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Le réchauffement climatique et les phénomènes météorologiques extrêmes

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Publié 29 mars 2012, mis à jour 14 décembre 2012

Les scientifiques sont aujourd'hui certains à plus de 90 % que le réchauffement climatique causé par l'Homme accroîtra la durée, la fréquence et l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes comme les vagues de chaleur. C'est ce que révèle un rapport de référence sur le sujet.

Le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) relatif aux phénomènes météorologiques extrêmes a révélé qu'il était très probable que le changement climatique soit déjà responsable de graves vagues de chaleur dans des zones comme l'Europe méridionale et méditerranéenne.

D'ici 2100, les coûts financiers de ces conditions extrêmes pourraient s'élever à 15 000 milliards d'euros et concerneraient principalement les pays actuellement en développement.  

Les populations les plus touchées seraient alors les femmes, les populations pauvres, les personnes âgées, illettrées, handicapées ou en mauvaise santé.

« Ces informations sont à présent sur la table », a déclaré à EurActiv Thomas Stocker, l'un des principaux auteurs du rapport. « Si les émissions anthropiques de gaz à effet de serre sont élevées, l'incidence de journées de « pics de chaleurs » sera multipliée par dix. »

« Si nous optons pour un programme d'atténuation, ces conditions extrêmes seront tout de même présentes », a-t-il expliqué.

Ce rapport a été rédigé par 220 auteurs issus de 62 pays et il inclut les commentaires de plus de 18 000 experts et gouvernements ajoutés lors de ses trois phases de révision.

« Il s'agit certainement du rapport le plus approfondi jamais rédigé sur les conditions climatiques extrêmes », a déclaré M. Stocker. 

Nouveau vocabulaire de l'incertitude

Le rapport a utilisé un « nouveau vocabulaire de l'incertitude » établissant un classement rigoureux de la fiabilité des prévisions en fonction d'une échelle allant de « pratiquement certain » (à 99 à 100 %) à « très peu probable » (de 0 à 1 %).

Lorsque le rapport affirme par exemple qu'il est « probable » que les fortes précipitations se multiplient sur la planète au cours de ce siècle, il s'agit d'une probabilité estimée entre 66 et 90 %, selon les données disponibles.

Pour atteindre ce degré d'exactitude, le rapport a été rédigé selon un modèle de « consensus » qui s'est avéré problématique pour l'évaluation de la corrélation entre le changement climatique lié aux activités humaines et certains phénomènes comme les cyclones tropicaux, sur lesquels peu de données ont été collectées avant 1950.

Certains scientifiques qui ont contribué à ce rapport ont également remis en cause la quantité de précipitations qui mène techniquement à des sécheresses et la meilleure manière d'évaluer ces sécheresses, par le taux d'humidité du sol ou le nombre de jours consécutifs sans précipitations. Ces deux mesures ont finalement été utilisées.

Cette approche rigoureuse vise les décideurs politiques et pourrait constituer une barrière incontestable face aux climatosceptiques qui par le passé ont remis en cause les rapports du GIEC et dénoncé des confusions.

Autre étude

Une autre étude fondée sur le point de vue d'une équipe scientifique suggère toutefois que la corrélation entre le changement climatique et d'autres conditions climatiques extrêmes pourrait être confirmée avec encore plus de certitude.    

Selon les conclusions d'une enquête du Potsdam-Institut für klimafolgenforshung (l'institut de Potsdam pour la recherche climatique) révélées cette semaine, il est très probable que le réchauffement climatique soit responsable du nombre croissant d'évènements météorologiques extrêmes au cours de la dernière décennie. 

« Nous nous sommes concentrés sur les évènements météorologiques extraordinaires des dix dernières années », a expliqué à EurActiv Dim Coumou, l'un des auteurs du rapport.

« Nous avons donc constaté un grand nombre d'évènements inédits, comme les vagues de chaleur qui ont frappé la Russie en 2010 et l'Europe en 2003, ou les précipitations très fortes qui se sont abattues sur le Pakistan en 2010 et l'Australie en 2011 », a-t-il déclaré.

Cette étude qui a fait l'objet d'une révision par les pairs et a été publiée dans la revue Nature Climate Change affirme que la durée des vagues de chaleur en Europe a presque doublé au cours des dix dernières années et que la fréquence des jours de chaleur a presque triplé entre 1880 et 2005.

Des étés extrêmement chauds

Des étés très chauds sont aujourd'hui observés sur environ 10 % du globe contre 0,1-0,2 % pour la période 1951-1980. Aux États-Unis et en Australie, presque deux fois plus de jours de chaleur que de jours de froid ont été enregistrés.

M. Coumou a déclaré que les conclusions des deux rapports n'étaient « pas fondamentalement différentes » malgré leurs approches distinctes, mais M. Stocker n'est pas du même avis.

« C'est comme si l'on comparait un pois et une énorme caisse d'oranges », a-t-il déclaré en soulignant que le rapport du GIEC avait pris en compte des milliers d'études différentes et l'avis d'un large éventail d'experts. 

Les deux rapports affirment cependant qu'il est très probable que le XXIe siècle sera témoin d'une tendance au réchauffement et à la raréfaction des jours de grand froid. 

« Le message clé est qu'il existe à présent une preuve scientifique solide que le réchauffement climatique anthropique est lié aux fortes précipitations et aux vagues de chaleur », a déclaré M. Coumou.

Prochaines étapes : 
  • D'ici octobre 2014 : le  GIEC devrait rendre sa cinquième évaluation scientifique sur le changement climatique.
  • 2015 : les parties de la dix-septième session de la Conférence des Nations unies pour le changement climatique devraient s'accorder sur cadre législatif pour la seconde série de réductions d'émissions dans le cadre du protocole de Kyoto.
  • 2020 : le nouveau traité mondial pour le climat devrait entrer en vigueur.
Arthur Neslen — Article traduit de l'anglais

COMMENTS

  • Je relève deux contradictions majeures.
    1) Dans ses rapports antérieurs, le GIEC affirmait que le réchauffement climatique allait faire diminuer les événements extrêmes (et je suis d'accord). Mais à présent, première surprise, le GIEC nous dit exactement le contraire : beau virage à +-pi radians. Ce n'est pas sérieux!....
    2) Seconde contradiction : le GIEC sait parfaitement que Tglobale est stable depuis 1999. Donc tout événement depuis 14 ans ne peut être attribué à un réchauffement climatique qui n'existe plus dans le monde réel (ce qui n'est, hélas, pas le cas dans le monde imaginaire des modèles numériques).
    Alors, pourquoi le RCA serait-il le bouc émissaire pour tout événement extrême? Pourquoi ces contradictions du GIEC ? Parce que cela permet de rester dans la "ligne du Parti"?

    Enfin, le rôle du CO2 sur T (dont la part anthropique n'est pas connue) reste une hypothèse, tout comme les rétroactions positives. En outre, les modèles ne savent pas prendre en compte le cycle de l'eau, l'ennuagement, la cryosphère, les grands courants marins et les échanges dynamiques d'air et d'énergie.

    Donc, en l'état actuel de nos connaissances, il est certain que les prévisions des modèles numériques ne sont pas crédibles.

    By :
    jipebe29
    - Posted on :
    04/04/2012
Contexte : 

Les évènements météorologiques extrêmes étant rares, peu de statistiques sont disponibles pour les étudier. Le rapport du GIEC sur les conditions extrêmes a toutefois révélé qu'il était probable que l'incidence des vagues de chaleur et des inondations ait augmenté au cours des dernières années, même si les variations régionales sont très marquées.

Une augmentation des niveaux de l'eau dans les régions côtières liée à la montée des mers a été estimée prévisible à 66-90 %.

Les scientifiques du GIEC ont également affirmé avec une certaine conviction que les périodes de sécheresse seraient plus intenses et plus longues, notamment en Europe méridionale et en Afrique occidentale, alors que la situation inverse semble se produire en Amérique du Nord et dans le nord-ouest de l'Australie.

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