L'Europe a provoqué la colère de ses partenaires commerciaux avec son projet de réduire la pollution des compagnies aériennes via une taxe sur la quantité de carbone émise pendant toute la durée des vols et non pas uniquement lorsque les avions survolent l'Europe. Selon les détracteurs de cette mesure, il s'agit d'une ingérence dans leurs espaces aériens nationaux.
Le dirigeant de l'Association internationale du transport aérien (IATA) a déclaré que toutes les parties impliquées partageaient le même avis : il faut conclure un accord mondial afin d'écarter la menace d'une guerre commerciale sur le système européen d'échange de quotas d'émission (ETS).
« L'Europe semble davantage disposée à appliquer l'ETS de façon unilatérale qu'à négocier honnêtement un accord multilatéral », a affirmé le directeur de l'IATA face aux représentants de 240 compagnies aériennes réunis à Beijing.
« Cela revient à demander aux partenaires internationaux de l'Europe de négocier, avec un pistolet sur la tempe », a-t-il ajouté lors du discours d'ouverture de la rencontre annuelle de son groupe.
« La durabilité devrait unir le monde autour d'un objectif commun et non le diviser à coup d'affronts à la souveraineté et de menace de guerre commerciale dont personne ne veut et dont personne ne sortirait vainqueur.
La Chine et l'Inde ont ordonné à plusieurs de leurs compagnies aériennes de ne pas coopérer avec le programme européen, ce qui risque de pousser l'UE à prendre des mesures de représailles à son tour.
« Il revient aujourd'hui à l'Europe de saisir cette opportunité, de prendre des mesures crédibles pour désamorcer la situation et de chercher une solution mondiale, ce que tout le monde espère », a expliqué M. Tyler.
L'UE estime ces mesures nécessaires pour atteindre les objectifs internationaux en matière de réduction de la pollution. L'Union assure que face au piétinement des négociations pour un accord à l'échelle mondiale, elle a dû agir seule.
Le secteur aérien craint d'être entraîné dans une guerre commerciale qui ne ferait que réduire un peu plus ses profits déjà menacés de disparaître si la crise de la dette en Europe venait à s'aggraver, selon l'IATA.




