« Nous devrions utiliser tous les outils dont nous disposons pour lutter contre les éléments qui provoquent des distorsions du marché », a déclaré Marc Vanheukelen lors d'une réunion du European Policy Centre jeudi dernier (15 mars).
« Nous pourrions assigner en justice les pays qui, selon nous, ne respectent pas des règles de concurrence équitables », a-t-il ajouté en référence aux éventuelles pratiques déloyales des partenaires commerciaux de l'UE.
Les experts resteront toutefois attentifs pour voir si les magistrats européens poursuivront bel et bien Beijing à ce sujet.
La Chine envisage les questions climatiques d'un point de vue commercial et industriel, a expliqué M. Vanheukelen.
« Les Chinois veulent que leur industrie se développe. Ils encouragent les entreprises américaines et européennes à adopter le même point de vue. Ils interprètent librement les règles de la propriété intellectuelle. Ils produisent ensuite à bas prix les mêmes technologies et ferment le marché aux concurrents », a-t-il déploré.
La machine commerciale chinoise
« C'est la machine commerciale chinoise. C'est ainsi qu'elle se développe. Les Chinois n'abaisseront certainement pas leurs tarifs si facilement. Ce n'est pas ainsi que la Chine fonctionne », a-t-il expliqué.
Les dépenses de l'empire du Milieu dans le domaine des énergies renouvelables ont explosé au cours des dernières années, dans le but d'atteindre l'objectif de 15 % de la production énergétique issue d'énergies renouvelables d'ici 2015.
En 2010, la Chine a pris la place des États-Unis en tant que leader mondial en matière de capacité éolienne installée (avec 41,8 GW contre 40,2 GW) et a accordé 30 milliards de dollars (22,6 milliards d'euros) de prêts et de subventions à ses entreprises d'énergie solaire.
La Chine affirme n'avoir pas d'autre choix que d'investir à cette échelle pour atteindre les objectifs climatiques déclarés nécessaires par la Convention-cadre de l'ONU sur le changement climatique. Les entreprises européennes d'énergie renouvelable affirment cependant que la Chine les empêche d'en profiter également.
« Adressez-vous aux entreprises européennes d'énergie éolienne et solaire, vous constaterez qu'elles ne sont pas satisfaites », a déclaré M. Vanheukelen. « Elles ont été écartées du marché à cause des subventions astronomiques accordées aux entreprises chinoises. »
Poursuites antidumping
Fin 2011, l'entreprise allemande Solarworld AG a annoncé des poursuites antidumping de l'ordre de 1 milliard de dollars (0,8 milliard d'euros) contre des entreprises chinoises opérant aux États-Unis. Le porte-parole de l'entreprise a déclaré à EurActiv que des procédures similaires étaient prévues au sein de l'UE, contre des entreprises chinoises.
M. Vanheukelen a rejeté l'idée que bloquer l'accès au marché européen pour certains produits puisse revenir à du « protectionnisme vert » et il a avancé que d'autres pays avaient davantage recours à des « barrières commerciales environnementales » que l'UE.
Il a toutefois également noté que l'OMC n'était pas spécialement favorable à ces poursuites judiciaires et il a exprimé son souhait de voir redéfinies les règles dans ce domaine.
« Il s'agit d'une question nouvelle. Il n'existe pas encore de règles commerciales pour l'environnement. L'OMC devra se pencher sur la question après Doha », a-t-il déclaré.
« Ces règles doivent être écrites. Nous participerons volontiers au débat politique qui sera lancé à Genève. Mais nous en sommes encore loin », a-t-il conclu.

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