc nucléaire vieillissant puisse répondre à ces attentes. »
La tragédie de Fukushima a eu lieu le 11 mars 2011, lorsqu'un tremblement de terre a déclenché un tsunami qui a entraîné la disparition de 19 000 personnes. L'énorme vague a également frappé une centrale nucléaire proche de la côte, endommageant fortement les installations.
Perte de confiance
Les images de cette centrale ravagée ont ébranlé la confiance de la population dans l'énergie nucléaire et ont forcé le secteur du nucléaire à lancer des campagnes pour rassurer les consommateurs.
Le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano, a déclaré la semaine dernière que l'énergie nucléaire était plus sûre aujourd’hui qu'il y a un an. Selon ce rapport, « le niveau opérationnel de la sécurité des centrales nucléaires à travers le monde reste élevé ».
Il mentionne la réduction du nombre d'arrêts imprévus des réacteurs ces dernières années.
Ce document de 56 pages rédigé par l'AIEA met cependant en lumière un parc nucléaire vieillissant, au sein duquel 80 % des 435 installations avaient plus de vingt ans fin de l'année dernière.
Ceci « pourrait avoir des conséquences sur la sécurité et sur leur capacité à répondre à la demande énergétique des Etats membres de manière économique et efficace », peut-on lire dans ce rapport soumis aux Etats membres de l'AIEA pour approbation.
Les opérateurs et les régulateurs en faveur du prolongement de la durée d'exploitation de certains réacteurs « doivent analyser en profondeur les aspects relatifs à la sécurité liés au vieillissement de composants clés irremplaçables », ont ajouté les experts dans leur rapport.
Environ 70 % des 254 réacteurs de recherche sont en activité depuis plus de 30 ans et « un grand nombre d'entre eux ont dépassé leur durée de vie initiale », a par ailleurs noté l'AIEA.
Malgré la catastrophe de Fukushima, des Etats comme la Chine et l'Inde continuent d'envisager d'avoir recours au nucléaire pour répondre à leur demande énergétique croissante et certains pays accélèrent même leurs programmes d'énergie nucléaire, peut-on encore lire dans ce document.
La France est en train de construire son premier réacteur de pointe et la Russie cherche à doubler sa production d'énergie nucléaire d'ici 2020, a précisé l'AIEA.




