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Le secteur privé doit s’attaquer au changement climatique

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Publié 16 janvier 2012, mis à jour 07 février 2012

Avec un fonds collectif de 26 milliards de dollars (20,6 milliards d’euros), un groupe d’investisseurs institutionnels se lance dans une nouvelle bataille contre le changement climatique. Les investisseurs exhortent le secteur privé à se mobiliser et à développer de nouvelles technologies, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La tarification des émissions de carbone responsables du réchauffement de la planète, qui illustre le système européen d'échange de quotas d'émission, est une idée « intéressante » mais n'est pas essentielle, selon le responsable mondial de Deutsche Asset Management, Kevin Parker.

« Dans peu de temps, un investisseur souhaitant construire une nouvelle centrale énergétique devra prendre très au sérieux les énergies renouvelables comme le solaire ou l'éolien », a affirmé M. Parker en marge d'un sommet de l'ONU à New York pour les investisseurs.

« Il faut suivre les traces de l'argent, car c'est l'argent qui mène la danse. »

Lors de la session du 12 janvier, qui a rassemblé plus de 400 représentants des secteurs bancaire et des assurances, des gouvernements, des syndicats et des institutions, Roland Rich de l'ONU a mis les participants en garde et les a exhorté à ne pas « mettre tous leurs œufs dans le panier du gouvernement ».

« L'économie au carbone est la « Rust Belt » (NdT : ceinture de rouille ou ceinture des usines aux Etats-Unis) de demain », a affirmé M. Rich. « Il me semble que votre travail est d'investir dans les Microsoft et les Google de l'économie verte. »

M. Parker, entre autres, a fait remarquer que les sceptiques et ceux qui contestaient l'existence du changement climatique, en particulier aux États-Unis, ne faisaient que compliquer la lutte contre ce problème.

Richard Trumka, le président de la fédération ouvrière de l'AFL-CIO qui représente quelque 12 millions de travailleurs américains, a été catégorique : « Il est clair que tant que le Congrès sera aux mains de ceux qui nient le changement climatique, nous devrons tous (investisseurs, entreprises, travailleurs et grand public) agir par nous-mêmes. »

M. Trumka a souligné que sa fédération avait investi plus de 200 millions de dollars (157,8 millions d'euros) dans des projets pour l'efficacité, comme l'adaptation des bâtiments. Il a ajouté que la fédération s'était engagée à consacrer aux  investissements d'infrastructure 1,2 milliard de dollars (947 millions d'euros) d'avoirs de retraites des travailleurs.

Nombreux sont ceux qui se sont dits déçus du sommet de l'ONU pour le climat qui s'est déroulé en décembre dernier à Durban (Afrique du Sud) et qui a abouti à la décision d'élaborer d'ici 2015 un nouvel accord contraignant visant à limiter les émissions de carbone. Cet accord devrait entrer en vigueur d'ici 2020.

« C'est à nous, fournisseurs de capitaux, de trouver une solution. Nous ne pouvons pas nous tourner vers les gouvernements pour résoudre ce problème », a déclaré Anne Simpson de CalPERS, le géant des fonds de pension américains.

« Je pense que nous sommes arrivés à un tournant : nous passons de la sollicitation des décideurs politiques à la prise en compte de cet aspect en tant que défi pour l'investissement. Cela me procure un sentiment de libération. »

CalPERS, qui couvre plus de 1,6 million de fonctionnaires californiens, de retraités et leur famille, dispose d'un portefeuille d'environ 225 milliards de dollars (177,6 milliards d'euros). Selon Mme Simpson, plus de 12 milliards de dollars (9,5 milliards d'euros) de cette somme ont été consacrés aux technologies propres, aux infrastructures vertes et à d'autres projets écologiques.

EurActiv avec Reuters — Article traduit de l'anglais
Contexte : 

L'« accord de Copenhague », conclu dans la capitale danoise en décembre 2009, comprenait la promesse des pays développés de verser 100 milliards de dollars (79 milliards d'euros) par an d'ici 2020 pour aider les pays pauvres à lutter contre le changement climatique et à s'adapter à ses inévitables conséquences.

Un an plus tard, à Cancún, les 190 pays impliqués dans les discussions de l'ONU ont progressé sur l'établissement d'un Fonds vert pour allouer des financements aux pays en développement.

Ce fonds sera géré par un conseil de 24 membres où les pays développés et en développement seront représentés de manière égale.

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