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Les émissions de dioxyde de carbone grimpent en flèche

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Publié 06 décembre 2011

Selon une nouvelle étude, les émissions de dioxyde de carbone générées par les combustibles fossiles ont grimpé ces 20 dernières années. Le monde a dès lors moins de chance d'éviter des changements climatiques dangereux.

Cette étude a été publiée alors que les principaux négociateurs arrivaient à Durban en Afrique du Sud pour le sommet de l'ONU sur le climat. La conclusion d'un nouveau traité mondial visant à lutter contre le changement climatique semble par ailleurs peu probable, dans la mesure où les pays développés et ceux en développement peinent à se mettre d'accord.

Les émissions générées par les combustibles fossiles ont augmenté de 5,9 % en 2010. L'augmentation totale de ces émissions depuis 1990, l'année repère pour le calcul des émissions dans le cadre du protocole de Kyoto, est donc de 49 %. Si l'on mesure cette augmentation sur deux décennies, il s'agit d'une augmentation annuelle de 3,1 %.

Corinne Le Quéré, directrice du Tyndall Centre for Climate Change Research à l'université d'East Anglia et coauteur de l'étude, a déclaré que ces données montraient que peu de progrès avaient été effectués au cours des 20 dernières années pour amenuiser les risques liés au changement climatique.

« Des efforts ont été consentis pour accroître l'utilisation des énergies renouvelables et améliorer l'efficacité énergétique, mais cette étude montre que jusqu'à présent, les effets restent marginaux », a-t-elle expliqué. « Nous devons agir concernant la part de 80 % d’énergie qui provient toujours des combustibles fossiles. »

Elle a affirmé qu'il s'agissait d'un problème urgent, dans la mesure où les chances de contenir la hausse globale des températures à moins de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels dépendaient des émissions qui seraient générées d'ici 2020. Si la barre des 2°C est dépassée, le changement climatique pourrait bien se révéler catastrophique et irréversible. Les scientifiques considèrent l'objectif des 2°C comme une limite à ne pas dépasser.

Les dirigeants réunis à Durban cette semaine se concentrent sur l'élaboration d'un nouveau traité qui, s'il est adopté, n'entrerait pas en vigueur avant 2020. « Ce sera trop tard, à moins que des mesures strictes soient prises entre temps », a avancé Mme Le Quéré.

Certains conseillers politiques et gouvernementaux plaident pour une approche différente dans les négociations sur le climat. Ils affirment qu'un système de réduction volontaire des émissions adopté par les gouvernements nationaux et l'industrie pourrait être plus efficace qu'un traité mondial conclu par les dirigeants et imposé aux acteurs concernés (approche « descendante »). Toutefois, l'approche ascendante ne semble pas fonctionner actuellement, étant donné que les efforts consentis pour réduire les émissions n'ont jusqu'à présent eu qu'un faible impact en dehors de l'Europe où les émissions ont été réduites avec succès, a fait remarquer Mme Le Quéré.

Cette étude, publiée dans la revue à comité de lecture Nature Climate Change, a révélé que les émissions de carbone mondiales devraient continuer de grimper à raison d'environ 3 % par an. Elle était accompagnée d'une autre étude prouvant que le changement climatique était lié à l'activité humaine, y compris aux combustibles fossiles.

Chris Rapley, professeur de climatologie à l'University College de Londres, a déclaré : « Ces deux nouvelles études véhiculent un message clair. Les émissions de dioxyde de carbone générées par l'activité humaine perturbent le système climatique dont nous dépendons et malgré le ralentissement économique, malgré tous les efforts des gouvernements, des entreprises et de la population, nos émissions atteignent de nouveaux sommets. Les conséquences de cette augmentation sur le climat, que nous observons déjà, ne feront que s'intensifier avec le temps, et elles sont irréversibles. »

« Il est aujourd'hui nécessaire d'agir à un autre niveau pour réduire efficacement les émissions. Les dirigeants mondiaux réunis à Durban sont au courant de la situation; il leur revient d'agir en fonction de leurs responsabilités et de leurs fonctions. Nous ne pouvons qu'espérer qu'ils relèveront le défi. »

Julia Steinberger, professeur d'économie écologique au Sustainability Research Institute à l'université de Leeds, a affirmé que cette étude montrait que même la récession n'avait eu qu’un effet limité sur l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

« La pire crise économique en plusieurs décennies n'a apparemment eu que très peu d'effet sur les émissions de carbone : une baisse temporaire pour les pays riches en 2009, et quasiment pas de réduction dans les économies émergentes », a-t-elle expliqué. « Ces informations sont réellement choquantes et le monde doit se réveiller.

La crise économique aurait dû constituer une opportunité pour investir dans des infrastructures faibles émettrices de carbone pour le XXIe siècle. Au lieu de cela, nous avons donné lieu à une situation où tout le monde est perdant : les émissions de carbone grimpent en flèche à des niveaux sans précédent, tout comme le chômage, les coûts énergétiques et les disparités de revenus. La transition vers une économie verte n'a jamais été aussi tentante. »

Fiona Harvey pour le Guardian, en partenariat de contenu avec EurActiv - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

L’UE s’est dotée de l’objectif contraignant pour 2020 de réduire ses émissions de 20 % et d’augmenter d’autant la part d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique, tous deux mesurés par rapport aux niveaux de 1990.

L’objectif d’une augmentation de 20 % en termes d’efficacité énergétique a également été mis en place, mais il n’est pas juridiquement contraignant. La feuille de route pour une économie à faible intensité de carbone, élaborée en mars dernier, affirmait que si ces objectifs étaient atteints, le taux de réduction d'émissions monterait automatiquement à 25 %, soit cinq points de pourcentage au-dessus de l'objectif fixé.

En octobre 2009, les dirigeants européens ont approuvé un objectif à long terme de réduction des émissions collectives émises par les pays développés de 80 à 95 % d'ici 2050, par rapport aux niveaux de 1990. Cette action est en accord avec les recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, l’organe scientifique des Nations Unies, au sujet de la prévention des changements climatiques de la Terre.

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