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Aviation : un ambassadeur de l'UE encourage les pays à adopter leurs propres mesures

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Publié 25 janvier 2012, mis à jour 14 février 2012
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aviation, carbon market, CO2, ETS

Les pays qui s'opposent à une loi européenne qui fait payer aux compagnies aériennes leurs émissions de carbone devraient envisager d'adopter des mesures similaires pour pouvoir échapper à la législation de l'Union, a expliqué le nouvel ambassadeur de l'UE en Inde hier (23 janvier).

Depuis le 1er janvier, toutes les compagnies aériennes opérant dans des aéroports de l'UE doivent se plier au système d'échange de quotas d'émission de l'Union (SCEQE). Cette nouveauté a suscité de vives réactions de la part des Etats-Unis, de la Chine et de l'Inde.

Toute compagnie qui ne se conformera pas à ces nouvelles règles devrait payer une amende de 100 euros par tonne d'émissions de CO2 excédentaires. Dans le cas d'infractions répétées, l'UE a le droit d'interdire l'accès de ses aéroports à la compagnie en question.

« Certains points de la législation n'ont pas encore été explorés s'agissant des exemptions dans le cas de mesures équivalentes », a déclaré le nouvel ambassadeur de l'UE à New Delhi, Joao Cravinho.

« Il sera possible de négocier, mais pas d'annuler la loi. »

Les nouvelles règles européennes permettent que des mesures équivalentes soient prises en considération ce qui, selon certains experts, pourrait autoriser le recours à d'autres options pour la réduction des émissions dans le secteur aérien.

La loi ne précise cependant pas quelles pourraient être ces mesures équivalentes.

« Les vols en provenance de pays disposant de mesures équivalentes peuvent être exemptés. Nous devons donc déterminer quelles seront ces mesures », a déclaré M. Cravinho.

L'UE affirme qu'elle se doit de donner un prix aux émissions de CO2 pour se préserver des impacts du réchauffement climatique (mauvaises récoltes, sécheresses, inondations, etc.).

Les taxes sur les émissions de carbone de l'aviation font partie d'une série de mesures qui devraient permettre à l'Union de respecter ses engagements en termes de réduction des émissions. L'UE s'est en effet engagée à réduire ses émissions de 20 % par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2020.

Les détracteurs de ces nouvelles mesures clament que leur nature unilatérale viole la Convention de Chicago sur l'aviation internationale, ainsi que les dispositions de l'Organisation mondiale du commerce.

Certains pays ont menacé l'UE de représailles, mais M. Cravinho a déclaré que l'Union ne reculerait pas, dans la mesure où les compagnies européennes étaient tout aussi touchées que les autres.

« Toute mesure discriminant les compagnies européennes sera à coup sûr contestée [...] devant le tribunal international », a-t-il expliqué.

EurActiv.com avec Reuters - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

En vue de pallier la contribution de l'aviation au changement climatique, modeste aujourd'hui, mais en croissance rapide, la Commission européenne a publié une proposition législative en décembre 2006 afin d'inclure les compagnies aériennes dans le système d'échange de quotas d'émission de l'Union européenne (SCEQE).

Il s'agit d'imposer un plafond pour les émissions de CO2 à tous les avions qui arrivent dans un aéroport de l'UE ou en repartent, tout en permettant aux compagnies aériennes d'acheter et de revendre des « permis de polluer » sur le marché du carbone européen. Ce système permet donc de récompenser les compagnies qui polluent peu.

Cette réglementation est entrée en vigueur le 1er janvier 2012. Toutefois, les gouvernements des pays en dehors de l'UE et leurs compagnies aériennes ont menacé l'UE de poursuites judiciaires ou de représailles commerciales s'ils ne pouvaient pas bénéficier de dérogations. L'organisme officiel représentant le secteur de l'aviation en Chine, China Air Transport Association (CATA), a déclaré que le SCEQE coûterait 123 millions de dollars (95 millions d'euros) à ses compagnies la première année et que ce montant triplerait d'ici 2020. Le pays réclame également des dérogations spéciales en raison de son statut de pays en développement.

Les fonctionnaires européens affirment quant à eux que la Chine a un PIB plus important que celui de la Grèce ou du Portugal et se demandent pourquoi la Chine ne devrait pas payer les mêmes taxes que les autres.

L'UE permet en outre l'octroi de dérogations pour les gouvernements qui appliquent des mesures équivalentes pour réduire les émissions de l'aviation. Bruxelles n'a toutefois pas encore défini ces mesures. L'organisme de réglementation de l'aviation en Chine a déjà demandé à ses transporteurs aériens de réduire leur consommation d'énergie et leurs émissions de carbone de 22 % d'ici 2050.

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