Les incendies qui frappent le pays depuis le début de l'été ont brûlé plus de 140 000 hectares de forêt, notamment le parc national de Garajonay sur les îles Canaries et celui de Cabañeros dans le centre du pays.
« Ces incendies ont entraîné une importante perte de couverture forestière et de biodiversité. Dans de nombreux cas, ils ont également des conséquences sur l'économie locale qui repose sur les produits de la forêt », a déclaré María Melero de Blas, du programme de gestion forestière de l'organisation de défense de l'environnement WWF à Madrid.
Mme Melero de Blas a expliqué qu'en plus du manque de sapeurs-pompiers, l'absence de coopération entre les différents niveaux du gouvernement ne faisait qu'accroître le risque d'incendie. « Les coupes budgétaires dans la lutte contre les feux de forêt ne sont pas seulement responsables de la propagation de ces feux en Espagne », a-t-elle ajouté.
« La mauvaise gestion des forêts et le manque de coordination entre les politiques forestières régionales et nationales ces dernières années ont accru les risques d'incendie », a-t-elle affirmé dans un commentaire envoyé à EurActiv. « Même si la loi espagnole requiert que les forêts soient soumises à des plans d'exploitation, c'est le cas dans seulement 13 % des cas. Il en va de même pour les zones naturelles protégées. Seuls 9 % des zones forestières du réseau européen Natura 2000 disposent d'un plan d'exploitation. »
Selon un rapport de 2008 sur l'état des zones naturelles en Espagne, quelque 14 millions d'hectares, soit 28 % du pays, abritent des zones naturelles sous la protection de l'État ou des régions. Ce rapport souligne pourtant le manque de coordination en matière de protection des zones naturelles et d'application des lois nationales et européennes sur la protection de la biodiversité.
Cette année, les conditions météorologiques difficiles ont touché d'autres régions du vieux continent. Les périodes de sécheresse prolongées ont également contribué au déclenchement de feux de forêt dévastateurs au Portugal, dans le sud de la France et en Grèce ainsi que dans les Balkans et en Turquie.
Selon les dernières mises à jour du système européen d'information sur les feux de forêt, le risque élevé à très élevé de propagation des incendies concerne la majeure partie de l'Espagne, les Balkans occidentaux, la Hongrie et presque toute la Turquie. Plusieurs cas de zones brûlées ont été observés au nord de l'Espagne et dans les Balkans.
Le ministre grec de l'ordre public soupçonne des incendies volontaires
Cette semaine, en Grèce, le gouvernement à court d'argent mène l'enquête sur une vingtaine d'incendies majeurs pour déterminer si certains d'entre eux ont été volontairement déclenchés dans le cadre de manifestations contre les mesures d'austérité.
« Il existe des indications, voire des preuves, que les incendies de Chios sont d'origine volontaire. Nous avons donc mobilisé les sapeurs-pompiers, la police et les services nationaux de renseignement », a déclaré le ministre de l'ordre public, Nikos Dendias, à propos de certaines zones sur l'île égéenne est qui a vu partir en fumée des milliers d'hectares de forêt et de terres agricoles. C'est ce que révèle sur son site Internet en anglais le quotidien grec Kathimerini.
Les incendies estivaux ne sont pas rares dans la région méditerranéenne souvent desséchée. Les autorités font normalement appel à des pompiers supplémentaires en plus de leurs propres brigades. Un forestier et pompier professionnel espagnol a toutefois déclaré au Guardian que ces effectifs temporaires avaient été supprimés suite aux mesures d'austérité, alors que des incendies ravagent le pays.
« En 15 ans de métier, je n'avais jamais rien vu de tel », a-t-il affirmé à propos des feux qui se sont propagés aux alentours de la ville d'Alcublas, à l'ouest du pays.
L'Observatoire européen de la sécheresse a rapporté des conditions de sécheresse dans certaines régions de la France, de l'Allemagne, de l'Espagne et de l'Italie ainsi que dans les îles Féroé de l'Atlantique nord, une province autonome du Danemark.




