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L'aviation, une contribution mineure au changement climatique?
Peter Liese réfute l'argument maintes fois entendu proposant que le secteur aérien responsable de seulement 3% du total des émissions européennes, bénéficie d'une certaine indulgence.
Il remarque que "le secteur aérien ne représente que 0,6% de l'économie européenne, et pourtant personne ne soutiendrait que cette contribution est insignifiant. Alors comment pourrait-on négliger 3% d'émissions?". Il a également rappelé que les autres secteurs étaient déjà contraints de réduire d'environ 8% leurs émissions par rapport aux niveaux de 1990 et d'environ 20-30% à l'horizon 2012.
- Une distorsion minimale
Peter Liese admet que l'inclusion de l'aviation dans le système ETS présente des inconvénients, comme une possible perte de compétitivité du secteur aérien européen, il appelle donc à examiner les moyens de réduire au maximum la distorsion concurrentielle entre les compagnies aériennes européennes et les autres.
Selon lui, cela reviendrait à gommer la différenciation proposée par la Commission entre les compagnies aériennes internes à l'Europe et les vols intercontinentaux, ce qui selon lui "accroîtrait substantiellement" l'impact environnemental du système.
- Vers une guerre commerciale transatlantique?
Les Etats-Unis sont persuadés que l'UE n'a aucun droit d'imposer son système sur les opérateurs aériens des pays tiers, annonçant clairement des mesures de représailles commerciales si l'UE poursuivait son projet d'extension de l'ETS aux vols internationaux.
Toutefois, Peter Liese ne semble pas prêt à céder à la pression : "Les Etats-Unis ne devraient pas être en mesure de freiner notre ambitieuse politique de lutte contre le changement climatique". Il a ajouté que le projet de la Commission était justifiable dans le cadre des règles internationales et qu'il reposait sur une solide base juridique.
Selon lui, "l'Union européenne s'est engagée dans des discussions controversées, voire des batailles commerciales pour des cas moins flagrants. Nous parlons ici de préserver notre planète et notre position est soutenue par l'immense majorité de la communauté scientifique mondiale. Nous ne devrions donc pas nous montrer trop hésitants".
- Quid de la gratuité des permis d'émissions?
Si Peter Liese refuse de céder aux pressions visant à introduire un plafond plus strict sur le secteur aérien que celui actuellement proposé par la Commission "parce que la technologie de réduction des émissions n'est pas encore disponible", il souligne cependant la nécessité de partager équitablement le fardeau, précisant que le plafond devrait être liée à d'autres facteurs, comme la méthode d'allocation des quotas.
A cet égard, le député européen se montre clairement en faveur de davantage de mise aux enchères : "Le Parlement a demandé une mise aux enchères à 100% dans sa résolution de 2006. Une parti importante de mise aux enchères donnerait l'occasion de baisser d'autres types de taxes et de charges pour réduire le fardeau global pesant sur les citoyens".
- Vers de nouvelles taxes?
Peter Liese pense également que la directive devrait aborder la question des réductions fiscales qui créent actuellement une distorsion de concurrence entre l'aviation et d'autres systèmes de transport respectueux de l'environnement, comme le chemin de fer et le bus, "qui supportent de lourdes taxes en comparaison avec le secteur aérien, qui jusqu'à maintenant n'est contraint de payer aucune charge ou taxe".
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