Le Protocole de Kyoto représente un engagement international destiné à répondre à la responsabilité historique des pays développés dans le changement climatique, et son mécanisme détaillé de conformité est difficile à répliquer, a déclaré lors d'un entretien avec EurActiv le Dr. J. Bhagwati, ambassadeur de l'Inde auprès de l'UE.
L'Inde, un des pays au premier plan de l'élaboration de l'accord a minima de Copenhague sur le changement climatique en décembre dernier (EurActiv 19/12/09), est convaincue que le remplacement du protocole par un autre instrument conduirait seulement à donner du crédit à l'allégation selon laquelle les pays développés souhaitent se retirer de leurs engagements contraignants.
Selon l'ambassadeur M. Bhagwati, une telle initiative remettrait également en question la crédibilité de toutes nouvelles obligations juridiques que les pays riches pourraient adopter dans le cadre d'un nouvel instrument.
Copenhague a été un échec en raison de la divergence durable entre les positions des pays en développement et développés, a-t-il noté, soulignant que seuls des objectifs ambitieux de réduction d'émission des pays développés déboucheraient sur un accord significatif et crédible à Mexico.
L'Inde fait tout son possible dans la limite de ses ressources propres pour réduire ses émissions, qui par tête sont plus faibles que la moyenne des émissions par tête dans les pays développés, a expliqué l'ambassadeur.
Le Plan d'action national indien va permettre au pays de réaliser un changement stratégique par rapport à son actuelle dépendance aux carburants d'origine fossile pour se tourner vers des sources d'énergie renouvelables et propres, a-t-il mis en avant, affirmant que son pays avait effectivement découplé croissance économique et utilisation énergétique, et que l'intensité énergétique de son PIB figure parmi les meilleures au monde.
Interrogé pour savoir pourquoi l'Inde figurait toujours au 123ème rang de l'Indice de performance environnemental (IPE) en 2010, le plus haut niveau comparé aux autres pays nouvellement industrialisés comme le Brésil, la Russie et même la Chine, l'ambassadeur a affirmé que la pauvreté était le pire des pollueurs, citant l'ancien premier ministre indien Indira Gandhi.
Pour un pays comme l'Inde, qui a l'une des empreintes carbone les plus faibles du monde, la première priorité absolue est de poursuivre le développement économique, d'éradiquer la pauvreté et de gérer la pauvreté énergétique. Il y a encore près de 500 millions de personnes en Inde qui n'ont pas accès à l'énergie commerciale, a déclaré M. Bhagwati, notant que le plan d'action nationale était un pas important dans cette direction.
Avec les 55 pays qui ont pris des engagements de réduction d'émissions dans le cadre de l'accord de Copenhague, l'Inde s'est engagée à réduire son" intensité carbone" de 20-25 % dès 2020 par rapport à 2005 (EurActiv 02/02/10).
Nous avons récemment annoncé que nous allions adopter un objectif volontaire de réduction de l'intensité d'émissions du PIB de l'Inde de 20-25 % d'ici 2020 par rapport au niveau de 2005, suite à notre évaluation selon laquelle notre intensité d'émissions a chuté de 17 % entre 1990 et 2005. Ceci est certainement une manifestation supplémentaire du sérieux avec lequel l'Inde souhaite contribuer à l'action mondiale contre le changement climatique, a ajouté M. Bhagwati.