« Je pense que nous avons besoin de fixer de nouveaux objectifs en matière de réduction des émissions de CO2 », a-t-il déclaré lors d'une conférence à Bruxelles le 31 octobre qui marque le lancement d'une nouvelle alliance entre des entreprises s’impliquant dans les énergies renouvelables et la production de gaz naturel.
Selon M. Oettinger, ces objectifs représenteraient « peut-être plus de 20 ou 30 % en 2030. »
« Je pense [aussi] que nous avons besoin de nouveaux objectifs contraignants en matière d’énergies renouvelables puisque, si nous mettons en place des objectifs contraignants seulement sur les émissions de CO2, le nucléaire serait alors préférable », a-t-il ajouté.
L'énergie nucléaire pourrait être la bienvenue a expliqué M. Oettinger, « mais nous avons besoin de perspectives claires pour l'énergie renouvelable et donc davantage d'obligations et peut-être de plans européens de soutien plus harmonisés et coordonnés, pas seulement de 28 plans de soutien différents. »
Un débat interne au sein de la Commission européenne sur la communication des objectifs pour 2030 devrait débuter dans six semaines. Entre-temps, des messages contradictoires émanent de l'exécutif européen concernant le contenu éventuel de ce débat.
Jasmin Battista, membre du cabinet de M. Oettinger, a déclaré lors d'une réunion en octobre que le commissaire soutiendrait seulement un objectif comprenant à la fois des énergies renouvelables et des réductions d'émission de CO2. Cependant, un tel paquet ne bénéficierait pas du soutien de tous les États membres.
Une semaine plus tôt, Jos Delbeke, directeur général de la DG Action pour le climat, a affirmé lors d'une autre conférence à Bruxelles qu'il n'y aurait pas de paquet énergie-climat avant 2015 au plus tôt.
Réforme de l'ETS
Une proposition distincte pour des objectifs visant à réduire davantage les émissions pourrait également inclure les propositions de réforme du système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS) rédigées par la DG CLIMA, qui ébranleraient le prix stagnant du carbone.
Shell, une des entreprises en faveur de la nouvelle association entre le gaz et les énergies renouvelables, apporte son soutien à la suppression des quotas ETS d'un milliard d'euros et à un prix plancher sur le carbone à partir de 2020. Ces deux initiatives pourraient favoriser l'investissement dans la technologie de captage et stockage du dioxyde de carbone (CSC).
Dick Benschop, vice-président des marchés du gaz aux Pays-Bas pour Shell, a toutefois affirmé que des objectifs européens qui se chevauchent interféreraient avec les ambitions politiques de l'UE. « Pour nous, il est évident que le CO2 constitue l'objectif principal pour 2030. C'est ce qui provoque le changement climatique », a-t-il confié à EurActiv.
Shell n'a pas encore communiqué une position précise, mais M. Benschop a indiqué que le géant de l'énergie, qui pour la première fois cette année produira probablement plus de gaz naturel que de pétrole, espère atteindre un objectif situé entre 30 et 40 %.




