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Le réchauffement des océans responsable de la propagation de bactéries

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Publié 24 juillet 2012, mis à jour 01 octobre 2012

Le changement climatique lié à l’homme est le premier facteur derrière l’émergence en Europe du Nord d’un groupe de bactéries qui peut provoquer la gastroentérite, selon une nouvelle étude d’un groupe d’experts internationaux.

Cette étude, publiée dans la revue Nature Climate Change, fournit l'une des premières preuves concrètes que le phénomène de réchauffement de la mer Baltique coïncide avec l'émergence d'infections à Vibrios dans le nord de l'Europe.

Les bactéries de type Vibrio se développent normalement dans des environnements marins chauds et tropicaux. Ces bactéries peuvent entraîner diverses formes d'infection chez l'Homme, du choléra à la gastroentérite, suite à la consommation de crustacés crus ou pas assez cuits où à une exposition à de l'eau de mer.

Une équipe de scientifiques issus de plusieurs institutions en Grande-Bretagne, en Finlande, en Espagne et aux États-Unis a mis en regard les températures record de la surface de la mer, des données satellites et des statistiques sur les cas de Vibrios dans la région de la mer Baltique.

Ils ont découvert que le nombre et la répartition des cas dans la mer Baltique étaient fortement liés à des pics de température à la surface de l'eau. Chaque année, les températures ont augmenté d'un degré et le nombre de cas de Vibrios a presque doublé.

« Les importantes augmentations apparentes que nous avons relevées lors des vagues de chaleur [...] tendent à indiquer que le changement climatique provoque en effet des infections », a déclaré l'un des auteurs du rapport, Craig Baker-Austin du Centre for Environment, Fisheries and Aquaculture Science.

Les études climatiques montrent que l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre a entraîné une hausse moyenne de 0,17 °C des eaux de surfaces à l'échelle mondiale entre 1980 et 2010.

L'étude sur les Vibrios s'est concentrée sur la mer Baltique, car elle s'est réchauffée à une vitesse inédite de 0,063 à 0,078 °C par an entre 1982 et 2010, soit 6,3 à 7,8 °C par siècle.

« À notre connaissance, il s'agit du réchauffement le plus rapide parmi les écosystèmes marins examinés sur la planète », peut-on lire dans cette étude.

De nombreuses bactéries prolifèrent dans des eaux marines chaudes peu salées. Outre ce réchauffement, le changement climatique a entraîné des précipitations plus fréquentes et plus abondantes, ce qui a réduit la teneur en sel des estuaires et des zones humides côtières.

À mesure que les températures des océans augmentent et que la teneur en sel diminue dans les régions côtières du nord, des souches de bactéries Vibrios risquent d'apparaître dans de nouvelles zones, selon les scientifiques.

Auparavant, les proliférations soudaines de ces bactéries ont souvent été imputées à des événements inhabituels ou à des conditions spéciales, plutôt qu'au changement climatique à long terme.

Cela s'explique par le fait que les effets du réchauffement climatique peuvent être plus marqués dans des latitudes plus élevées et dans des zones pour lesquelles peu de données climatiques sont disponibles, selon cette étude.

M. Baker-Austin a souligné que l'on se rendait progressivement compte de la corrélation entre le climat et l'émergence de maladies infectieuses, mais que de nombreuses données manquaient encore, un problème qui devra être résolu.

EurActiv avec Reuters – Article traduit de l'anglais
Contexte : 

La capacité d'absorption des gaz à effet de serre de l'Atlantique nord a diminué de moitié entre 1995 et 2005, selon les scientifiques environnementaux de l'université britannique d'East Anglia. 

Pourtant, les océans et les terres de la planète continuent de renfermer de grandes quantités de CO2. Ils absorbent quelque 50 % de tout le dioxyde de carbone émis dans l'atmosphère. 

Les universitaires estiment que le ralentissement de l'absorption des océans devrait faire grimper rapidement les niveaux de CO2 dans l'atmosphère et a fortiori intensifier le réchauffement climatique. Si les mers du monde arrivaient à saturation et commençaient à rejeter le gaz dans l'atmosphère, le réchauffement climatique mondial pourrait s'intensifier de manière exponentielle.

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