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Les doutes sur la sûreté des forages en eaux profondes se multiplient

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Publié 10 janvier 2011, mis à jour 11 janvier 2011

Les doutes sur les procédures de sécurité et de prise de responsabilités pour les forages en eaux profondes s'accentuent suite aux critiques exprimées par des organismes officiels des deux côtés de l'Atlantique.

Un rapport d’une commission parlementaire britannique sur l’énergie et le changement climatique publié la semaine dernière (6 janvier) a révélé de sérieuses lacunes concernant la gestion de catastrophes potentielles dans les forages en eaux profondes de la mer du Nord, au large des îles Shetland.

Les compagnies pétrolières forent déjà dans quatre champs des îles Shetland et des centaines de nouveaux forages sont prévus dans les prochaines années.

Aux Etats-Unis, un chapitre publié en avant-première du rapport de la commission nationale en matière de déversement d’hydrocarbures (National Oil Spill Commission) concernant le désastre du Golf du Mexique a fait part de critiques au sujet des mesures de sécurité en vigueur sur la plateforme pétrolière de Deepwater Horizon.

Délibérées ou non, les décisions relatives à la sécurité élaborées par BP, Halliburton et Transocean leur ont permis d’économiser du temps et de l’argent, selon le rapport qui prétend qu’en l’absence d’action corrective, un tel désastre pourrait se reproduire.

« Au vu des conséquences possibles, il n’est plus acceptable d’avoir recours à un système reposant sur un concours de circonstances où la bonne personne tomberait sur les bonnes données au bon moment et en comprendrait le sens malgré d’autres activités simultanées et diverses responsabilités de surveillance », peut-on lire dans ce chapitre.

Bien que le parlement britannique se soit prononcé dans son rapport contre un moratoire sur le forage en eaux profondes dans la mer du Nord, le plus important gisement pétrolier aux larges des côtés européennes, il émet de « sérieux doutes » quant aux procédures de sécurité actuelles.

Il recommande également une extension du principe des « pollueurs payeurs » afin d'assurer que les contribuables ne payent pas pour de futures catastrophes.

Marlene Holzner, porte-parole du commissaire européen chargé de l'énergie, Günther Oettinger, a déclaré que l'UE était actuellement en train d'examiner les mêmes questions dans le cadre d'une consultation qui devrait aboutir à de nouvelles propositions législatives européennes.

« Nous aborderons toutes ces questions », a-t-elle affirmé. « Il s'agit de la responsabilité des entreprises, du moment où elles doivent payer, du montant et des circonstances, de la question des plans d'urgence et de leur capacité financière. Ce sont tous les thèmes que nous souhaitons aborder dans ce paquet et nous espérons qu'il sera finalisé avant la fin des vacances d'été ».

Dans un communiqué publié en octobre dernier, le commissaire chargé de l'énergie a recommandé de n'accorder des licences pour de nouveaux forages que lorsque les compagnies pétrolières pouvaient présenter un plan d'urgence et des moyens financiers destinés à payer pour de potentiels dégâts environnementaux.

Il souhaite également que les plateformes pétrolières contrôlées par les autorités nationales soient inspectées par des experts indépendants et que les compagnies pétrolières soient responsables de la réparation des dégâts environnementaux dans une zone allant jusqu'à 200 miles nautiques de la côte à la suite d'un accident.

Contexte : 

Le 20 avril, la plateforme pétrolière Deepwater Horizon de BP a explosé à 50 miles de la côte de la Louisiane, tuant 11 ouvriers et déversant 4,9 millions de barils de pétrole dans la mer. Les groupes environnementaux, et, au départ, le commissaire européen chargé de l'énergie, Günther Oettinger, demandaient un moratoire sur les forages en eaux profondes.

Toutefois, la Commission européenne a dû faire face à une forte opposition de la part des compagnies pétrolières et de certains États membres et a donc par la suite radouci sa position en plaidant pour un moratoire volontaire et une amélioration des normes de sécurité et des procédures de prise de responsabilités.

Les chiffres de la direction britannique de la santé et de la sécurité (Health and Safety Executive) montrent que le nombre d'accidents graves sur les plateformes pétrolières au large des côtes britanniques avait presque doublé, de 106 pour 100 000 en 2008/09 à 192 l'année dernière. Les fuites d'hydrocarbure sont quant à elles passées de 61 à 85.

Dans une proposition présentée le 13 octobre 2010, la Commission européenne a déclaré qu'elle envisageait pour la première fois une législation européenne globale sur les plateformes pétrolières afin d'assurer des normes de sécurité plus strictes dans le monde.

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