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Allemagne : les coûts de la sortie du nucléaire pourraient freiner la transition vers l’énergie verte

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Publié 29 août 2012

L’Allemagne devra peut-être ralentir sa transition vers l’énergie verte, a déclaré le ministre de l’environnement, Peter Altmaier, en tentant d’apaiser les craintes de voir les consommateurs assumer les coûts faramineux de la sortie du nucléaire.

Un an avant les élections, les craintes de voir les prix de l'énergie s'envoler dans la première économie européenne sont un obstacle de taille pour le gouvernement de centre-droit de la chancelière, Angela Merkel, qui a fixé des objectifs ambitieux pour remplacer le nucléaire par de l'énergie renouvelable.

Les éoliennes et les panneaux solaires se sont multipliés en Allemagne, en partie grâce à une loi garantissant des taux supérieurs à ceux du marché. Près de 25 % de l'électricité allemande est déjà issue de sources renouvelables, un chiffre qui pousse les experts à affirmer que le pays est en très bonne voie pour atteindre son objectif de 35 % d'ici 2020.

« À ce rythme, nous aurons bientôt un surplus d'énergie qu'il faudra limiter », a déclaré M. Altmaier hier (28 août) au Financial Times Deutschland. « Cela ne servirait à rien. »

M. Altmaier a affirmé que l'expansion rapide et coûteuse de l'énergie verte pesait sur le réseau électrique et entraînait l'augmentation des prix pour les consommateurs qui finissent par en payer les frais. « Ces coûts peuvent être évités avec une meilleure planification. »

La branche allemande de l'entreprise énergétique suédoise Vattenfall a indiqué lundi que les consommateurs pourraient avoir à payer jusqu'à 30 % de plus d’ici 2020, pour une transition qui devrait requérir un investissement d'environ 150 milliards d'euros.

Certains membres du gouvernement de Mme Merkel préconisent l'élaboration d'une nouvelle loi pour alléger le fardeau qui pèse sur les consommateurs qui ont vu leur facture augmenter pour contribuer au financement de la transition vers les énergies renouvelables.

Le ministre de l'économie, Philipp Rösler, dirigeant du Parti libéral-démocrate (FDP) de la coalition, réclame une réforme majeure de la loi avant les élections de 2013. Le conservateur M. Altmaier estime qu'une refonte est en effet nécessaire, mais pas dans l'immédiat.

« C'est une question très complexe, nous avons besoin de temps », a affirmé M. Altmaier au journal, avant d'ajouter qu'une réforme majeure n'aurait aucune chance d'être adoptée par le parlement pour l'instant.

Des commentaires inacceptables

Un social-démocrate senior de l'opposition, Ulrich Kelber, a critiqué les propos de M. Altmaier : « Il est complètement inacceptable de ralentir le développement des énergies renouvelables. »

M. Kelber a déclaré que le gouvernement n'avait pas réussi à présenter un plan cohérent pour moderniser le réseau électrique, ce qui aurait contribué au développement de l'énergie éolienne en mer, une source d'énergie renouvelable considérée comme un élément clé.

Le sentiment d'indignation face aux prix en Allemagne, un pays classé au deuxième rang des prix les plus élevés en Europe, s'est intensifié alors que le gouvernement devrait décider en octobre s'il souhaite ou non augmenter les frais assumés par les consommateurs.

Mme Merkel a exprimé son souhait de maintenir les frais assumés cette année par les consommateurs (3,6 centimes par kilowatt-heure) à ce niveau dans les années à venir. La plupart des experts estiment toutefois que ces frais devraient grimper à plus de 5 centimes en 2013.

Une telle augmentation signifierait que la majorité des ménages paieraient 70 euros de plus en moyenne sur une facture d'électricité de 900 euros par an. Ils payent déjà 150 euros pour l'énergie verte.

L'exonération accordée à l'industrie consommatrice d'électricité ne fait qu'indigner un peu plus les électeurs. Cette exonération est indispensable au vaste secteur manufacturier allemand, qui s'est battu pour l'obtenir en avançant que l'augmentation des coûts pourrait mettre à mal la compétitivité des entreprises.

Si le gouvernement de Mme Merkel décide de freiner la transition pour limiter les coûts transmis aux consommateurs, le secteur de l'éolien en mer pourrait en être la première victime.

Dans ce secteur considéré à l'origine comme l'une des principales sources d'électricité verte, les progrès ont été lents, car les coûts sont plus élevés que prévu et les obstacles réglementaires rebutent les investisseurs. Le gouvernement de Mme Merkel devrait approuver aujourd'hui un projet de loi visant à faciliter le développement de parcs éoliens en mer.

Prochaines étapes : 
  • 29 août 2012 : le gouvernement de la chancelière Angela Merkel devrait approuver un projet de loi visant à faciliter le développement de parcs éoliens en mer.
EurActiv avec Reuters – Article traduit de l'anglais
Contexte : 

En mai 2011, l'Allemagne a annoncé son intention de fermer toutes ses centrales nucléaires d'ici 2022, suite à la catastrophe de Fukushima au Japon.

Peu après, huit des 17 centrales nucléaires allemandes les plus anciennes ont été définitivement fermées. Il est prévu que six autres le soient d'ici 2021.

Les trois réacteurs restants, ceux construits le plus récemment, resteront en activité pour une année supplémentaire jusqu'en 2022 afin d'éviter des perturbations dans l'approvisionnement énergétique.

Deux mois à peine avant la catastrophe, la chancelière avait pris la décision impopulaire de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires anciennes de son pays. Mais elle a dû faire marche arrière, confrontée à l'hostilité du public suite à la catastrophe de Fukushima.

Avant cette décision finale, 23 % de l'énergie consommée en Allemagne provenait de centrales nucléaires.

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